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Dialogue politique, libération de Karim Wade: Le Pds souffle le chaud et le froid

Malgré sa participation au dialogue national, le 28 mai dernier au palais et l’annonce de la libération imminente de son candidat Karim Wade, le parti démocratique sénégalais (pds) ne semble pas changer de tonalité dans son discours d’opposant. Hier, à l’issue de la réunion du comité directeur, les libéraux ont non seulement porté une cinglante réplique à Idrissa Seck, qui les accuse de fomenter un deal politique avec Macky Sall afin d’obtenir la libération de Karim Wade, mais aussi sont restés droits dans leurs bottes en récusant le ministre de l’intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo.


Rédigé par leral.net le Samedi 11 Juin 2016 à 16:20 | | 0 commentaire(s)|

La sortie musclée de Rewmi pour parler de deal entre le Pds et l’Apr est restée en travers de la gorge des libéraux. Le porte-parole du Pds Babacar Gaye ne pouvait laisser passer l’occasion de lui porter l’estocade, au terme de la réunion du Comité directeur. «Idrissa Seck a-t-il le pouvoir de sanctionner des partis politiques autonomes pour avoir participé au dialogue national ?», se demande Babacar Gaye. A l’en croire, le Pds se soucie plus des préoccupations des Sénégalais et de ses militants emprisonnés que de cela. «Si Idrissa Seck peut se solidariser à cette lutte, tant mieux, sinon il n’a qu’à nous laisser poursuivre notre chemin», tonne Babacar Gaye.

Sur un autre front, alors que l’on s’attendait à un discours plus doux désormais à l’endroit du pouvoir, les responsables n’ont pas rangé leurs missiles. D’autant que, se prononçant sur l’organisation des élections au Sénégal, ils continuent d’exiger la nomination d’une autorité indépendante pour gérer les élections. «Si Abdoulaye Daouda Diallo est dans ce profil d’un ministre de l’Intérieur appartenant à un parti politique, naturellement le Pds voudrait avoir à sa place une personne neutre, indépendante qui nous aide à avoir des élections qui ne seront pas contestables », souligne l’ancien président du défunt Conseil régional de Kaffrine. S’agissant par ailleurs d’une éventuelle libération du fils de l’ancien président de la République, Babacar Gaye tient à préciser que le Pds ne s’est jamais prononcé sur le cas Karim Wade en termes de modalités de sa libération ni sur les conditions de libération. «Ceux qui l’ont annoncé donnent suite à nos préoccupations et celles du Groupe de travail des Nations Unies et au risque d’humiliation de notre justice. C’est à eux de donner droit à Karim Wade, surtout droit à son innocence pour qu’il revienne intact. Et que nous le portions au pouvoir», clame l’ancien ministre d’Etat ; d’autant que, ditil, «c’est une exigence du parti et il y va de l’intérêt du pays».

Concernant le dialogue national, l’ex directeur de Cabinet politique du pape du Sopi soutient que ceux qui n’ont pas voulu participer au lancement de cette concertation ont changé de position en assistant à la rencontre entre ministre de l’Intérieur et partis politiques. «Ils se sont rendu compte que le Pds avait raison et veut un dialogue franc et axé sur des questions de l’heure», argue-t-il avant de poursuivre : «le Comité directeur rappelle qu’il avait répondu favorablement au lancement des concertations et reste à l’écoute des organisateurs sur le sort réservé aux problèmes de l’école, de la santé, de la gouvernance politique, sur les affaires économiques et financières, ainsi que sur la situation économique et sociale des ménages».

Par ailleurs, les juridictions d’exception comme la Cour de l’enrichissement illicite (Crei) ne doivent plus, selon les libéraux, exister au Sénégal. Pour le Comité directeur, le moment est venu de supprimer les juridictions d’exception comme la Crei dont « les procédures portent gravement atteinte aux principes généraux de droit, parmi lesquels le principe majeur de la présomption d’innocence ».

L'AS






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