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Décryptage-Leral- Éventuelle réouverture du dossier Ndiaga Diouf : Une volonté de rendre justice ou de traquer un adversaire politique ? Barth doit-il craindre le pire ? (version wolof)


Rédigé par leral.net le Vendredi 7 Octobre 2016 à 08:00 | | 2 commentaire(s)|

Il y’a de cela quelques années, le jeune Ndiaga Diouf passait de vie à trépas, dans des conditions qui ont suscité un tollé général. Des défenseurs des Droits humains aux journalistes, en passant par les politiques et le citoyen lambda, le meurtre de Ndiaga Diouf avait, à coup sûr, ému plus d’un. S’il y’a un nom qui a été associé à ce meurtre, c’est bien celui du maire de Mermoz Sacré cœur, Barthelemy Dias. «J’étais chez moi quand on m’a dit que des nervis étaient venus à la mairie pour la saccager, mettre le feu à mon domicile et s’en prendre à moi. Donc je suis venu me mettre devant la mairie pour la défendre», avait-il déclaré.

On se rappelle encore de l’argument de «légitime défense» qu’il avait brandi, pour se dédouaner, argument qui n’avait pas, du reste, convaincu tout le monde. Alors que de nombreuses personnes croyaient que cette affaire était rangée aux oubliettes, l’idée de la réouverture de ce dossier est agitée à nouveau. Et, à en croire certaines sources, cela ne va pas tarder.

Si d’aucuns estiment que cette volonté de réouverture obéit à des considérations politiques en raison des prises de positions de Barth contre le régime actuel, d’autres par contre estiment qu’il n’y a rien de plus normal que de vouloir rendre justice à famille de feu Ndiaga Diouf. Mais qu’en-est-il de l’argument de légitime défense brandi par monsieur Dias ? La réouverture de ce dossier est-elle opportune?

La légitime défense, de quoi s’agit-il ?

Au terme de l’article 316 du code pénal sénégalais: « Il n'y a ni crime ni délit, lorsque l'homicide, les blessures et les coups étaient commandés par la nécessité actuelle de la légitime défense de soi-même ou d'autrui ». Cette disposition ne fait codifier le principe qui voudrait que la vie de l’agressé soit plus sacrée que celle de l’agresseur. Ainsi, la légitime défense est l'ensemble des mesures de protection prises aussi bien par la personne même qui est menacée ou qui fait l'objet d'une attaque, que par les personnes chargées de sa protection.

La légitime défense nous permet aussi d’éviter ou de faire cesser des situations nuisibles et de prendre le contrôle de notre vie dans beaucoup de situations, où, sans elle, nous nous sentons démunies et sans issue. Elle peut également, en dernière extrémité, nous permettre de sauver notre vie ou celle d’autrui.

Ainsi, si Barthélémy Diaz déclare avoir tiré sciemment, il doit apporter la preuve que les craintes pour sa vie et pour celles des autres personnes qui étaient avec lui sont réelles et non putatives ou psychologiques; que les menaces sont actuelles ou, en tout cas, imminentes et que cette agression ne vient pas de l’autorité –police ou gendarmerie- donc injuste.

De l’opportunité de la réouverture de ce dossier …

Lorsque la politique interfère dans le droit, il l’altère. Ainsi, à juste titre, on peut penser que la réouverture de ce dossier puisse avoir des relents politiques au regard des sorties musclées de Dias contre le régime en place. Sa solidarité avec le Maire de Dakar qui est dans le collimateur du pouvoir peut, certainement, lui couter cher. On imagine d’ailleurs mal que l’idée « d’exhumer » ce dossier soit agitée si Dias était du côté du pouvoir.

Quoi qu’il en soit, force est de constater que, faisant fi des considérations purement politiques, il n’y a rien de plus normal que ce dossier soit rouvert pour que la justice fasse son travail. Les parents de NDiaga Diouf ne s’embarrassent certainement pas de ces batailles politiques. Ils aimeraient à coup sûr, que justice leur soit rendue. Par ailleurs, au-delà du dossier Ndiaga Diouf, notre justice, pour redorer son blason, gagnerait à vider d’autres contentieux qui touchent de gros bonnets du pays. Cela permettra de réconcilier la justice avec les justiciables et de d’éviter de donner l’image d’une justesse à double vitesse. Alors vivement la réouverture de ce dossier !

Abdoulaye FALL, Leral.net





 






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