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Défier l’autorité de l’Etat, relève sans doute d’un manque de maturité politique - Par Alioune Ndao Fall

Nombre de médias nationaux et internationaux couvrent le procès Karim Wade, ont couvert les évènements à l’UCAD, et, ont rapporté les accusations grotesques et insensées d’Idrissa Seck, de Samuel Sarr, de Seydi Gassama et de bien d’autres à l’endroit de notre première institution, à savoir : le président de la république. Si la diffusion du procès de Karim Wade est somme toute normale, l’acharnement médiatique sur la mort de l’étudiant Faye, ou sur l’arrestation de Samuel Sarr, ressemble beaucoup plus à une manipulation des opinions de la population nationale et internationale. Mais est-ce politiquement élégant vis-à-vis d’un Sénégal démocratique et d’un président élu par la plus grande majorité des sénégalais ?


Rédigé par leral.net le Mardi 26 Août 2014 à 09:53 | | 9 commentaire(s)|

Défier l’autorité de l’Etat, relève sans doute  d’un manque de maturité politique - Par Alioune Ndao Fall
Au lieu de condamner cette attitude contraire au droit et au respect des valeurs de la République, nombre d'hommes politiques et autres opposants ont bu du petit lait. S'opposer au gouvernement, à sa politique et à ses projets, est une attitude très normale. Mais se réjouir et afficher sa satisfaction à la suite de ces malheureux incidents, cela relève du manque de maturité politique. C'est à la limite de l'irresponsabilité. Au-delà de l'attitude de ces hommes politiques, l'on doit condamner aussi avec fermeté l'attitude de certains défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme, de même qu’une certaine presse. Tous ces acteurs de la Cité, doivent comprendre qu'ils ont le droit de critiquer le gouvernement et de demander l'amélioration de leurs conditions de vie, mais ils doivent aussi comprendre qu'il y a des limites à tout et que leur citoyenneté ne donne pas tous les droits. Surtout pas celui de saper l'autorité de l'Etat et par ricochet de ternir l'image de l'Etat et du pays tant à l’intérieur qu’à l'étranger.

Il est temps de savoir raison garder, et manifester sa colère dans les règles du droit, sans bafouer l'autorité de l'Etat, sans agression, fût-elle verbale? Taire de telles incivilités reviendrait à laisser la porte ouverte à d'autres dérives qui pourraient encore être bien plus graves. Sous prétexte de faire la promotion de l’état de droit dans le pays, des citoyens n’hésitent pas à recourir à la force brutale pour en contraindre les dirigeants à abandonner tout bonnement le pouvoir (réduction du mandat de 7 à 5ans) ou à créer la décadence de l’Etat simplement. Tout anti démocratique qu’elles soient, de telles actions sont bien souvent soutenues pas des organisations de défense de la démocratie et des droits humains. Quel paradoxe ! Il y a vraiment lieu de s’interroger sur l’attitude, pour le moins absurde de ces gendarmes des libertés.

La promotion de la démocratie pour laquelle ils ne cessent de s’agiter, devrait commencer par le soutien sans réserve de notre régime démocratique que nous envient plusieurs pays à travers le monde. Ils devraient aider le chef d’Etat issu des urnes à faire respecter son autorité, pour que son programme en cours d’exécution soit enfin visible par tous, en le protégeant contre les perturbateurs et usurpateurs. Mais force est de constater que c’est souvent à leur instigation ou avec leur cautionnement, leur bénédiction que l’autorité de nos gouvernants est bafouée et contestées par des aventuriers. On a du mal à comprendre et à admettre que ces éminents avocats de la démocratie et des droits de l’homme puissent prendre position en faveur d’illuminés sans aucun projet de société en perspective, des bandits de grand chemin, cherchant à prendre le pouvoir par la force tout en sommant les gouvernants dont la première Institution du Sénégal, de faire des concessions manifestement inadmissibles. Une telle attitude ne peut que favoriser le désordre. Et n’importe quel plaisantin, n’importe quel aventurier pourra se permettre de défier ou contester l’autorité d’un chef d’Etat démocratiquement élu, au nom de la démocratie et des droits de l’homme. La philanthropie n’existe pas en politique. Une action politique ou de portée politique, aussi désintéressée qu’elle puisse paraître est toujours guidée par un intérêt. Maitre Wade et Idrissa Seck le savent bien.

Chercher à accéder à la magistrature suprême de son pays est une aspiration tout à fait légitime. Mais on ne peut le faire avec bonheur que si on a l’assentiment du peuple. Cet accord est donné à travers les urnes ou dans certains cas, au moyen d’un mécanisme constitutionnel. La démocratie n’est pas la loi de l’unanimité, le Président Macky Sall en est bien conscient. Lui qui a fait appelle dans la gestion de l’Etat à ses adversaires du 27 février 2012. La démocratie est la loi du grand nombre. Tout le monde n’est pas obligé de donner son suffrage à un candidat. Mais dès l’instant ou la majorité a porté son choix sur lui, alors il devient l’élu de tous jusqu’à la prochaine élection. Chacun doit accepter de se soumettre à lui, quelles que soient son appartenance politique, ethnique et ses convictions religieuses.

Il est malhonnête de faire croire à l’opinion nationale et internationale, que sous le magistère du président Macky Sall, un élu, un cadre nommé à une haute fonction, est considéré comme seulement un de ses partisans. Par conséquent, ses adversaires et les leurs se croient dispensés de lui obéir et de l’aider à accomplir sa mission. Pire ils sont prompts à s’opposer à tout ce qu’il fait à le critiquer de façon systématique et à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher la réussite de sa mission. Ce n’est pas cela la démocratie. Un élu, qu’il soit Maire, Député, Sénateur ou Président de la république n’a pas été élu pour s’occuper de ses propres affaires, de sa famille, de sa tribu ou de son parti, il a une mission d’intérêt général. En le bafouant et en travaillant à le faire échouer, on lui fait sûrement du tort dans la mesure où on l’empêche d’honorer ses engagements vis à vis du peuple souverain et de justifier son élection. Mais bien souvent les populations sont les vraies victimes des mauvais coups qu’on porte au président élu.

Les opposants politiques s’imaginent que le fait de s’être proclamés défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme les dispense d’obéir aux autorités du pays. Qu’ils doivent avoir le droit de se comporter à leur égard avec insolence et désinvolture, oubliant qu’en agissant ainsi, ils dévaluent gravement le «fauteuil » convoité, qu’ils banalisent et affaiblissent du même coup un pouvoir qu’ils cherchent à prendre. Par-delà les considérations patriotiques, ceux qui agissent ainsi donnent d’eux-mêmes l’idée d’un être humain insensé qui prie ou manoeuvre pour que le navire dans lequel il se trouve fasse naufrage, pour la simple et ridicule raison qu’il n’apprécie pas son capitaine. Quand un chef d’Etat conduit son pays dans le chaos parce qu’il est incompétent ou parce qu’on lui met des bâtons dans les roues, c’est tout le pays qui en souffre. Il n’est même pas sûr que lui-même en pâtisse, car il a les moyens de se mettre à l’abri. Suivez mon regard.

Une chose est d’être applaudi, une autre est d’être cru. Les comédiens même peu talentueux, sont toujours ovationnés lorsqu’ils sont sur scène, mais cela ne signifie pas que les spectateurs qui les regardent et qui les écoutent croient à tout ce qu’ils disent. Le peuple souverain du Sénégal n’est pas dupe et a une culture très avancée de la démocratie. Cette culture est fondamentale pour l’avenir de la nation et indispensable pour notre développement en tant que pays et pour l’épanouissement de nos populations. Ce Sénégal là, n’a pas l’intention de sombrer dans les abîmes.

Alioune Ndao Fall
Secrétaire National chargé de la Diaspora Apr.






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