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Démission d'un ministre ivoirien sur fond de scandale Trafigura

le 23 Mai 2012 à 13:41 | Lu 567 fois

On s’en doutait bien. Le ministre ivoirien de l’Intégration africaine, Adama Bictogo, a été limogé. Le président Alassane Ouattara a pris un décret, hier 22 mai 2012, mettant fin aux fonctions de celui qui était considéré comme le plus choyé de tout le régime. L’homme, rappelons-le, était accusé de « faux, usage de faux, détournements de fonds, recel et complicité » dans l’affaire dite des déchets toxiques. Ainsi donc, l’éternelle affaire des déchets toxiques aura terrassé un ponte du régime Ouattara, qui pourtant, à la faveur de la crise malienne, avait commencé à prendre de l’étoffe. Un signal fort, s’il en est, que veut donner ADO à tous ses ministres, lui qui, sans aller avec le dos de la cuillère, avait déclaré qu’il ne protègerait aucun membre de son gouvernement, fût-il un proche immédiat, qui se retrouverait dans de beaux draps.


Démission d'un ministre ivoirien sur fond de scandale Trafigura
Et, il l’aura prouvé en lâchant celui-là même qui a longtemps été présenté comme sa bouche et son oreille. Ce n’est que justice, puisque le désormais ex-ministre Bictogo avait lui-même fait son mea culpa dans cette affaire, en déclarant qu’il était prêt à payer le trop perçu aux victimes de Probo Koala. Ses cris d’orfraie et son clin d’œil n’ont véritablement pas émoussé la fermeté du président Ouattara qui, dans cette affaire, jouait aussi sa crédibilité. Car, ce serait un pied de nez fait aux victimes que de garder au sein de l’équipe gouvernementale un ministre qui traine des casseroles.

En tout cas, même si d’aucuns susurrent que le président ADO ne tardera pas à trouver un point de chute pour son chouchou, on peut tout de même le féliciter parce qu’il aura, à tout le moins, sauvé les apparences. Et la justice aura, désormais carte blanche pour agir, l’immunité du suspect étant levée. Bien des ministres, sous d’autres cieux se la couleraient douce, convaincus que rien ne leur arrivera. Ce ne sont pas les exemples de ministres affairistes et corrompus qui manquent en Afrique ; ils sont légion. Car, contrairement à l’Occident où un ministre, dès qu’il est mêlé à une sale affaire, préfère, pour son propre honneur, rendre le tablier, en Afrique, il se cuirasse contre les critiques, tout en restant accroché à son poste avec bien sûr la bénédiction de son mentor.

Boundi OUOBA

Le Pays