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Dépigmentation artificielle : L’Etat au banc des accusés

http://www.enqueteplus.com L’Etat du Sénégal va-t-il continuer à fermer les yeux sur le problème de santé publique que constitue la dépigmentation artificielle ? Une question, parmi d’autres, soulevée lors d’une session d’information destinée aux femmes parlementaires, à l’initiative de l’association internationale pour l’information sur la dépigmentation artificielle (Aiida).


Rédigé par leral.net le Vendredi 3 Avril 2015 à 01:07 | | 1 commentaire(s)|

Dépigmentation artificielle : L’Etat au banc des accusés
 50 à 60% des Sénégalaises s’adonnent au khessal et se tuent à petit feu. C’est ce qui ressort de la séance d’information d’hier destinée aux femmes parlementaires. La rencontre a été une belle occasion pour les techniciens de la santé de toucher du doigt la responsabilité du gouvernement sénégalais dans le suicide collectif des Sénégalaises, victimes de leur esthétique voire du bien paraître. Un phénomène qui serait encouragé par l’Etat du Sénégal, qui adopte la politique de l’autruche, face aux méfaits de la dépigmentation artificielle qui est en train de faire des ravages au Sénégal.
La dépigmentation absorbe 19% des revenus des familles
Elles sont donc plus de 60% de femmes à avoir succombé à la tentation de la peau blanche. Un problème de santé publique qui crève les budgets des ménages, en ce sens qu’il absorbe, selon les spécialistes de la dermatologie, 19% des revenus des familles. Une prise en charge jugée onéreuse pour des femmes confrontées pour la plupart à une inaccessibilité financière aux soins. Pour des produits achetés à 650 F cfa voire plus, elles se retrouvent avec une prise en charge estimée à 80 000 F pour celles qui souffrent de dermo-hypodermite nécrosante. Elles peuvent passer de vie à trépas dans un délai de 48h. Pour le professeur Mame Thierno Dieng, 90% des femmes au teint éclairci sont touchées par ce mal.
D’autres sont contraintes de débourser 2 millions F Cfa par mois pour les infections parasitaires, par exemple, 1 million  F Cfa par mois pour la chimiothérapie. Or, ‘’le cancer affecte rarement les peaux noires. Il peut attendre 10 ans pour se manifester. Pour la chimiothérapie, il faut prévoir au moins un million par mois. ‘’La dépigmentation artificielle enlaidit, tue et affecte la fragilité naturelle des femmes. Lesquelles sont exposées à toutes sortes d’agressions et même aux maladies spécifiques à l’albinisme’’. Hier, des images poignantes et choquantes ont été projetées à l’Institut hygiène sociale (Ihs) pour inciter les femmes à tirer les leçons des expériences malencontreuses des femmes au teint éclairci qui ne sont belles que de façade. ‘’On n’ose pas vous décrire ce qu’on voit lorsqu’elles soulèvent leurs vêtements en consultation’’, précise le Dr Fatima Ly, médecin chef de l’Institut d’hygiène sociale de Dakar.
Des instituts de santé qui détruisent les femmes
Malgré des conséquences désastreuses sur la santé, la tendance est loin d’être baissière, avec la floraison d’instituts de beauté à connotation sanitaire soutenue par une campagne publicitaire ‘’agressive’’.  Des instituts, tels Qe+, spécialisé en ‘’cosmétologie, dermatologie’’, de même que l’établissement Moussokoro et Mkm qui passe pour ‘’l’adresse de votre bien-être au Sénégal’’, ont été placés hier au banc des accusés. Pour le Dr Fatimata Ly, la présidente de l’association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle (Aiida), il est temps de s’attaquer à ces instituts de beauté qui participent à la déstructuration de la société sénégalaise et détruisent complètement leurs clientes pour ne pas dire ‘’patientes. ‘’Ils proposent des mélanges de produits nocifs à la santé des femmes qui en viennent aux regrets après quelques séances.’’
Images à l’appui, la spécialiste a montré des effets néfastes sur le corps des femmes qui font frissonner. Ce sont des corps déchiquetés, des visages défigurés qui s’offrent, suite à des soins offerts par la plupart de ces instituts qui revendiquent une certaine légitimité. Du coup, pour le Dr Fatimata Ly, dermatologue-vénérologue, ‘’l’ordre des médecins, les parlementaires de même que les différents acteurs sont interpellés.
Il faut combler le vide juridique, mais également mettre en place un système de cosmo vigilance’’. Prenant la balle au rebond, le gynécologue obstétricien, Cheikh Tidiane Cissé, a demandé à l’Etat de remettre de l’ordre dans le secteur. Il prévient l’opinion publique sur le caractère illégal de ces instituts qui s’inscrivent dans une logique commerciale. Il déplore, comme d’autres, ‘’cette floraison de prestataires qui n’ont aucun caractère médical et qui mettent en danger la santé des femmes. Ces services à connotation sanitaire doivent être contrôlés’’.
Pour le professeur Mame Thierno Dieng, dermatologue, des salons spécialisés dans des soins capillaires constituent également un danger public. ‘’Les soins capillaires coûtent chers et sont dangereux. Les couches sociales défavorisées sont les plus vulnérables’’, a-t-il dit.
L’Etat et ses taxes qui tuent !
Au-delà des risques sanitaires et autres complications dermatologiques, les médecins incitent les parlementaires à une implication efficace dans ce combat. Ils les exhortent à contrôler le gouvernement et à porter le plaidoyer. Ils n’ont pas été tendres envers l’Etat sénégalais plus porté, selon eux, par des enjeux financiers que des intérêts d’ordre national. ‘’On ne peut mettre en parallèle le besoin économique et la santé de sa population. Nous sommes certes dans un pays où la loi ne s’applique pas, mais ce n’est pas normal que l’Etat sénégalais se soucie de sa fiscalité au détriment de la sécurité publique’’, a fustigé le professeur Mame Thierno Dieng. Si le dermatologue considère comme d’autres que la dépigmentation artificielle est un problème très complexe, à l’image du tabagisme qui alimente des lobbies industriels, il est temps, à son avis, de redresser la barque. Car, c’est la population féminine, toutes classes sociales, qui pâtit de cette désinformation.
Stopper l’entrée des produits dépigmentant
Interpellée, le député Mme Hawa Dia Thiam, présidente de la commission santé de l’Assemblée nationale, pense que le combat ne doit pas être uniquement focalisé sur les taxes. Et pour cause, ‘’les industriels peuvent toujours les contourner. Ce qu’il faut, c’est de faire en sorte que ces produits n’entrent plus dans ce pays. Cette séance de sensibilisation nous a permis de prendre conscience des méfaits de cette pratique et des complications  médicales. Nous allons mener une sensibilisation à la base. Car, c’est choquant d’apprendre que le khessal touche entre 52 et 60% de la population féminine qui verse de plus en plus dans la tentation. Il faut aussi dénoncer cette publicité mensongère’’.
Pour le député, Mme Hawa Dia Thiam, ‘’les choses vont au-delà de la loi. Il faut stopper l’entrée de ces produits dépigmentants. Voter une loi, c’est une bonne chose, mais la mise en œuvre de cette loi pose souvent problème. C’est tout un processus’’. Pour sa part, Dr  Hady Hakim, dermatologue, a regretté cette inertie du Sénégal qui renforce le pouvoir des industriels, avec la loi 2012 légalisant la vente de produits dépigmentants, avec une taxe de 10 %.  Or, rappelle-t-il : ‘’le décret 79-231 du 09 mars 1979 dit textuellement que la pratique de la dépigmentation artificielle, appelée en wolof xeesal, est interdite aux élèves des établissements d’enseignement élémentaire, moyen et secondaire’’. Il encourage les médias à la promotion des produits naturels tels le beurre de karité,  des produits à base de kounoune provenant du sud du pays.
“Circulez, si vous n’avez pas la peau blanche”
Les spécialistes de la santé espèrent que les femmes parlementaires vont constituer une force de contribution susceptible d’induire des changements qualitatifs. Dans sa présentation, le professeur Mame Thierno Dieng a mis l’accent sur le manque de moyens qui réduit la marge de manœuvre des médecins. ‘’Les parlementaires ont les moyens de défendre le budget, afin que l’Etat nous donne les moyens de soigner. On est dans ce projet, depuis 10 ans, mais des lenteurs sont notées faute de moyens’’. D’autres en appellent au sens de responsabilité des médias.
‘’En raison de la promotion de contre-valeurs par les médias, les femmes ne se valorisent que dans la peau claire. D’ailleurs, si vous n’avez pas la peau blanche, vos chances d’être animatrice ou présentatrice de télévision s’amenuisent’’, a déploré le gynécologue obstétricien Cheikh Tidiane Cissé. Il prône comme solution des alternatives qui pousseraient les femmes vers l’utilisation d’autres substituts.
Autre point soulevé, la commercialisation, dans notre pays, des produits à base d’hydroquinone qui ne respecte pas la norme requise. ‘’Il faut créer un laboratoire de contrôle. La loi existe. C’est un médicament classé dans le tableau A. La dose prescrite ne doit pas dépasser 2%, mais les produits mis en vente sont à 6%’’, a dénoncé le Pr Cheikh Tidiane Cissé. Idem pour les corticoïdes, ‘’un médicament dont la commercialisation par les pharmacies est illégale. Ce sont des  médicaments astreints à la réglementation’’.
Le recours aux injections qui sont mortelles a été dénoncé. Le Dr Fatimata Ly d’ironiser: ‘’Elles ont transformé des journalistes au teint noir en des femmes toute blanches, en un laps de temps. Mais la consultation dermatologique les attend au tournant.’’Matel BOCOUM
DEPIGMENTION DE LA PEAU :LES DERMATOLOGUES DENONCENT LES PRODUITS UTILISES
[http://www.sudonline.sn]urlblank:http://www.sudonline.sn/  Le corticoïde et l’hydroquinone. Voilà deux puissants médicaments que  les femmes  utilisent  comme cosmétiques pour se faire dépigmenter et qui constituent pourtant un véritable danger  pour elles. Contenant des effets cancérigènes, la vente libre de ces produits dans le marché sénégalais sans avis  médical a conduit  les spécialistes en dermatologie à hausser le ton pour demander leur interdiction comme dans plusieurs pays occidentaux. 
Les médecins ont ainsi réagi  hier, mardi 31 mars, à Dakar,  à l’occasion d’une séance d’information  et de sensibilisation des parlementaires sur les maladies de la peau chez la femme.
Face à la propagation des cancers liés à la peau décelés  régulièrement au Sénégal, l’Association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle (Aiida) que dirige le Pr Fatoumata Ly a alerté hier, les parlementaires, sur les dermatoses infectieuses dont souffrent de plus en plus les femmes qui s’adonnent à la dépigmentation ou «Xessal» en langue wolof, et les pathologies liées à cette pratique. En somme toute une palette d’informations préventives à travers des présentations sur ces maladies ont été livrées aux femmes députés sénégalaises afin qu’elles cernent l’ampleur de ces maux qui constituent aujourd’hui une véritable problématique de santé publique.
D’emblée, c’est le Dr Ibrahima Ndiaye dermatologue qui a  fait une présentation sur l’acné autrement dit boutons au visage, une pathologie selon lui qui fait l’objet de consultation récurrente dans les centres de soins. Causé souvent par l’allergie à certains médicaments surtout les produits de dopage, de contraceptifs, entre autres, un régime trop riche en sucre, la fréquence de la maladie a permis au Dr Ndiaye d’alerter surtout les populations de pouvoir prendre les devants en orientant surtout  les enfants vers les centres de soins dès les premiers signes avant qu’il y ait des complications. 
A sa suite, le Pr Mame Thierno Dieng est monté au créneau pour interpeller les parlementaires sur les maladies dermatologies devenues mortelles et qui peuvent être sources des infections du vih, du cancer de la peau, de la tuberculose etc…Il en a profité pour informer que les femmes utilisent des médicaments comme cosmétiques, ce qui est à l’origine de plusieurs maladies liées à la peau. Il a également interpelé les députés d’agir sur la floraison de certaines pratiques dans les salons de coiffure qui constituent de véritables dangers publique. Car pour le spécialiste en dermatologie les soins capillaire –cheveux et ongle), se font dans les salons de coiffure par des non spécialistes en utilisant des produits dangereux qui font que beaucoup de femmes sont aujourd’hui infectées par des pathologies dermiques. 
A cela, il faudra ajouter d’autres facteurs de risques à la dépigmentation artificielle que le Pr Fatoumata Ly a listés dans sa présentation et qui sont liés aux produits utilisés. Parmi les produits, l’hydroquinone a été énumérée par la spécialiste avec ses complications esthétiques avec des taches noires au visage, aux mains, aux pieds et à la nuque (Tiérré en wolof ».
 Le corticoïde qui est un puissant médicament anti inflammatoire fait également partie des médicaments dangereux que les femmes utilisent comme cosmétiques. Les effets secondaires selon la spécialiste « peuvent favoriser des saignements entre les règles, les maladies de la peau liées au cancer sans compter la menace sur le système nerveux ». Le médecin d’informer en outre que «c’est un dopage qui est interdit aux sportifs ». 
D’autres  complications sur le plan esthétique, les risques sur les femmes enceintes, les cas de diabète et d’hypertension artérielle  font également partie des risques auxquels sont exposées les femmes qui pratiquent ce phénomène. La publicité mensongère véhiculée dans la presse tout comme certaines boutiques de ventes de ces produits à travers les rues de Dakar, ont été également mis au banc des accusés par les dermatologues.
Quant à l’honorable député Awa Dia Thiam, présidente de la commission santé à l’assemblée nationale, elle s’est engagée à stopper la dépigmentation artificielle en soutenant l’action des professionnels de santé. Cheikh Tidiane MBENGUE






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