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Des marabouts nouveaux disciples de Rousseau (Ibrahima Mbengue - Sociologue)

Après avoir soutenu l’ancien pouvoir, contre vents et marées, l’islam sénégalais a noué une nouvelle alliance avec le nouveau pouvoir, sous une nouvelle forme, à la faveur de la rébellion islamiste au nord du Mali. Les marabouts sénégalais semblent jouer le rôle d’avant-garde de cette «guerre contre le terrorisme» à côté des politiques en contrepartie des bonus à leur obédience et des malus à l’islam «étranger». «On a assez de confréries», «le Sénégal n’a pas besoin d’un islam importé !» (Le nouveau Président dixit). L’autorité politique semble donner une légitimité exclusive de l’islam aux marabouts, au point que les sorties de ces derniers sont de plus en plus stigmatisantes, et une traque ouverte, à l’appel des autorités politiques, de toute personne «suspecte» !


Rédigé par leral.net le Lundi 11 Février 2013 à 13:00 | | 8 commentaire(s)|

Des marabouts nouveaux disciples de Rousseau (Ibrahima Mbengue - Sociologue)
Interdit de remettre en cause la laïcité, ni de défendre la Charia. Dans le contexte des débats de la résurgence de l’islam politique au Sénégal, Iba Der Thiam notait que «même si la Constitution reprend pratiquement le texte français, l’histoire et la culture sénégalaises ne permettent pas une application à la française de la laïcité, avec une exclusion totale du religieux des sphères politiques». Or à présent, nos marabouts sont devenus pour la cause les soldats des valeurs inaliénables de «Liberté, fraternité, égalité».
Les grands idéaux de «Liberté, Egalité, Fraternité» nés de la pensée de Rousseau font aujourd’hui école, chez les marabouts. Ceux-ci, défendant l’islam «religion de paix», soutiennent l’envoi de soldats sénégalais à côté des Occidentaux, et la guerre contre les «partisans de la guerre» («jihadistes»). Les marabouts, soutiennent l’envoi des troupes contre les «Salafistes» (les musulmans qui appellent à l’orthodoxie) pour exiger la «laïcité». Il faut vaille que vaille chasser hors du nord-Mali, une partie de sa population, les rebelles Touareg, habitant le nord «par devoir de solidarité» au Mali. Il faut soutenir les Armées étrangères aux côtés de l’Armée française contre la rébellion malienne infiltrée par des «Etrangers».
L’instrumentalisation les marabouts par les pouvoirs en place est congénitale à la naissance douloureuse du pays. En 1944, le gouverneur général du Sénégal Cournarie utilise les marabouts pour empêcher aux femmes sénégalaises d’accéder au droit de vote. Les années 50 et 60, avant comme après l’indépendance, furent un âge d’or dans les relations clientélistes entre le pouvoir politique et les confréries, les uns protégeant les intérêts maraboutiques, les autres perpétuant leur rôle d’auxiliaires de l’administration. Les marabouts s’insurgent contre les mouvements syndicalistes et indépendantistes. Une correspondance est adressée au haut-commissaire Barthes où la grève des cheminots est condamnée en imputant la responsabilité à une minorité d’agitateurs plus «soucieux de leurs intérêts que de ceux de la masse des travailleurs».
Aussi, dès l’indépendance, le Président Léopold Sédar Senghor, bénéficie, contre Lamine Gueye et contre Mamadou Dia, des soutiens des marabouts. Aux élections de 1988, les marabouts ont appelé leurs talibés à voter pour M. Abdou Diouf : «Celui qui ne votera pas pour Abdou Diouf pendant les élections de février 1988 aura trahi Cheikh Ahmadou Bamba.» Au moment où les Sénégalais voulaient le changement, un Cheikh appellera aussi à voter pour Abdou Diouf, et dira, en 2000, «que celui qui ne vote pas pour Abdou Diouf est un imbécile».
Le Président Wade, longtemps opposant, au lendemain de sa victoire contre les Ndiguel des marabouts de tous côtés, révèle, à travers ce témoignage de son agent de liaison, le surprenant retournement des marabouts détracteurs. «En 2000, j’étais l’agent de liaison de Wade dans sa maison du Point E. Au lendemain de sa victoire sur Abdou Diouf, Serigne M. K… a appelé, j’ai décroché et je suis allé dans ses appartements privés pour le lui dire. Il m’a demandé de raccrocher courtoisement en me disant : «Monsieur Ndiaye, c’est la première fois qu’un Président est élu contre le ndiguel de tous les marabouts du Sénégal. C’est une chance inouïe qu’il ne faut pas bousiller».» (L’Observateur n°2556, mardi 27 mars 2012, p.5)
Ces mêmes marabouts ont soutenu, contre les soulèvements populaires, le Président Wade qu’ils avaient vertement dénigré à la faveur du pouvoir en place. En 2007, lors de la pose de première pierre d’un institut, le marabout d’adresser ses prières au Président Wade, «…Dieu fasse que vous ayez la victoire comme vous le voulez…». Relativement à la situation trouble du pays, le marabout dira qu’«il y aura toujours beaucoup de bruits, mais c’est le Sénégalais qui est comme ça. Le Sénégalais ne fait que parler, mais il s’en arrête à ça. Quand il se fatigue, il va se reposer et dormir». Le marabout s’en était ensuite violemment défoulé sur la corporation des journalistes lors de la cérémonie officielle du Gamou de Tivaouane, traitant ces derniers d’avoir menti en relayant que le Président Wade avait essuyé des huées de la population. Le Bureau exécutif national du Synpics s’était offusqué de cette sortie. «Cela consiste presque à livrer gratuitement, je pèse bien mes mots, gratuitement la presse à la vindicte populaire. Nous pensons que nous devons prendre des mesures urgentes et rigoureuses pour nous protéger en tant que corporation, pour que cessent tous ces procès en sorcellerie contre la presse», affirmait Diatou Cissé, Sg du Synpics.
Selon Seydina Issa Diop, qui a été dans la cour des khalifes. «Au Sénégal, les confréries ont beaucoup contribué à dénaturer l’islam. Mourides, Layènes, Tidia­nes… sont tous des groupes de pression qui ne disent pas leur nom (….). Je dis ça en connaissance de cause parce que j’ai passé plus de trente ans dans l’état-major d’une confrérie», Seydina Issa Diop, Directeur de l’industrie et de l’Artisanat sous Senghor, (Week-End magazine, semaine du 22 au 28 février 2008, P.55)
Explication : «Ils sont pressés de s’enrichir», estime Serigne Abdou Aziz Sy Al Ibn qui accuse certains fils et petits-fils des grandes familles religieuses du Sénégal d’«exploiter la religion pour s’enrichir illicitement». Il reconnaissait ainsi, en février 2011, que certains jeunes marabouts s’adonnent à la vente de choses prohibées par la religion. A Ndiobène Ngounta dans le département de Louga, lors de la pose de la première pierre d’un institut islamique, Serigne Abdou Aziz Sy accusait les jeunes marabouts d’exploiter la religion pour se faire de l’argent, suite à la sentence mortelle dans une prison au Maroc d’un petit-fils de marabout qui voulut arnaquer un général à la retraite de l’Armée marocaine.
Le magazine Station 1 note : «Les nouveaux Cheikh sont pres­que tous passés par des interdits de l’islam avant d’être intronisés. Tant la pratique de la lutte que l’enivrement ou la musique profane ne sont pas tolérés par notre religion, mais curieusement, tous ceux qui ont été élevés récemment à la dignité de Cheikh ont un petit passé et même un présent. Un Cheikh lutteur, un Cheikh politicien, un Cheikh rockeur (…)» (Station 1, n°3, mars 2008, p.22)
Marx critique fortement le rôle joué par les clercs religieux pour le maintien au pouvoir des classes dominantes. Les marabouts sénégalais ont fini d’en être des exemples illustratifs, au-delà de toute logique !

Ibrahima MBENGUE - Sociologue



1.Posté par pisco le 11/02/2013 12:52 | Alerter
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masturbation intellectuelle et sociologique ! wakho fi dara

2.Posté par aldo le 11/02/2013 13:54 | Alerter
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yaw tu te crois plus inteligent que les autres,doul rek ngay def marabou duñu sa moromu mame wakhoumalc sa baye .domaram

3.Posté par yade le 11/02/2013 16:58 | Alerter
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Waxo fi leen. Et pourquoi vous illustrez votre sublime mensonge par une photo de la sainte ville de touba. Cela veut dire que vous visez seulement les mourides. Votre mouridophagie ne peut rien contre la mouridiyyah. Vaut mieux que tu cherches une carriere !

4.Posté par pfffffffffffffffffff le 11/02/2013 17:34 | Alerter
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En tout cas , comme tu l'as fait vec SMK,fallait au moins le faire avec les autres Marabouts dont les noms ne sont pas cités...de l'autre coté, en 2000 je pèse bien mes mots, il y'a eu un Marabout qui était pour Wade et qui a parlé de la situation politik à un des Khalif de lépoque et ca s"est passé comme l'avait dit le lkhalif.....amna gno xmné soxlawunu di guenne télé di wax...fanou toook lanouy took gnane mou ame......mais n'empeche y'a des personnes qui se disent marabout, qui sont adulées par la foule mais devant Dieu ils n'ont d'égal kavec un singe !!!!!!

5.Posté par ngagne le 11/02/2013 17:34 (depuis mobile) | Alerter
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fèn rek

6.Posté par Ndongali le 11/02/2013 23:07 | Alerter
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je remets en cause ton statut de sociologue car tu n'est pas apte à faire une analyses ton article se résume une superposition partisane de citations et d'exemples non argumentée.
moi j'ai envie de te poser la question de savoir si tu es pour les djihadistes ou pour la libération de l'Etat Malien. tu mens en disant que les marabouts soutiennent l'envoi de soldats Sénégalais à cotés des occidentaux alors qu'ils défendent l'islam religion de paix. à moins que tu nous donne la preuve comme tu la fais ailleurs dans ton texte. moi j'ai entendu des marabouts lors d’évènement comme Magal et Gamou priés pour la paix au Mali et non soutenir la guerre. En plus, pouquoi tu ne reproches pas à tes amis djihadiste d'avoir torpiller la paix au nord Mali en prenant les armes puisque l'islam est une religion de paix?
tu te proposes de citer des noms d'une part et d'autre part tu t'en passes " un cheikh... serigne M K... à quel dessein?
en 2000 cas même il y a des khalifs qui n'ont pas donner des consignes de vote tu aurais été plus objectif en le soulignant. donc ta conclusion que tu tires de Marx repose sur des inepties tu ne sais pas faire la différence entre les marabouts et des marabouts en disant les marabouts tu ignorent qu'une partie d'entre eux s'abstiennent de s'immiscer sur la politique Serigne Saliou qui n'a jamais donner de Ndiguel de vote disait que "politik du ma si yak du ma si defar"
Alors Monsieur tu aspires à être un sociologue il te reste beaucoup à apprendre aussi il faut te départir de ta casquette de souteneur des Djihadistes et ta haine à l'égard des Marabouts pour produire une réflexion digne d'un sociologue.

7.Posté par Cheikh Tidiane SALL le 12/02/2013 10:30 | Alerter
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Que dire de plus que ce que j'ai lu?
Mais je veux revenir un peu sur ton passé d’élevé du lycée Lamine GUEYE.
En classe de terminale lors d'une grève mémorable post année blanche, tu faisais partie de ces traîtres défaillants qui préférait gueuler contre la grève dans une douillette salle de classe plutôt que de venir soutenir leur position en assemblée générale.
Tu avais peur d’assumer publiquement ta position.
Ce n'est donc pas maintenant que tu vas t'ériger en donneur de leçon.
En tant que sociologue tu sais pertinemment que l'être humain est tributaire de son passé.

8.Posté par deug le 12/02/2013 14:47 | Alerter
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Ce même gars a fait des etudes a l'Universite de Saint-Louis et fut a l'occasion Secretaire General de l'Union des Etudiants Musulmans du Senegal section Ndar avant de retourner sa casaque et. De se retrouver dans tout ce que l'Islam abhorrait: bal, beuverie, refus de jeuner, fornication... Il avait une petite amie avec qui il s'affichAit tout le temps comme pour dire qu'il assumait sa conversion en disciple de Cheytaan. Alors, les analyses de ce type ...

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