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Des assises libérales : pour faire émerger un leadership éclairé de la famille libérale

Il est plus que temps d’entamer le processus de la recomposition politique de la famille libérale. L’enjeu de la réconciliation et du rassemblement des différentes composantes des forces issues du PDS, est prépondérant en vue des futures élections présidentielles. C’est une condition prééminente pour une alternance démocratique au régime de Macky Sall.


Rédigé par leral.net le Dimanche 19 Avril 2015 à 11:31 | | 15 commentaire(s)|

Des assises libérales : pour faire émerger un leadership éclairé de la famille libérale
Le PS qui a gouverné le pays pendant 40 ans, s’est construit et consolidé en ratissant large et en intégrant des forces d’opposition en son sein. Il a perdu le pouvoir lorsque la division et le fractionnement l’ont affaibli. Lors des élections présidentielles de 2000, les voix de l’AFP et de l’UDR ont privé ABDOU DIOUF de la majorité au 2e tour. En 2012, ce fut le scénario inverse. Les voix de l’APR et de Rewmi (voix libérales) ont empêché le Président Wade de l’emporter même au 1er tour des élections présidentielles. Toujours pour les mêmes raisons : La problématique de la question du Leadership.

Pour le PS la transition Senghor-Diouf est passée comme une lettre à la poste. Mais bien plus tard par contre, le « Congrès sans débat » a fait capoter le »dauphinat » entretenu pour Tanor Dieng. Même principe de causalité pour le PDS au pouvoir qui a succombé à la folie de la dévolution monarchique. Le « 23 juin » a fini de l’abattre et de l’éjecter du pouvoir. Sous d’autres cieux pas très éloignés de nous, en Cote D’Ivoire, la guerre du Leadership avait chassé les « Houphouëtistes » du pouvoir. Leur réconciliation après 10 ans de chaos les a ramenés à la raison et leur a permis de confier à l’un des meilleurs d’entre eux les destinées du pays. Alassane Ouattara est en passe de devenir le « jardinier des rêves »d’Houphouët Boigny. En France, après maints conflits de positionnement à gauche comme à droite, les leçons tirées çà et là dans les deux camps ont abouti aux épreuves des primaires pour régler la question du leadership.

Bien que la politique ne soit pas une science exacte, il y a tout de même des logiques mathématiques qui peuvent s’appliquer : La soustraction élimine et l’addition fait gagner. Cette règle se vérifie parfaitement au Sénégal où seules les coalitions emportent les élections. Il est vrai qu’il s’agit de coalitions hétéroclites mais faites néanmoins d’intérêts politiques convergents. Les recompositions politiques nécessaires qui vont s’amorcer en vue des prochaines joutes électorales se feront selon le mode binaire, majorité présidentielle face aux coalitions de l’opposition. Celle-ci comme challenger sera diverse et multiple. Dans un tel contexte les forces libérales doivent impérativement préparer leur regroupement autour d’un noyau dur à élargir vers d’autres horizons de la société civile et citoyenne. La réunification est un processus indispensable vers l’unité programmatique nécessaire pour un « gouverner ensemble »consensuel.

J’en appelle haut et fort à la tenue des « Assises libérales » pour pouvoir résister, surmonter puis vaincre le »rouleau compresseur » étatique et médiatique de Macky Sall.

Mais quel Capitaine pour diriger le Vaisseau ? D’abord partir des forces politiques organisées en présence dans le camp libéral : PDS, REWMI, BOKK GUIS GUIS, UCS ET AUTRES. Le PDS encore et toujours dirigé par le pionnier et guide Abdoulaye Wade est très mal embarqué. Sa direction dynastique a montré ses limites. Ses préoccupations du moment sont centrées sur les combats politico-judiciaires qui l’éloignent peut-être pour longtemps encore des enjeux de l’élection présidentielle. N’est-ce pas le but recherché ? Son candidat pourrait conjoncturellement avoir toutes les peines du monde de retourner l’opinion électorale en sa faveur. Même gracié, sa campagne électorale laissera raisonner bruyamment le tintamarre des « casseroles » judiciaires qu’il trainera lourdement. Sa posture d’héritier qui n’a jamais gagné une élection dans ce pays et qui a toujours été »nommé-désigné » à tout , avec »la génération du concret »pour seul palmarès politique, sera difficile à faire admettre aux citoyens sénégalais dont la maturité démocratique est très aguerrie. Je crois qu’il est absolument temps de reconnaître l’échec de cet aveuglement de succession dynastique.

Le BOKK GUIS GUIS et l’UCS ont des dirigeants courageux et méritants mais n’ont pas encore la force de leurs ambitions. Leur poids électoral individuel jamais évalué dans des élections présidentielles ne pèsera pas lourd pour faire le contrepoids devant Macky Sall et autres. C’est un constat réaliste et objectif que des sondages quels qu’ils soient pourraient confirmer. La légitimité naturelle et expérimentée s’incarne et se révèle chez le chef de REWMI.

Idrissa Seck a été N°2 du PDS, Directeur de campagne du PDS victorieux en 2000, Directeur de Cabinet du Président
Wade et son Premier Ministre. Le courage politique dont il a fait montre pour s’opposer à la dévolution monarchique et au 3e mandat néfaste face à Wade, est remarquable de singularité et d’audace. Il s’est offert à Wade pour lui tailler une sortie à la Mandela et assurer une longévité à sa famille politique. Allant jusqu’à se donner »en mouton de Tabaski » et sacrifier ses chances en 2007, pour se donner les moyens de lui éviter l’infamie et lui rendre les bienfaits qu’il lui a prodigués.

En retour il a essuyé exclusion et déshonneur, versé des larmes publiquement et beaucoup souffert en silence de voir son «vieux père » se salir les mains dans l’adversité face à un ancien élève dévolu et dévoué qui l’empêche de jouir d’une retraite apaisée. Le temps a donné son verdict. Il faut avoir la lucidité et le courage moral de le reconnaitre.

Malgré tout, aujourd’hui encore, s’il y a quelqu’un qui se relèvera et s’élèvera pour donner le nom de Abdoulaye Wade à la corniche et à l’aéroport Diass, ce serait bien IDY. Je revendique pour lui le leadership naturel de la famille libérale. Mais il est plus opérationnel et sécurisant pour organiser les Assises libérales d’avoir un co-pilotage avec à la fois un Amiral et un Capitaine, en duo et non en duel, afin de diriger le vaisseau libéral. Mame Wade devrait avoir la hauteur d’esprit et la stature d’un Houphouët vivant, en bon père de famille, pour appeler au rassemblement. L’obsession de sa succession dynastique est le fardeau de sa vie et de sa famille. Qu’il le pose à terre pour redonner du souffle et de l’espoir à la grande cause de son histoire politique : L’accomplissement de la Démocratie Sénégalaise. Il est encore temps Mame Wade ! Pour une raison fondamentale : L’adversaire est commun et de taille.

Macky Sall est en campagne électorale depuis longtemps. Ses Conseils des Ministres délocalisés, ses tournées politico-économiques, ses faveurs aux autorités religieuses et ses débauchages sans éthique et sans honte, sont des opérations de charme avec un tapage médiatique assourdissant qui ne visent qu’à lui assurer une réélection si possible au 1er tour. C’est une campagne déguisée à moindre frais puisque faite avec les moyens de l’Etat. Après avoir phagocyté Benno Bokk Yakaar, fragilisé Karim et neutralisé Khalifa, il veut aller jusqu’à « réduire l’opposition à sa plus simple expression ».

La traque des biens dits mal acquis doit s’appréhender comme étant une stratégie politique tendant à dresser des obstacles contre la famille libérale. Il sait »faire de la politique »a-t-il claironné. La politique politicienne s’entend. Au besoin avec la redoutable méthode trotskiste de destruction organique. Il est prêt à tous les reniements pourvu que la fin se justifie par les moyens même déloyaux. Faut-il alors, face à un adversaire aussi déterminé et disposant des moyens illimités de l’Etat, les fonds politiques démesurés aidant, se complaire dans la division, se regarder en chien de faïence et se faisant lui dresser sous ses pieds le tapis rouge jusqu’en 2022 ? Arrêtons le Sabar des égos et l’ostracisme » Karim sinon personne ». Il nous faut nous émanciper de l’égocentrisme puéril : »Après moi le chaos ». Vivent les Assises libérales comme un Ndëp collectif pour expurger les démons de la guerre fratricide !

Cherif ben Amar Ndiaye
Kaadoubitimrew.com






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