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Disparition du journaliste Saleh Ngaba - Mme Saleh, Zenaba Bassou Ngolo persiste et signe : « Mon mari n’a jamais touché à une arme »

L’épouse du journaliste Saleh Ngaba, Zenaba Bassou Ngolo, a fait face, ce mardi, aux Chambres africaines extraordinaires afin d’apporter son témoignage sur l’arrestation de son mari et de sa disparition. Mme Ngaba a, par ailleurs, informé à la Chambre que son mari était membre du Mosanat et participait également à des réunions secrètes avec Maldoum Bada Abas.


Rédigé par leral.net le Mardi 6 Octobre 2015 à 14:25 | | 1 commentaire(s)|

Mariée, à l’époque, à l’ancien journaliste tchadien et correspondant de la Radio France internationale, de l’Agence France Presse, et à l’Agence américaine de presse, Mme Saleh s’est présentée, ce matin, au tribunal de Dakar devant les Chambres africaines extraordinaires pour apporter son témoignage sur la disparition de son défunt mari dont la disparition a fait couler beaucoup d’encres avec des versions diverses. Zenaba Bassou Ngolo a tenu à apporter des précisions sur la disparition de l’ancien correspondant de Rfi à N’djaména. « Mon mari a été arrêté pour la première fois en 1984 avant d’être libéré. Il écrivait sur ce qui se passait au Tchad », a expliqué Mme Saleh aux Cae avant de poursuivre : « Quand il est sorti de la prison pour la première fois, où il a fait 10 jours de détention, il m’a juste expliqué les dures conditions de vie de la prison. Je n’ai pas eu l’occasion de le rencontrer à la prison. Mais, il m’a dit qu’il a vu des gens qui ont été torturés dans sa cellule et lui aussi ».

Mme Saleh de renseigner aux Cae que son mari s’est exilé en France après sa sortie de prison en 1984. Ce n’est qu’en 1986 qu’il est revenu au Tchad sous la demande du responsable de l’Agence américaine de presse. D’ailleurs, dit-elle, c’est en ce moment qu’il a commencé à participer à des réunions secrètes avec Maldoum Bada Abas parce que mécontent du sort qui leur a été réservé. « Mon mari, Saleh Ngaba, est membre-fondateur du Mouvement du salut National du Tchad (Mosanat) qui a été créé en 1986 par les cadres civiles et militaires Hadjaraïs pour combattre Hissein Habré. Ils faisaient des réunions secrètes avec Maldoum Bada Abas. Aussi, la Direction de la documentation et de la sécurité avait-elle la liste de Hadjaraïs », explique-t-elle à la Chambre. Ne se sentant plus à l’aise et craignant pour sa sécurité, M. Saleh Ngaba a quitté N’djaména pour rejoindre sa région natale de Mongo. « Il se déguisait en paysan pour se cacher, même à Mongo. Il a fait trois mois à Mongo avant d’être arrêté suite à une dénonciation d’un de ses cousins. Il a été arrêté et transféré à N’djaména », soutient-elle.

Pour ce qui est de sa mort, les documents trouvés au niveau de la Dds annonce qu’il est mort de mauvais traitement, de dysenterie. Or, le ministre de la Communication de l’époque au Tchad et l’ambassadeur du Tchad aux Etats-Unis ont soutenu le contraire. Selon eux, « Saleh Ngaba a été arrêté pour détention d’armes et il a été tué dans la rébellion dans la région de Guéra ». Une thèse que réfute Mme Saleh selon qui son défunt mari n’a jamais touché à une arme. D’après elle, un journaliste américain, qui a eu à rencontrer le Présidant Hissein Habré pour plaider la libération de son mari, lui a dit que c’était trop tard parce qu’il était déjà mort. Mais, quand le journaliste lui a demandé de quoi il est mort, M. Habré lui a dit qu’il est mort de mauvais traitement lors de sa détention.

M. Saleh Ngaba a été adopté par Amnesty International comme prisonnier d’opinion. Ces derniers ont mené plusieurs interventions pour exiger sa libération, une demande restée sans suite.

Fara Mendy






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