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Discours du Président Macky Sall au MEDEF

Chers amis,
Je me réjouis d’être parmi vous ce matin pour répondre à votre aimable invitation, à l’occasion de ma participation à la réunion de haut niveau du Comité directeur Du Centre de développement de l’OCDE
Je voudrais vous remercier tous et toutes pour votre présence qui illustre tout l’intérêt que vous accordez aux relations d’affaires avec le Sénégal.


Rédigé par leral.net le Vendredi 3 Juin 2016 à 21:21 | | 0 commentaire(s)|

Nos pays se connaissent déjà depuis fort longtemps.
Je ne compte vraiment pas vous ennuyer dans un exercice de présentation du Sénégal.
Je souhaite plutôt continuer avec vous le dialogue que nous avons engagé depuis bientôt quatre ans, à l’occasion de ma visite officielle en France en juillet 2012, et que nous avons poursuivi :
➢ en février 2014, au Forum des Investisseurs, en marge du lancement à Paris du Plan Sénégal Emergent ;
➢ en décembre 2014, au 1er Forum économique francophone, en marge du 15e Sommet de la Francophonie à Dakar ;
➢ et en juin 2015 à nouveau à Dakar, à l’occasion de la Table ronde des investisseurs français au Sénégal.
Malgré une compétition de plus en plus soutenue et ouverte, et qui ira en s’accentuant, la France reste un des tout premiers partenaires économiques du Sénégal ; et les entreprises françaises y détiennent le premier rang des investissements directs étrangers.
Mais les indicateurs montrent aussi un recul à long terme des parts de marché de la France dans notre pays.

Nous sommes là pour voir avec vous comment maintenir et renforcer notre partenariat privilégié. Il faut donc voir comment ça marche, pour reprendre le titre d’une émission télévisée sur la science et la technologie.
Ça marche parce que nous avons des atouts, et non des moindres : en plus de la proximité géographique, nous avons des valeurs, des traditions juridiques et une langue communes. Ce qui facilite les échanges, le commerce et l’investissement.
Toutes ces affinités et cette longue fréquentation expliquent la présence de vos entreprises dans des secteurs divers au Sénégal : l’agriculture et l’Agro-industrie, les mines, en particulier le ciment, les BTP, les hydrocarbures, les infrastructures, la logistique et le transport aérien, le Tourisme, les télécommunications, la banque et les assurances, pour ne citer que quelques domaines.
Mais comme je l’ai dit tantôt, la concurrence sera -en fait elle l’est déjà - de plus en plus marquée. Notre défi commun aujourd’hui est de voir, à partir de ce qui va, ce qui marche moins, ce qui ne va pas du tout, et, plus important encore, comment faire ensemble pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je ne suis pas Candide cependant !
Dans notre volonté de rupture à long terme, nous avons lancé ici même à Paris, en février 214, le Plan Sénégal Emergent, PSE, notre nouvelle stratégie de développement économique et social.
Le PSE repose sur trois axes fondamentaux :
➢ la transformation structurelle de l’économie et la création de richesse ;
➢ l’économie solidaire et le développement du capital humain ;
➢ la gouvernance, la paix et la sécurité.
La finalité du PSE est faire du Sénégal un pays émergent à l’horizon 2035, avec un taux de croissance moyen annuel du PIB de 7% sur la durée.
Pour ce faire, il s’appuie sur les secteurs stratégiques de l’agriculture, des infrastructures, des mines, du tourisme, de l’habitat, des TIC.
Enfin, dans sa mise en œuvre, le PSE vise la mobilisation de l’investissement privé et le partenariat public-privé en lieu et place de l’aide. Nous croyons en effet que c’est le marché, l’investissement et le partenariat qui créent la richesse et l’emploi.
Dans tous les secteurs stratégiques du PSE, je sais que le secteur privé français a les moyens et l’expertise nécessaires pour en saisir les opportunités ; puisque beaucoup parmi vos entreprises sont déjà actives chez nous.
Mais la question que je me pose, j’allais dire la question que je pose, et je souhaite entendre vos avis sur ce point, est de savoir si dans le changement des paradigmes qui s’opère, l’expertise et les moyens de l’entreprise suffisent à eux seuls aujourd’hui pour faire la différence face à la concurrence.
Je pense que certains grands projets d’infrastructures, notamment les routes, les chemins de fer, les ponts, les ports et aéroports, nécessitent un accompagnement financier de l’Etat formes pour soutenir l’investissement.
C’est ce que nous avons fait avec EIFFAGE pour réaliser la première autoroute à péage du Sénégal. C’est la même approche que nous déroulons pour le projet de Train Express Régional qui reliera Dakar au nouvel Aéroport international Blaise Diagne sur 55 Km.
Je pense qu’en plus de ce que fait déjà l’AFD, le soutien d’instruments comme la COFACE, la Banque publique d’Investissement et le trésor public français à travers les fonds souverain, va dans le bon sens. Il faut s’en féliciter.
Avec cette nouvelle dynamique, nous pouvons développer d’autres opportunités d’affaires, notamment à Diamniadio, une nouvelle ville que nous sommes en train de développer à trente Km de Dakar. Des compagnies sénégalaises, turques et chinoises s’y activent déjà dans la réalisation d’infrastructures, le l’habitat et la construction d’un parc industriel, à vingt minutes du nouvel aéroport international Blaise Diagne dont les travaux de finition sont en cours pour être opérationnel en 2017.
Je signale d’ailleurs que cette nouvelle ville est déjà desservie par une l’autoroute à péage de 55 Km que nous avons réalisée en partenariat avec EIFFAGE.
S’y ajoute un projet majeur de chemin de fer Dakar-Aéroport international Blaise Diagne, avec le Train Express Régional, où le privé français est bien présent avec l’accompagnement financier de l’Etat.
Par contre, nos récentes découvertes de gaz et de pétrole ont plutôt été faites par des compagnies britannique et américaine.
Mais ma conviction profonde est que les entreprises françaises peuvent potentiellement tout faire, et mieux que d’autres dans beaucoup de domaines. Elles en ont l’expérience et le savoir-faire.
Et la bonne nouvelle, pour faire des affaires au Sénégal, c’est que les fondamentaux de l’économie sont solides. Nous avons signé en juin 2015, avec le FMI, un programme économique et financier sur la période 2015-2017, soutenu par l’Instrument de soutien à la politique économique (ISPE).
Les deux premières revues de ce programme, dont la dernière remonte seulement en mai passé, ont été favorablement conclues.
Le FMI a salué les bonnes performances macroéconomiques du Sénégal ainsi que les progrès réalisés dans la mise en œuvre des réformes de l’ISPE, avec une croissance de 6,5% en 2015, contre 4,3% en 2014, une faible inflation et une réduction continue du déficit public.
S’agissant de la dette publique, le Sénégal est désormais reconnu comme ayant la capacité de la gérer manière autonome, grâce une politique d’endettement prudente afin de préserver la stabilité du cadre macroéconomique.
Sur les deux dernières années, notre pays a d’ailleurs réussi à baisser les taux sur le marché financier à la faveur de la bonne tenue des indicateurs macroéconomiques. Le Sénégal est ainsi le seul pays africain à voir son plafond d’endettement levé par les Institutions de Bretton Woods.
Aujourd’hui, notre ratio d’endettement est à 57% avec une tendance à la baisse à la faveur de notre objectif de réduction du déficit budgétaire.
Voilà, Monsieur le Vice-Président, chers amis, les quelques propos introductifs que je souhaitais vous livrer en attendant surtout de vous écouter et de dialoguer avec vous pour voir ensemble ce que nous devons faire plus et mieux.
Je vous remercie de votre aimable attention.






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