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Des demi-frères écopent de 10 ans de travaux forcés pour trafic de drogue

Deux demi-frères reconnus coupables de transport et trafic intérieur de drogue ont été condamnés jeudi à 10 ans de travaux forcés et à payer chacun une amende de 2 millions de francs CFA par la Cour d’assises de Kaolack siégeant à Tambacounda, a constaté l’APS.


Rédigé par leral.net le Vendredi 13 Juin 2014 à 03:00 | | 1 commentaire(s)|

Des demi-frères écopent de 10 ans de travaux forcés pour trafic de drogue
Bamol Diallo et Yoro Diallo, deux demi-frères, la mère du premier étant l’épouse du père du second, ont comparu devant la barre, pour trafic international de drogue, chef d’accusation qui a été requalifié en transport et trafic intérieur de drogue. Le point de départ et la destination de la marchandise frauduleuse en question sont situés en territoire sénégalais.

Le 18 juin 2011, lors d’une mission de sécurisation à Missirah les gendarmes de la brigade de cette localité sont attiré par le comportement suspicieux d’un jeune homme qui, alors qu’il garait à l’écart un vélo sur lequel était chargé un sac, se faufilait entre les arbustes comme agissant en éclaireur, pour ensuite reprendre sa bicyclette.

Interpellé par les gendarmes, il avait indiqué avoir fait équipe avec son frère Yoro Diallo et qu’il était le convoyeur de la marchandise. Après avoir conduit les gendarmes jusqu’à Yoro, ce dernier avait reconnu les faits et avait mis à contribution son téléphone pour appeler Souleymane Diallo alias Jules le Malien qui selon lui, était le destinataire final de la drogue.

Ce dernier intelligent qu’il était, ayant soupçonné que ses acolytes étaient entre les liens de la détention, avait demandé à Yoro de lui dire la vérité, mais étant peu satisfait par la réponse reçue, il avait pris toutes ses dispositions pour déjouer les pièges et embuscades des gendarmes.

Interrogé, Bamol sous la tutelle de Yoro qui l’entretenait en même temps que sa propre mère, avait raconté avec force détails, comment les tâches étaient réparties de telle sorte que lui, en tant que convoyeur devait transporter à vélo la marchandise pour la remettre à Yoro qui à son tour devait la faire parvenir à Souleymane.

Selon l’avocat général, Yoro avait dit à l’enquête préliminaire qu’il devait empocher la somme de 150.000 francs CFA au bout du compte.

Devant la barre, Bamol n’a cessé de changer de version, au point que le président de la Cour lui a demandé s’il était saint d’esprit. Niant dans un premier temps avoir donné le nom de Yoro aux gendarmes, il s’est rétracté ensuite pour avouer.

Après avoir dit qu’il n’a jamais indiqué que la marchandise appartenait à son frère, il est ensuite revenu sur ses propos pour dire que c’est sous les sévices des gendarmes qu’il avait fini par le dire.

Bamol a raconté qu’un nommé Souleymane Diallo lui avait remis un sac contenant des tissus et des chaussures à Dialico sur la route de Dialacoto, à charge pour lui de le transporter à bord de son vélo à travers sentiers jusqu’à Pont Mountogou, soit 20 kilomètres, où devait l’attendre le propriétaire, moyennant 7.000 francs.

C’est après avoir roulé toute la nuit, jusqu’au lendemain à 16 heures, qu’il a été appréhendé par les gendarmes dans le village de Niaoulé Tanou.

A la question du président de la Cour de savoir pourquoi il n’avait pas emprunté la route, il a argué qu’il voulait un raccourci. ‘’Pourquoi n’avoir pas ouvert le sac pour en savoir le contenu ? ‘’, s'est-il interrogé. ‘’Je n’en avais pas l’autorisation’’, a-t-il répondu.

L’avocat général est revenu à la charge pour lui demander si le fait que Souleymane lui a remis la marchandise au départ pour la récupérer à l’arrivée ne l’a pas fait réfléchir. Bamol, qui dit n’avoir jamais vu du chanvre auparavant, a noté n’avoir pas pensé à cela.

Dans son réquisitoire, l’avocat général a relevé que les faits de transport de drogue sont établis, étant donné que Bamol avait 20 kg quand il était arrêté. Il a noté qu’à la lumière des tergiversations de Bamol devant la Cour, les deux frères ont dû mettre au point une stratégie en prison pour que le cadet, dans une relation de subordination avec l’aîné, accepte de le disculper pour qu’il aille s’occuper de la famille, y compris de sa propre mère, pour ensuite le tirer d’affaire.

Il a requis 10 ans de prison ferme pour les deux, pour trafic de drogue.

Pour Me Mansour Hanne, conseil de Yoro Diallo, son client a été déchargé par Bamol Diallo. Il avait donné le nom de ce dernier, juste parce qu’il a pensé à lui comme son protecteur dans cette situation difficile, a-t-il ajouté.

Le droit pénal est un ‘’droit de certitude’’, a-t-il poursuivi, estimant que dès lors que l’avocat général n’a fondé son réquisitoire que sur des ‘’hypothèses’’, l’acquittement de Yoro Diallo s’imposait.

Quant au conseil de Bamol, Me René Ndiaye, il a invoqué la ‘’personnalité’’ de son client, notant que même s’il ne disposait pas d’un certificat médical attestant de sa santé mentale, son comportement ‘’prêtait à équivoque’’ et que ‘’sa place n’est pas en prison’’. D’où sa requête pour que la Cour fasse ‘’preuve de clémence’’ à son endroit et de lui faire bénéficier d’une ‘’peine adoucie’’.

Après délibération, la Cour a déclaré Bamol coupable de transport de drogue et Yoro, de trafic intérieur de drogue. Elle a condamné les deux frères à 10 ans de travaux forcés, et à payer chacun 2 millions de francs CFA d’amende. Après trois ans en prison, il leur reste sept ans à purger.

Des trois affaires de drogue qui ont été jugées en cette troisième journée d’assises, le verdict de ce deuxième dossier avait donné lieu à la peine la plus lourde. Le premier procès, celui d’Omar Diallo s’était soldé par une peine de 3 ans ferme, déjà purgée par l’accusé, et le dernier par un renvoi du jugement pour exception de nullité d’une partie de la procédure.






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