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Délivrance de cartes nationales d’identité : Rupture de talons ou spéculation ?


Rédigé par leral.net le Lundi 2 Mars 2015 à 10:36 | | 0 commentaire(s)|

Délivrance de cartes nationales d’identité : Rupture de talons ou spéculation ?
Depuis plus de deux mois, de nombreux concitoyens sont temporairement dans l’incapacité d’obtenir une carte nationale d’identité dans les délais espérés.

En effet, aussi bien au niveau de la direction de l’automatisation du fichier (Daf) que dans les commissariats de police d’arrondissement, les demandeurs éprouvent d’énormes difficultés pour se faire délivrer leurs cartes d’identité. Et si, par miracle, ils parviennent à obtenir le précieux document, c’est au terme d’un incroyable parcours du combattant.

Renseignements pris, on nous confie qu’il y a une rupture de talons au niveau de la Daf. D’autres parlent de spéculation qui ne dit pas son nom…

Pendant ce temps, des hommes d’affaires s’entretuent autour d’un projet visant à confectionner des cartes d’identité à « puces électroniques » pour remplacer les cartes numérisées actuellement en circulation. Un marché fabuleux de dix milliards de francs au moins ! « Le Témoin » révèle…

La carte nationale d’identité est un document officiel qui permet à tout citoyen du Sénégal ou d’ailleurs de justifier son identité. Ainsi, rien ne peut se faire sur le plan administratif ou financier sans cette petite carte dont la direction de l’automatisation du fichier (Daf), logée au ministère de l’Intérieur, est chargée de la confection et de la délivrance.

Et surtout en cette période de concours et examens où la demande est très forte chez les élèves et étudiants désirant obtenir ou renouveler une carte d’identité nationale. D’où le grand rush observé dans les services de police habilités à établir ce document ou à enregistrer les demandes.

Malheureusement, depuis deux mois, les concitoyens sont obligés d’effectuer un véritable parcours du combattant pour se faire établir une simple carte d’identité. Quant aux délais de délivrance, très courts en temps normal, ils sont prolongés à l’infini !

A l’origine de cette situation, « Le Témoin » a appris qu’il y a une rupture de talons au niveau de la Daf. C’est donc cette pénurie qui expliquerait les longues attentes de la part de nombreux demandeurs qui sont condamnés à prendre leur mal en patience en attendant que les fameux talons réapparaissent. Inutile de dire cependant que, malgré cette rareté tant décriée, il suffit de mettre la main à la poche et de casquer gros pour que, miraculeusement, on vous trouve un talon !

Vous aurez compris que, selon certaines indiscrétions, la pénurie serait artificielle, les usagers faisant les frais d’une spéculation qui ne dit pas son nom. Du coup, nos interlocuteurs interpellent le ministre de l’Intérieur et le directeur général de la Police pour qu’ils mettent fin à ces difficultés auxquelles sont confrontés des Sénégalais cherchant désespérément une carte d’identité. Un document dont la délivrance, hors le timbre à acheter, est gratuite.

Un marché « nébuleux » pour un nouveau type de cartes d’identité

Dans les coulisses de la Daf, on nous révèle que des promoteurs s’activent de manière souterraine pour pousser l’Etat à changer ou « moderniser » les cartes nationales d’identité actuellement en circulation. Comme quoi, ces margoulins proposent d’établir de nouvelles cartes nationales d’identité et cartes d’électeur à « puce électronique sécurisée » en vue de la prochaine présidentielle 2017.

Un marché « nébuleux » qui nous renvoie à celui des passeports numérisés sous l’ère Me Wade qui avait coûté en définitive une vingtaine de milliards de francs aux finances publiques.

Pour certains observateurs, le marché de « modernisation » proposé à l’Etat ne servirait qu’à enrichir des promoteurs gloutons qui risquent de laisser à l’Etat des contentieux et autres blocages comme ce fut le cas du scandale financier sur les passeports « numérisés ».

Une chose est sûre, la bataille a déjà commencé entre hommes d’affaires sénégalais et businessmen sénégalo-libanais ou sénégalo-français pour convaincre l’Etat et gagner ce gigantesque marché de cartes nationales d’identité… à puces !

Pape NDIAYE (Le Témoin)






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