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Dialogue national et affaiblissement de l'opposition : Quand Macky Sall fait d’une pierre deux coups !

Le Président Macky Sall a lancé samedi le dialogue national. Une rencontre qui a réuni toutes les forces vives de la nation, dont le principal parti d’opposition, le PDS, et plusieurs partis de la coalition de l’opposition : le Front patriotique pour la défense de la République (FPDR). Une véritable prouesse pour Macky Sall, quand on sait que depuis la survenue de la seconde alternance et surtout depuis le début de la traque des biens mal acquis, les libéraux regardaient le chef de l’Etat et son régime comme leurs pires ennemis. De plus, il y a moins de trois mois, le PDS, au sein l’opposition, combattait farouchement le pouvoir à propos de la réforme constitutionnelle et du référendum du 20 mars dernier.


Rédigé par leral.net le Jeudi 2 Juin 2016 à 03:19 | | 2 commentaire(s)|

Dialogue national et affaiblissement de l'opposition : Quand Macky Sall fait d’une pierre deux coups !

 

 

Mais alors qu’il n’a pas fini de savourer sa victoire lors de l’appel au dialogue national, la suite des évènements lui prédit une autre victoire tout aussi importante : celle d’avoir affaibli ses adversaires politiques, en séparant la locomotive PDS, du reste de l’opposition.

 

Le PDS se met à dos ses alliés : vers une guéguerre entre opposants

En amenant le PDS à la table du dialogue, Macky Sall a en même temps mis à mal l’unité déjà fragile du principal parti de l’opposition. En effet, plusieurs responsables sont contre cette forme de retrouvailles avec Macky Sall.  Et ils l’ont ouvertement clamé, avant que Me Wade ne leur force la main.

Mieux, au-delà du PDS, le Chef de l’Etat a réussi à ébranler l’unité de l’opposition, en y semant la suspicion, la méfiance et la division. En réalité, en répondant favorablement à l’appel de Macky Sall, les libéraux qui jusque-là incarnaient la ligne dure contre le régime, ont surpris et déçu plusieurs de leurs alliés. A commencer par Idrissa Seck qui ne s’est pas fait prier pour les clouer au pilori, en débusquant dans leur rapprochement avec le pouvoir, «un deal politicien» pour régler des problèmes personnels ou partisans. «Voilà un parti qui fait campagne pendant deux mois contre la révision constitutionnelle de Macky Sall. Et les gens courent vers son palais en ayant l’espoir de pouvoir échapper aux poursuites judiciaires ou d’obtenir la liberté de Karim Wade. Où est le Sénégal là-dedans. (…). Deux personnes (Me Abdoulaye Wade et Macky Sall même s’il ne les cite pas), qui étaient complices et auteurs du grand complot d’Etat contre moi, font le même deal sur le dos des Sénégalais », a martelé le n°2 de l’opposition, après Wade dans une sortie sur la RFM.

Avant la sortie au vitriol d’Idy contre ses alliés ou désormais ex-alliés libéraux, c’est un autre baron de l’opposition, Pape Diop, qui avait flétri Me Wade et ses camarades, dans une réaction devant la presse, en marge de sa tournée au Sud du pays. «Je regrette fondamentalement ce qui s’est passé au Pds. Je ne vois pas la pertinence de la participation au dialogue national de ce parti qui est en conflit profond avec la mouvance présidentielle. Il y a un manque de démocratie au Pds, puisque c’est Wade qui décide de tout», a réagi le patron de Bokk Guis-guis, visiblement outré par l’attitude des libéraux, pour qui il prédit le pire, pour avoir aliéné les intérêts du pays à leurs propres intérêts.

Les réactions et remarques amères d’Idy et Pape Diop à l’endroit du PDS ne sont qu’illustratives de celles des autres leaders de l’opposition qui n’ont pas pris part au dialogue national. Et il est évident qu’entre eux et les libéraux, plus rien ne sera comme avant. Les propos tenus par Idrissa Seck sont tellement forts qu’ils annoncent un clash entre le PDS et REWMI. Surtout que les libéraux, prêts à en découdre avec n’importe qui pour les beaux yeux de Me Wade et de son fils Karim, ne manqueront certainement pas d’apporter une réplique, à la hauteur des attaques en règle qu’ils essuient. Et ce sera parti, pour une guéguerre, des invectives, des accusations et contre accusations…, non plus entre opposition et pouvoir, mais entre opposants. Et les différents acteurs (Pds, rewmi, Bokk Guis- guis…) se connaissent tellement bien qu’il risque d’y avoir beaucoup de dégâts dans l’opposition.

Et le président Sall, en convoquant son dialogue national, ne pouvait pas rêver d’une situation aussi favorable pour lui. Une aubaine pour le patron de l’APR et Cie, qui vont se délecter tranquillement du spectacle, en attendant le moment opportun pour donner soit la carotte, soit le bâton, aux uns et aux autres.

Mbaye THIANDOUM (jotay.net)







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