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Diouf met le feu

A quelques jours du clasico de la Ligue 1 entre le PSG et l'OM, Pape Diouf n'a, une nouvelle fois, laissé le soin à personne de lancer les hostilités avant ce choc très attendu. Après avoir traité les supporters parisiens de "brigands de stades" l'an passé, le président marseillais se paie cette fois Jérôme Rothen, qu'il accuse implicitement de racisme dans son livre. Mais le Sénégalais n'en est pas à son coup d'essai.


Rédigé par leral.net le Mardi 10 Mars 2009 à 11:32 | | 0 commentaire(s)|

Diouf met le feu
Le moment choisi n'est, bien évidemment, pas anodin. Le mercredi 11 mars, quatre jours avant le match entre le Paris Saint-Germain et l'Olympique de Marseille, paraîtra en effet "De but en blanc", le livre d'entretiens de Pape Diouf, président marseillais en poste depuis 2005, et Pascal Boniface, directeur de l'Institut des relations internationales et stratégiques. Cet ouvrage, dont la sortie a été programmée depuis de longs mois, retrace l'extraordinaire parcours de ce "self-made-man" sénégalais, de l'employé des Postes à l'agent de joueurs en passant par le journaliste sportif.

C'est également l'occasion qu'a choisi cet orateur de grand talent pour lancer le clasico entre les meilleurs ennemis du championnat de France, en "allumant" le Parisien Jérôme Rothen. "Au départ, j'ai surtout travaillé avec des footballeurs africains ou noirs, raconte-t-il en évoquant son passé d'agent. Puis le bouche à oreille a élargi le cercle [...] et de nombreux joueurs blancs m'ont rejoint. Mais il y eut une exception. Un joueur que j'avais rencontré avait souhaité travailler avec moi, mais, au dernier moment, il a préféré renoncer. Le motif ? Il ne savait pas comment serait perçu le fait qu'il travaille avec un... Noir! Ce garçon s'appelle Jérôme Rothen. Je trouve cela étonnant, encore aujourd'hui: il pensait, bien qu'il ait adhéré à mon discours, qu'il était un peu risqué pour lui de prendre un agent noir...".

Rothen: "Je ne suis pas raciste"

La réponse du milieu de terrain parisien ne s'est pas fait attendre, lors de l'émission Canal Football Club. "On n'aime pas Jérôme Rothen, ça, je le sais, mais ça ne permet personne de m'accuser de racisme comme l'a fait Pape Diouf. Je ne suis pas raciste. J'attends de lire le passage où il est question de ça dans le livre avant d'aller plus loin si c'est nécessaire. Pour l'instant, je ne veux pas polémiquer." Présent sur le plateau de l'émission, Didier Deschamps, son ancien entraîneur à Monaco, s'est alors empressé de voler, maladroitement, au secours du natif de Châtenay-Malabry, expliquant que le meilleur ami du gaucher sur le Rocher n'était autre que le Sénégalais d'origine Patrice Evra. Le club parisien préfère quant à lui éviter de rentrer dans la polémique. "Tout le monde au club connaît le respect et les valeurs humaines de Jérôme Rothen et aucun reproche ne peut lui être adressé en ce sens, explique la direction du club dans un communiqué. Le Paris Saint-Germain souhaite donc qu'on ne crée pas de polémique inutile avant la belle affiche de dimanche face à l'Olympique de Marseille."

Mais au-delà du cas Rothen, force est de constater que Pape Diouf n'en est pas à son coup d'essai pour ce qui est de mettre de l'huile sur le feu entre les deux clubs phares des années 90. Le transfert de Lorik Cana de Paris à Marseille en août 2005 lui donne l'occasion de régler une première fois ses comptes avec Pierre Blayau, le président parisien du moment, qui avait déclaré que la proposition marseillaise pour le milieu de terrain albanais n'était pas intéressante, Diouf qualifie alors le Breton d'"arrogant et insolent", ce qu'il confirmera dans son ouvrage ("imbu de lui-même, il pensait devoir régenter le monde. Avec cet homme-là, il n'était pas possible d'arriver à des solutions").

Diouf: "Il n'y a pas de public haineux comme on peut le voir à Paris"

Rebelote quelques mois plus tard, cette fois à l'occasion du PSG-OM de mars 2006. Alors que les Phocéens bénéficient depuis plusieurs années de 1000 places pour cette rencontre, le club, par l'intermédiaire de son président, réclame, à quelques jours du choc, le double de places. Diouf mettra sa menace à exécution et enverra l'équipe de CFA 2 au Parc des Princes, des "minots" qui décrocheront le point du match nul (0-0). Les jeunes marseillais seront ensuite accueillis comme des héros à la Gare Saint-Charles, ce qui n'était sans doute pas pour déplaire au président Diouf, qui a encore renforcé sa popularité auprès des supporters olympiens.

Et avant de s'attaquer à Rothen, le Sénégalais avait mis à l'index les fans parisiens avant le clasico de février 2008, comparant les supporters des deux camps dans un bel élan de démagogie. "Ici, on peut avoir des turbulences, parfois des débordements, voire quelques excès, mais il n'y a pas de public haineux comme on peut le voir à Paris. On sait qu'il y a là-bas une bande organisée, dont les membres se réclament du "supportisme", mais qui ne sont que des brigands de stade."

Mais Pape Diouf semble désormais prêt à faire amende honorable, lui qui explique, dans son livre, qu'avec l'arrivée de l'ancien président parisien Alain Cayzac, ils avaient "entrepris ensemble de dépassionner les relations. Même si, parfois, le populisme des dirigeants eux-mêmes jetait à nouveau de l'huile sur le feu. Et je ne m'exclus pas de cette critique." Reste à savoir pour combien de temps...






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