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Déficit social, cognitif et émotionnel: Les fondamentaux de l’extrémisme violent

Le Ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, en collaboration avec le Centre des hautes études et de sécurité, a organisé hier à Dakar un séminaire post-forum 2016 sur le thème : « Réponses doctrinales à l’extrémisme violent ».


Rédigé par leral.net le Jeudi 11 Mai 2017 à 12:48 | | 0 commentaire(s)|

Déficit social, cognitif et émotionnel: Les  fondamentaux de l’extrémisme violent
Le professeur El Mostafa Rezrazi, Directeur exécutif de l’Observatoire marocain sur l’extrémisme et la violence, a indiqué que les études menées dans les dix dernières années, montrent que 7% des djihadistes consultés présentent un déficit cognitif. Il s’exprimait hier à Dakar à l’occasion d’un séminaire sur le thème : « Réponses doctrinales à l’extrémisme violent ». Ainsi, il poursuit que 29% représentent un déficit émotionnel et affectif qui relève de l’enfance, et 39% un déficit dans le lien social ou dans la socialisation, appelé un déficit de rapport.

Pour le Pr. Rezrazi, depuis la création de l’organisation de l’Etat Islamique, les profils montrent que la majorité des personnes arrêtées ou passées à l’acte terroriste, est manifestée par une vulnérabilité sociale. Cette situation n’a pas de lien économique, mais elle est associée à un déficit dans la socialisation. « Un travail devrait être fait en urgence autour des textes fondateurs et mobilisateurs de la violence. Si on fait une révision de la littérature djihadiste, on trouve que leur discours est dans le style qui s’adresse à satisfaire l’émotion et le cognitif », a expliqué le directeur exécutif de l’Observatoire marocain sur l’extrémisme et la violence.

Parlant de la réponse à l’extrémisme, le Dr Bakary Sambe, directeur de Timbuktu Institute, soutient : « ceux qui commettent des actes terroristes et s’adonnent à la violence aujourd’hui, font de la manipulation des symboles religieux pour des motifs purement politiques ».

D’après cet enseignant-chercheur à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, il ne faut pas leur laisser le terrain libre dans l’interprétation des textes, mais aussi dans les contenus doctrinaux de l’Islam. Cette situation est devenue un enjeu sécuritaire et important pour tous les pays. « La religion est quelque chose de très sensible. Si on laisse aux extrémistes l’apanage de l’interprétation des textes et l’orientation sémantique de soucis, on peut tomber dans les travers tels qu’on les voit aujourd’hui dans beaucoup de pays arabes, mais aussi de la sous-région », dira le Dr Sambe.

Selon lui, le Sénégal bénéficie d’un socle et d’un atout importants parmi lesquels la présence de l’Islam confrérique. L’Islam au Sénégal n’a pas été un facteur de déstructuration, mais a toujours été un outil de cohésion sociable. C’est pourquoi, dit-il : « ce soufisme est menacé par ces courants. Pour eux, il faut que ce soufisme et ces confréries disparaissent ou s’affaiblissent afin qu’ils arrivent à leur projet de rattacher l’Islam sénégalais à l’Islamisme mondialisé. Pour cela, c’est devenu un enjeu national ».

En effet, ce séminaire post-forum a pour enjeux, entre autres, d’approfondir la réflexion sur ce thème essentiel, mais aussi de restituer les expériences et les actions déjà engagées par les autorités religieuses, les acteurs sociaux et ceux du monde universitaire .










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