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Direct : Ce que l’on sait de l’attentat commis à Nice

Rédigé par ( La rédaction ) le 15 Juillet 2016 à 17:29 | Lu 1767 fois


Ce que l’on sait de l’attentat commis à Nice

Le Monde |  • Mis à jour le 

 

Le président de la République, François Hollande, a évoqué « une attaque dont le caractère terroriste ne peut être  nié », après l’attaque commise par un homme au volant d’un camion, jeudi 14 juillet dans la soirée, à Nice, durant la célébration de la Fête nationale. Un deuil national de trois jours a été décrété les 16, 17 et 18 juillet.

Selon le dernier bilan du ministère de l’intérieur, 84 personnes ont trouvé la mort, dont 10 enfants et adolescents. Au total, 202 patients ont été pris en charge dans les établissements de santé des Alpes-Maritimes. Cinquante-deux sont en urgence absolue, dont 25 en réanimation.

Lire notre direct :   Attentat de Nice, en direct : 84 morts, l’état d’urgence prolongé de trois mois

La section antiterroriste du parquet de Paris  a ouvert une enquête  jeudi soir pour « assassinats et tentatives d’assassinats en bande organisée en lien avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Lors d’une allocution télévisée, vendredi matin, vers 3 h 45, le chef de l’Etat a annoncé la prolongation de l’état d’urgence, qui devait s’achever le 26 juillet, pour trois mois supplémentaires, un renforcement de l’opération Sentinelle de surveillance des lieux  publics et sensibles par l’armée  et l’appel à la réserve opérationnelle.

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  • Comment l’attaque a-t-elle été commise ?

Vers 22 h 45, environ 30 000 personnes selon la mairie de Nice s’étaient rassemblées sur la très populaire promenade des Anglais, à Nice, pour les traditionnelles festivités du 14-Juillet. Le feu d’artifice venait de s’achever quand un camion blanc de 19 tonnes a foncé dans la foule, renversant les barrières de sécurité. En provenance du quartier Magnan, il a roulé sur la promenade des Anglais sur environ 2 km, entre les numéros 11 et 147, et a renversé les personnes se trouvant sur son chemin.

Selon le procureur de Paris, François Molins, le conducteur du camion a tiré à plusieurs reprises sur trois policiers à hauteur de l’hôtel Negresco. « Les policiers ont répliqué. Le conducteur a été neutralisé à hauteur du Palais de la Méditerranée », a-t-il précisé. Selon nos informations, il a été abattu par deux gardiens de la paix de la BST (brigade spécialisée de terrain). La préfecture a immédiatement demandé aux habitants de rester  cloîtrés chez eux et mis en place un important périmètre de sécurité à proximité de l’attaque, autour de la place Masséna. Vendredi matin, elle a annoncé la fermeture de la promenade« pour une durée indéterminée ».

Aucune prise d’otage n’a suivi l’attaque, a déclaré Pierre-Henry Brandet, le porte-parole du ministère de l’intérieur, infirmant de nombreuses rumeurs qui ont suivi l’attentat. « Des investigations sont menées à l’heure actuelle pour savoir si l’individu a agi seul, ou s’il a des complices qui auraient pris la fuite, raison pour laquelle il est préférable que les gens restent chez eux », a-t-il poursuivi.

  • Qui est le conducteur du camion ?

Le conducteur du camion, auteur de l’attentat, a été formellement identifié. Il s’agit de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, 31 ans, né le 3 janvier 1985 en Tunisie  et domicilié à Nice. Selon le procureur de la République de Paris, François Molins, il était chauffeur-livreur, marié et père de famille. Son ex-épouse est en garde à vue depuis 11 heures ce matin.

Il n’avait été condamné qu’une seule fois, le 24 mars 2016, par le tribunal correctionnel de Nice, à six mois d’emprisonnement avec sursis pour des faits de violence lors d’une altercation à la suite d’un accident de la circulation, commis avec une arme par destination, en l’occurrence une palette. Selon le procureur de Paris, Mohamed Lahouaiej Bouhlel est « totalement inconnu des services de renseignement tant au niveau national que local ». Il ne faisait l’objet d’aucune fiche S et d’aucun signalement pour des faits de radicalisation.

Dans le camion frigorifique, qui avait été loué le 11 juillet et aurait dû être restitué le 13 juillet, ont été retrouvés un pistolet de calibre 7.65, un chargeur, des cartouches percutées et non percutées, un pistolet factice et deux répliques de fusils kalachnikov et M16, ainsi qu’une carte conducteur, une carte bancaire, un téléphone portable, un vélo et 8 palettes vides.

Il habiterait les quartiers Nord de Nice. Deux perquisitions ont eu lieu vendredi aux deux adresses  connues du tueur en présence de policiers d’élite du RAID. Du matériel informatique a notamment été saisi et est en cours d’exploitation.

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  • Combien y a-t-il de victimes ?

Selon le dernier bilan du ministère de l’intérieur, 84 personnes ont trouvé la mort, dont 10 enfants et adolescents. Au total, 202 patients ont été pris en charge dans les établissements de santé des Alpes-Maritimes. Cinquante-deux sont en urgence absolue, dont 25 en réanimation.

Une cinquantaine d’enfants ont été hospitalisés à la Fondation Lenval, hôpital pédiatrique de Nice, et deux d’entre eux y sont morts vendredi matin au cours d’interventions chirurgicales. « D’autres sont encore entre la vie et la mort », a précisé vendredi peu avant midi la responsable de la communication de l’hôpital.

Selon un médecin du CHU de Nice interrogé par Le Monde« les urgentistes sur site étaient choqués. Ils ont assisté à des scènes  de carnage. Quand on voitarriver  autant de patients avec des blessures graves, des lésions délabrantes, de manière très rapprochée, cela évoque une scène de guerre ». Le médecin a précisé que les principales blessures sont des écrasements, des chocs directs, des lésions des membres, du bassin et du crâne.

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  • S’agit-il d’une attaque terroriste ?

Aucune revendication, notamment provenant de l’organisation Etat islamique (EI), n’a été publiée. « Aucune revendication n’a été faite à ce stade mais je rappelle que ce type d’attentat correspond aux appels au meurtre d’organisations terroristes », a déclaré M. Molins vendredi après-midi.

Lors de son allocution, vendredi à 3 h 45, François Hollande a assuré : « C’est toute la France  qui est sous la menace du terrorisme islamiste. » Le parquet de Paris, qui a une compétence nationale pour le terrorisme, s’est saisi dans la soirée comme il en a la possibilité. Les investigations ont été confiées aux enquêteurs de la Direction centrale de la police  judiciaire (DCPJ) et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). La cellule de crise de la section antiterroriste du parquet a été activée. Le plan Vigipirate a été porté au niveau « alerte attentat » dans le département des Alpes-Maritimes.

L’enquête devra notamment déterminer  comment le poids lourd a pu pénétrer sur la promenade des Anglais, fermée à la circulation et ultrasécurisée pour la Fête nationale.

A l’issue d’un conseil de défense  réuni vendredi matin à l’Elysée autour du chef de l’Etat, le premier ministre Manuel Valls  a annoncé qu’un deuil national de trois jours avait été décidé, les 16, 17 et 18 juillet. Il a précisé que le projet  de loi permettant la prorogation de l’état d’urgence pour trois mois supplémentaires serait présenté en conseil des ministres mardi puis examiné par le Parlement mercredi et jeudi prochain.

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Des militaires déployés sur la promenade des Anglais après l’attaque. Des papiers d’identité au nom d’un Franco-Tunisien ont été retrouvés à l’intérieur du camion blanc ayant servi à l’attentat meurtrier de Nice jeudi.
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Des militaires déployés sur la promenade des Anglais après l’attaque. Des papiers d’identité au nom d’un Franco-Tunisien ont été retrouvés à l’intérieur du camion blanc ayant servi à l’attentat meurtrier de Nice jeudi.

CYRIL DODERGNY / PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP
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