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De quelle «Islam» se réclament ces agresseurs sanguinaires de Boko Haram du Nigéria et ces narco-jihadistes du Nord-Mali ?

Au lendemain de la première attaque sanglante perpétrée par les narco-jihadistes du Nord Mali contre des populations civiles, Jamra & Mbañ Gacce, par la voix de leur président exécutif Imam Massamba Diop, avaient fermement condamné, sur les ondes de la Rfm, le 14 janvier 2013, ces inqualifiables agressions qui n’ont rien à voir avec l’Islam.


Rédigé par leral.net le Lundi 2 Juin 2014 à 09:33 | | 7 commentaire(s)|

De quelle «Islam» se réclament ces agresseurs sanguinaires de Boko Haram du Nigéria et ces narco-jihadistes du Nord-Mali ?
Le mouvement insurrectionnel islamiste «Boko Haram», fondée en 2002 par Mouhamed Youssouf, au Nigéria, avait particulièrement ulcéré l’opinion mondiale après sa sanglante razzia de novembre 2011 dans le quartier chrétien de Damaturu, au Nigéria : 130 civils chrétiens y furent lâchement assassinés et dix églises totalement détruites. Prônant un islamisme radical et sectaire, Boko Haram rejette la modernité et multiplie les attentats à la bombe ciblant des bâtiments officiels, des lieux de culte, des gares, des hôtels... Son but étant de tuer quiconque ne veut pas adhérer à l'Islam.

Les villages où des populations civiles, exaspérées par la terreur que sèment dans le pays ces illuminés, se sont légitiment constituées en milices d'autodéfense, sont particulièrement visés par la furie islamisante de Boko Haram. Elle y massacre indifféremment les populations civiles, pose des bombes dans les marchés, tuent des élèves, assassine des enseignants, lance des grenades pendant les offices religieux et se livrent à des raids féroces dans les villages chrétiens, déclenchant parfois, malheureusement, de dures représailles contre des populations musulmans innocentes, et entraînant l'exode massif de populations.

Ciblant particulièrement les établissements scolaires, jugés «trop occidental», Boko Haram s’est tristement illustré, le 14 avril dernier, par un kidnapping de grande envergure, de plus de 200 lycéennes, âgées de 12 à 17 ans, que la secte islamiste détient toujours en otage.

Ce rapt odieux, qui n’a rien à voir avec l’Islam, est revendiqué sans vergogne par le chef de Boko Haram Aboubacar Shekau, qui a déclaré, sur toutes les chaines de télévision du monde, avoir enlevé ces jeunes filles «pour mettre un terme à leur maudite formation scolaire, et les vendre sur le marché, au nom d'Allah» !

Dans quel texte coranique Allah recommande-T-il de s’en prendre à des fillettes innocentes, qui n’ont eu que le tord de suivre une instruction académique, que Boko Haram considère comme «haram», au point de déstabiliser des centaines de familles, en les confinant depuis des semaines dans l’angoisse et la désolation?

Mais surtout de clouer au pilori la Oummah islamique, en offrant aux détracteurs de notre sublime religion une nouvelle opportunité de la décrire sous les traits hideux d’un «ramassis de barbares haineux et incultes», comme la dépeignait avec délectation l’islamophobe israélo-américain Sam Bacile (auteur du film blasphématoire, «Innocence of muslims», qui avait mis le feu aux poudres à travers le monde, en septembre 2012).

Boko Haram prône un rejet radical de tout ce qui provient de l’Occident, tout en continuant paradoxalement d’user des armes et des explosifs fabriqués par ce même Occident, pour semer la terreur auprès populations civiles, et soumettre le pouvoir local à un ignoble chantage grâce, justement, à la magie d’un matériel audio-visuel occidental high tech via lequel Boko Haram revendique honteusement ses attentats et les rapts de fillettes innocentes!

De quelle Islam se réclame Boko Haram qui, vouant aux gémonies les établissements d’éducation et de formation de la jeunesse nigériane, les mitraille sans ménagement, ramant ainsi à contre courant de ce précieux et sage hadith du Prophète (psl): «Ô Croyants, soyez toujours en quête de connaissance, dussiez-vous pour cela vous rendre jusqu’en Chine» ?

Une religion digne de ce nom n’opère pas par contrainte. On ne force pas quelqu’un à embrasser l’Islam, religion de tolérance, par excellence, de fraternité et de paix. On y entre par conviction. "Laa ikhraaha fiddiin" (Il n’y a pas de contrainte en religion), nous rappelle la sourate 2, «Al Bakhara», verset 256. Cette prêche retrouve d’ailleurs tout son sens dans la sourate 14, «Abrahm», verset 44 où le Seigneur magnifie la «Da’wa», qui désigne l’invite faite par Dieu et Son Prophète aux non-musulmans à s’ouvrir au message de l'Islam.

C’est l’approche de prédilection qui est prônée pour appeler pacifiquement les gens à la religion musulmane et à professer ce serment d'allégeance qu’est la «Shahada», qui signifie : croire en Dieu et attester que Mouhamed est Son Messager. Celui-ci enseignait par l’exemple, et à cet égard tolérait dans la métropole religieuse de Médine la présence de juifs et de païens, alors identifiés sous le vocable de «Ahlou dhimma», désignant cette communauté non-musulmane liée à la Cité-Etat de Médine par un «pacte de protection», assurant la sécurité de leurs personnes et de leurs biens.

Alors de quelle islam se réclament ces agresseurs sanguinaires de Boko Haram du Nigéria et ces narco-jihadistes du Nord-Mali, qui tuent des enfants, violent des femmes, mutilent des personnes du 3e âge… au nom d’Allah ! Qui avait pourtant tôt fait de faire dire à son Envoyé, alors que le polythéisme battait son plein à la Mecque : «Lakum dinikum wal yaddiin» - Vous avez votre religion et j’ai la mienne (sourate 109, «Al-Kāfirūn», verset 6).

Une croyance ne peut être inculquée de force à une personne et c'est effectivement la position de l’Islam, qui n’a jamais été autant tenaillée par cette honte que lui inflige aujourd’hui ces usurpateurs qui commettent, sous son label, au Nigéria et au Mali, d’inqualifiables exactions indignes de tout croyant prétendant vivre réellement sa foi musulmane!

Dakar, le 01 juin 2014
Pour le Bureau exécutif de
Jamra & Mbañ Gacce
Imam Massamba Diop
ongjamra@hotmail.com






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