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Des Ivoiriens pro-Gbagbo s'en prennent aux commerces étrangers

Rédigé par (Plus d'informations demain sur leral .net) le 1 Mars 2011 à 19:50 | Lu 605 fois

De jeunes partisans du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo se sont livrés mardi à des actes de violence dans le quartier commerçant d'Abidjan où ils ont pillé des commerces tenus par des étrangers, a rapporté un journaliste de Reuters.


Des Ivoiriens pro-Gbagbo s'en prennent aux commerces étrangers
Ces violences font suite à un appel lancé vendredi par Charles Blé Goudé, chef de file des jeunes partisans de Gbagbo, contre ce qu'il qualifie d'insurrection visant à évincer le président sortant au profit de son rival Alassane Ouattara.
Gbagbo refuse de céder pouvoir à Ouattara, reconnu vainqueur du second tour de l'élection présidentielle du 28 novembre par la quasi-totalité de la communauté internationale. Leur rivalité se traduit par des affrontements armés qui menacent de replonger le premier producteur mondial de cacao dans la guerre civile.
Les "Jeunes patriotes" de Gbagbo sont connus de longue date pour des violences à caractère xénophobe, notamment leurs attaques contre la communauté française du pays en 2004, contre ses importantes communautés burkinabé et malienne ainsi que des Ivoiriens du Nord culturellement liés à celles-ci.
Lors d'échéances électorales précédentes, Ouattara s'était vu interdire deux fois de briguer la présidence ivoirienne parce que son père est originaire du Burkina Faso.
"Je ne comprends pas ce qui s'est passé. Ces jeunes sont arrivés (...) et se sont mis à détruire ce qu'il y avait dans ma boutique. Ils ont tout pillé, il ne me reste rien", a déclaré un commerçant sénégalais, Ismaël Bah.
"Qu'est-ce que j'ai fait ? Je ne fais pas de politique."
Mamadou Barro, détaillant en téléphonie mobile et lui aussi sénégalais, a été victime d'une agression analogue. "Toute ma boutique est en ruine. Ils ont tout volé. Tout ce que j'avais investi dans cette affaire", a-t-il dit.
Comme la plupart des dirigeants africains, le président sénégalais Abdoulaye Wade reconnaît en Ouattara le vainqueur du scrutin présidentiel ivoirien.
La situation en matière de sécurité se dégrade en Côte d'Ivoire, où des accrochages entre camps rivaux se sont succédé durant la semaine écoulée. Des hostilités ont repris le long d'une ligne de cessez-le-feu Nord-Sud où le calme prévalait globalement depuis la guerre civile de 2002-2003.
Des insurgés passant pour soutenir Ouattara contrôlent à présent la plus grande partie du quartier abidjanais d'Abobo, théâtre de violents combats il y a quelques jours.
Des employés de l'Onu ont aussi été attaqués et dévalisés par des bandes après avoir été accusés à plusieurs reprises à la télévision nationale de soutenir les rebelles pro-Ouattara.
"Maintenant, la situation est calme, tout est contrôlé par les commandos invisibles", a dit un enseignant d'Abobo, Vasseriki Sumaro. "Toutes les forces de sécurité sont parties."
Dans le Nord contrôlé par les rebelles, des habitants ont accusé les forces de Gbagbo de leur avoir coupé l'eau et l'électricité lundi matin après avoir pris le contrôle la semaine dernière de la compagnie chargée de leur distribution, a déclaré le porte-parole civil des rebelles, Félicien Sekongo, en dénonçant une "violation grave des droits de l'homme".
Le camp Gbagbo n'a fait aucun commentaire à ce sujet.
Les Nations unies ont aussi annoncé que des forces fidèles à Laurent Gbagbo avaient tiré sur des enquêteurs de l'organisation qui tentaient de vérifier si le président sortant avait enfreint un embargo sur les armes en important des hélicoptères de combat de Biélorussie. (voir )
Par ailleurs, des milliers de fonctionnaires attendaient avec anxiété mardi de savoir s'ils toucheraient leurs salaires de février après la fermeture complète des banques internationales.
Le gouvernement de Gbagbo a nationalisé les succursales de deux banques françaises en annonçant qu'elles rouvriraient bientôt, mais des analystes doutent que cela se concrétise du fait que la banque centrale ouest-africaine (BCEAO) a rompu ses relations avec lui.
Deux journaux favorables à Ouattara ont dû fermer cette semaine sous la pression du gouvernement de Gbagbo, a déclaré à Reuters Stéphane Goué, responsable du Comité ivoirien pour la protection des journalistes.
Avec Tim Cocks à Abidjan et Charles Bamba à Bouaké; Philippe Bas-Rabérin pour le service français
Par Reuters