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Discours de Politique Générale de Madame le Premier Ministre : la révolution par les reformes


Rédigé par leral.net le Lundi 4 Novembre 2013 à 12:55 | | 0 commentaire(s)|

Le discours de politique général de Madame le Premier Ministre Aminata Touré est marqué par les quatre mots clé que sont la Solidarité, la Rupture, la Croissance et l’Emploi.
A ces mots clé on peut ajouter quatre piliers sur lesquels le gouvernement entend s’appuyer pour bâtir un Sénégal nouveau. Ce sont le Travail, l’Organisation, la Rigueur et la Discipline.

Au-delà du discours et du cap fixé conformément à la vision du chef de l’Etat Son Excellence Macky Sall, nous devons avoir en mémoire la situation catastrophique du Sénégal en avril 2012.
Il y avait en plus d’une nation à réconcilier avec elle-même les faits ci-dessous :
- Un Budget 2012 largement entamé
- Une Faible croissance 2,1% en 2011
- Une Croissance négative de -2% du secteur agricole,
- Une Hausse des prix des denrées de premières nécessités,
- Une Imminence d’une année blanche
- Une Campagne agricole 2012 pas du tout préparée en plus d’une Famine en milieu rural.
- Une Dette extérieure de près de 3000 milliards
- Une Dette intérieure 2012 de 150 milliards dues aux entreprises privées
- Un Déficit de près de 8% qu’il a fallu ramener à 5,8%,
- Une Moins-values de recettes fiscales de plus de 34 milliards de FCFA en fin mars 2012.
L’Etat a du faire face dès avril 2012 avec entre autres avec des mesures salutaires comme :
- La Baisse des prix des denrées de première nécessité,
- La Revalorisation de la pension de retraite de 10%
- Le Sauvetage de l’année scolaire,
- Le Financement de la campagne agricole 2012
- Le Kilogramme d’arachides en 2012 jusqu’à 250 FCFA
- L’Epongement dettes paysannes 13 milliards
- Le Paiement d’une bonne partie de la dette intérieure,
- Les Mesures sociales d’envergure comme la gratuité de l’hémodialyse.
- La décision d’Indemnisation des invalides de guerre et des familles de soldats décédés au combat à hauteur de 10 millions de FCFA.
- Le Redressement de la croissance 2012 (3,5% en 2012 contre 2,1% en 2011).
Le récent discours de politique générale de Madame le premier Ministre s’inscrit dans la ligne de relance économique après des mesures courageuses de stabilisation économique et sociale.
Elle a compris que la gestion des urgences sociales et la correction des inégalités ainsi que la construction d’un état de droit et la bonne gouvernance sont des conditions sine qua non du développement national.
Il ne faut pas voir uniquement le coté altruiste d’Etat dans la gestion des urgences sociales et la correction des inégalités. Il s’agit de mesures dont le but est de rompre comme, l’a dit Madame le Premier Ministre le cercle vicieux de « la transmission intergénérationnelle de la pauvreté » et d’amener le maximum de nos concitoyens à être dans des positions dynamiques d’acteurs et non de simples demandeurs des fruits de la croissance. Cette vision sociale est d’abord d’essence économique puisqu’il faut tendre la main à des compatriotes pour les hisser sur un niveau de production dans l’intérêt national.


Avec le Programme d’Infrastructures en faveur des 2000 voir 3000 villages les plus défavorisés, ce seront plus d’un million de sénégalais qui vont accéder à l’eau, l’école, aux services de santé, aux pistes et aux activités agropastorales. Cette politique est une révolution dans la marche du Sénégal. La minimiser relève d’une vision égoïste et trop distante.

A ceux qui ne voit que le coté altruiste du programme Bourse de Sécurité Familiale, nous rappelons les exigences fixées en matière d’éducation, de vaccination et de suivi des enfants. A l’horizon 2017, des enfants issues de 250 000 familles pourront continuer leurs études pour sortir du cercle vicieux de l’exclusion intergénérationnelle qui ne doit plus être une fatalité. Ce chantier majeur ne pouvait être conduit que par l’Etat !

Avant la décision de mise en place de la Couverture Maladie Universelle, plus de 80% de la population se soigne avec ses propres moyens (souvent du bord). En allant vers une couverture à 95% d’ici 2017, nous aurons fait une révolution en maitrisant les dépenses de prise en charge sanitaire. C’est le lieu de demander une implication nationale notamment des guides religieux pour convaincre les sénégalais de la necessité de mutualiser les moyens au service de tout le monde.

Même chose pour les 30 000 voir 50 000 personnes atteintes de handicap à qui seront remis des Cartes d’Egalité de Chance pour les mettre sur la même ligne de départ que les autres citoyens.

Je passe sous silence les réalisations en matière d’infrastructures sanitaires ainsi que l’approche structurante dans la gestion des inondations avec le plan décennal de 767 milliards ainsi que la mise en place des 300 forages.

La révolution la plus significative viendra de la mise en place des 30 000 ha pour les Domaines Agricoles Communautaires avec 2000 unités autonomes d’exploitation de 15 sociétaires chacun soit 30 000 personnes.

A ceux qui nous reproche le trop social, nous précision que dans le Discours de Politique Général, la révolution vient aussi des mesures hardies de relance économique à travers les programmes d’investissement publics dans tous les domaines.

Coté éducation, il y aura 200 nouvelles écoles, 6000 salles de classe, 250 blocs d’hygiène, 110 collèges, 15 lycées, 19 collèges franco arabes, 64 daaras modernes, 6 lycées professionnels spécialisés ainsi que la seconde université de Dakar et l’université de Sine Saloum.

Dans le domaine de l’énergie, l’objectif de 20% de part de renouvelable sera effectif à travers les centrales à charbon de Sendou (300 MW (Production 2016), à charbon de Tobene (70 MW exploitation fin 2014), à gaz de Mauritanie (80 Mw 2015), Hydroélectrique de Félou (15 Mw en 2013), Hydroélectrique de Sambagalou (51 Mw en 2017). C’est cette politique qui permettra de baisser le coût de revient du KW/H autour de 80 F (il est actuellement de 180 F).

Dans le domaine des infrastructures routières il y aura les trois projets d’autoroutes Diamniadio-Thiès-Touba-Thiès-Tivaouane plus 9 ponts, les 33 projets routiers déjà entamés avec 7 ponts et autres ouvrages pour 1070 km, les 1200 km de pistes rurales à commencer en novembre 2013, les 4000 Km de pistes rurales d’ici 2017. Cette politique permettra de désenclaver une bonne partie du pays profond.

Dans le domaine de la production agricole, il y aura la réhabilitation de 14 000 ha, la Réalisation et l’aménagement de 33 000 nouveaux ha dans la vallée du fleuve, la reconstitution du capital semencier pour 60 000 t (pour la campagne 2015), l’Acquisition de 1000 tracteurs, la mise en place de 120 magasins de stockage en fin 2013. En Casamance il est prévu la création d’un pôle de croissance avec 20 milliard. Avec cette politique, l’agriculture que le régime sortant nous a laissée avec une décroissance de -2,11% sera le moteur de la croissance économique.

Dans le domaine industriel il est prévu le développement de partenariats pour exploitation du gisement de phosphates de Matam, de l’or de Kédougou, du fer de la Falémé. Il est prévue également 500 unités de transformation de produits agropastorales et 1000 plateformes multifonctionnelles dont 300 en cours d’implantation.

A coté de ces actions concrètes sur les leviers de la croissance économique, le toilettage est prévu de l’environnement des affaires avec des reformes majeures du code des douanes avant fin 2013, la mise en conformité des codes des douanes, des mines, des investissements, de l’environnement et des impôts. Pour rester dans de bonnes dispositions incitatives pour l’investissement, il y aura l’effectivité de l’automatisation des procédures administratives liées à l’investissement privé d’ici 2015 sans compter la mise en place d’un nouveau régime juridique des contrats CET (Construction-Exploitation-Transfert).
Comment s’assurer du financement de cette vaste ambition ?
Certes il y’aura le concours de l’extérieur, mais il nous faut des instruments de maitrise du financement de nos priorités en terme d’investissement et de soutien aux milliers de PME et PMI.
C’est pourquoi l’Etat à mis en place le FONSIS pour les ressources longues indispensables et l’accompagnement de l’Etat et des entreprises, la BNDE qui servira de plateforme d’intégration des services pour le financement des PME, le FONGIP pour régler la question focale de la garantie des financements. Les ressources de Caisse des dépôts et Consignations viendra pour appuyer ce dispositif. C’est cela l’ambition d’une maitrise des instruments financiers dans un pays où la PME a des barrières d’accès au crédit.
Je passe sous silence des actes de gouvernance avec la reddition des comptes érigée en pratique irréversible.

La révolution viendra de l’acte 3 de la décentralisation qui, au-delà de la Communalisation intégrale, la Départementalisation et l’érection à terme de Régions territoires, va rendre efficient le partage de compétences et de ressources entre l’Etat central et les différents paliers de pouvoir.

Au vu de tout ce qui précède, la vision du Président de la République largement reprise dans le Discours de Politique Générale de Madame le Premier Ministre Aminata Touré est celle d’un Sénégal à mettre sur les rails de l’Emergence qui doit garantir :
- Une industrialisation irréversible avec une productivité des facteurs travail et capital
- Un système institutionnel garantissant les bases du développement durable
- Une ouverture maitrisée sur l’économie mondiale en termes réel et financier.
Ce qui est attendu du peuple, c’est une appropriation de cette DPG, pour engager les reformes et faire face aux résistances des oligarchies de tous ordres. La révolution viendra des reformes !

Nous devons comprendre que le développement est plus de sueur que sucre. Seul le travail développe un pays. « Xaalis danou koy liggeey ». N’en déplaise à ceux qui ont assez vécu dans le confort du lijjenti avec des pratiques nébuleuses de surfacturation et de délit d’initiés et de corruption sans gants. Ce sont ceux-là qui pensent jouer dans le subconscient des masses avec le concept « Dekk bi dafa Macky ». « Dekk bi dafa Macky veut dire pour nous Dekk bi dafay Magg ». Le pays est entrain de croitre. Et justement, la croissance « Magg » sera de sueur et de travail d’abord ensuite de sucre.

D’ici 2017, s’il plait à Dieu, le Sénégal sera sur de bonnes bases vers l’Emergence et le Développement. Entretemps les oiseaux de mauvais augure se tairont au fur et à mesure des réalisations. Ils se tairont et se terrerons.


Par Mamadou NDIONE
Cadre APR Militant à Diass
Economiste, Ecrivain,
Spécialiste des questions portuaires et logistiques
Mandione15@gmail.com







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