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Disparue pendant 7 mois : L’aventure ambiguë de Khady Sène, fille égarée

C’est une affaire qui avait installé la psychose à Guédiawaye, dans la banlieue dakaroise, juste après le mois de Ramadan 2008. La jeune Khady Sène, 18ans, avait disparu alors qu’elle dispose de toutes ses facultés mentales. Après sept mois de fugue, d’errance et moult péripéties, Khady est rentrée à la maison, auprès de ses parents, en ce mois de mai 2009. Retour sur une histoire aussi touchante qu’insondable.


Rédigé par leral.net le Dimanche 7 Juin 2009 à 06:57 | | 1 commentaire(s)|

Disparue pendant 7 mois : L’aventure ambiguë de Khady Sène, fille égarée


« Je ne sais pas ce qui m’a poussée à m’enfuir. Je ne sais pas ce qui m’a prise ce jour-là, je ne peux vraiment pas l’expliquer. » Dans les yeux de gamine de Khady Sène, 18ans, et le trémolo hésitant de sa voix fluette, toute l’émotion d’une jeune fille qui ne parvient toujours pas à revenir de sa mésaventure floue. Rentrée enfin chez elle, au quartier Arfang Kane Sahm Notaire Guédiawaye, le vendredi 8 mai dernier, après une fugue de 7 mois, l’adolescente Khady Sène, avait disparu le 16 octobre 2008 dans des conditions mystérieuses. Derrière sa précocité physique qui laisse échapper des formes déjà généreuses, Khady Sène, fille de Adama Sène et de feue Seynabou Sow, ne comprend toujours rien à ce qui lui est arrivé. Comme si elle venait de se réveiller d’un cauchemar, la fugueuse se frotte les yeux pour mieux lire ce trouble d’un passé récent. Sa disparition est entourée de trop de zones d’ombre au moment où elle resurgit dans la maison familiale de Guédiawaye. Mysticisme ou maraboutage ? Seule Khady Sène peut répondre à cette colle. Elle se souvient : « en fait je suis tombée malade à un moment, pendant mon évasion et on m’a hospitalisée durant deux semaines à la polyclinique clinique de Dakar mais je ne pouvais guérir complètement. A la sortie de cette clinique, celle qui m’a hébergée pendant tout ce temps, Rama Sarr et son frère Dame, m’ont emmenée à Ngaye, un village du Sénégal, pour voir un marabout. Ce dernier a parlé de moi comme s’il me connaissait. Il a prononcé les prénoms et noms de mes parents. Ensuite, il m’a donné une portion à boire. Aussitôt après, j’ai vomi quelque chose de bizarre. Après, j’ai eu l’impression de retrouver mes esprits. C’est en ce moment qu’il m’a dit que j’ai été maraboutée. C’est ce jour-là que j’ai enfin donné les coordonnées de me parents. » De quoi souffrait-elle vraiment ? Comment Khady Sène avait-elle rencontré la dame Rama Sarr et son frère Dame ? Comment a-t-elle retrouvé vraiment sa famille après la prédiction du marabout ?

Encore sonnée par son histoire difficile et visiblement amnésique, le jeune Khady Sène ne semble pas pouvoir réellement répondre à toutes ces interrogations. Seule la dame Rama Sarr, qu’elle avait rencontré au lendemain de sa fugue, le vendredi 16 octobre 2008, pourrait lever un coin du voile dans cette affaire obscure. Mais, « pour des raisons personnelles », selon son frère Dame Sarr, Rama ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet. Cache-t-elle quelque chose ? En tout cas, son frère, Dame Sarr, témoin des péripéties de la fugue de Khady Sène, et qui a mené plus tard des recherches pour retrouver le domicile de la famille Sène, parle à la place de sa sœur. Il revient sur les circonstances de la rencontre entre Khady Sène et Rama Sarr. Il raconte : « Ma sœur et Khady Sène s’étaient rencontrées à l’immeuble Air France (centre ville de Dakar) et la jeune fille lui avait dit qu’elle cherchait une certaine Ndèye qui travaille dans un immeuble à Dakar. Ma sœur lui a signifié que celle dont elle parle ne travaille pas dans cet immeuble et qu’il y a d’ailleurs beaucoup d’immeuble à Dakar. Elle lui a alors demandé d’aller la chercher ailleurs. Khady est partie et revenue lui dire qu’elle n’avait pas trouvé cette Ndèye. Elle a dit alors a Rama qu’elle veut rester avec elle parce qu’elle ne savait pas où aller. Ma sœur a appelé une de ses tantes pour lui expliquer la situation qu’elle venait de rencontrer. Celle-ci lui a conseillé de l’aider. Ainsi, Rama l’a présentée aux vigiles et à tout le monde comme étant sa sœur. Elle l’a hébergée à la Médina et a cherché à savoir les vraies raisons de sa fuite mais Khady refusait de dire quoi que ce soit. De peur d’entraîner une nouvelle évasion de Khady Sène, Rama a exclu l’idée d’alerter la police et lui a cherché du travail comme domestique tout en menant des enquêtes pour avoir les coordonnées de la jeune fille. » Devenue bonne par la grâce de sa bienfaitrice, Khady Sène s’était retrouvée une fois à Tivaouane avec sa patronne pour les besoins du Gamou annuel. Cependant sa patronne ignorait que Khady avait fugué. En ce temps, des amis de la famille Sène affirmaient avoir aperçu la fille fugueuse à Tivaouane et à Louga, à l’intérieur du Sénégal. Aujourd’hui, Khady Sène affirme bien s’être rendue à Tivaouane. A cette époque, un certain El Hadj, un ancien voisin des Sène à Guédiawaye, la croise réellement dans la cité religieuse. Khady se souvient qu’El Hadj l’avait interpellée en ces mots : « hé ! Tu ne serais pas Khady ? Tes parents te cherchent partout. » La fille avait été obligée alors de mentir à son voisin pour continuer sa fugue. Elle avait juste répondu : « Si ! Je viens de rendre visite à mes parents la semaine dernière. » Pour quelles raisons avait-elle vraiment menti ? Était-elle consciente de sa fugue ? Était-elle sous menace, sous pression ou sous l’effet d’un maraboutage ? Dans son incapacité aujourd’hui à répondre encore à ces questions, la jeune fille entretient tout le mystère autour de sa disparition.

Entourée de sa famille dans leur salon de la demeure de Guédiawaye, Khady Sène, « fille sans histoire », ne parvient toujours pas à calmer l’émotion des siens après son retour de disparition. Elevée à la mort de sa maman par sa belle-mère, la dame Awa Camara, la jeune fille n’a jamais souffert d’un quelconque manque d’affection parentale. Sa belle-mère : « je n’ai jamais éprouvé autant de joie parce qu’étant sa belle-mère, ses tantes me considéraient comme la principale responsable de sa fugue. Son papa avait presque perdu tout espoir de revoir sa fille aînée. Il croyait qu’elle était morte. Il disait s’en remettre à la volonté divine qui lui a donné cet enfant et qui la lui a retirée quand il l’a voulu. »

Aujourd’hui, la pression est redescendue dans la famille Sène et la sérénité retrouvée est le fruit du retour longtemps guetté de la chouchou des lieux : Khady Sène. Décrite comme une fille à la timidité maladive et au calme olympien, personne ne pouvait croire ensuite que Khady Sène avait fugué pour de basses raisons. Codou Bodian, une voisine de la famille : « on était tous étonnés par sa disparition. Khady ne parle presque pas, elle ne bouge pas elle entretenait de bonnes relations avec ses parents. Sa belle-mère la traitait mieux que ses propres enfants ». Mais, il se dit derrière l’euphorie que Khady Sène, amoureuse d’un garçon du coin mais promise à son cousin, aurait fugué à cause du refus de son papa de la laisser convoler avec son bien-aimé. Cette énième question autour de la fugueuse de Guédiawaye reste suspens puisque la famille même n’y « accorde pas trop d’importance ». D’autant plus que le garçon en question, pendant la fugue de Khady, était encore dans le quartier avec sa famille qui déménagera bien plus tard. Khady Sène n’était donc pas enlevée par son « amant » ni partie avec ce dernier.

Le jour de sa disparition, ce fameux jeudi 16 octobre 2008, « Khady Sène est prise soudain d’un accès de paludisme ». Son papa, Adama Sène, lui conseille alors d’aller se faire consulter auprès d’un certain docteur Mbaye de la mutuelle de santé « Khalil/Bamtaré », sise à Pai, un quartier de Guédiawaye. Au premier jour, Khady s’y rend avec sa petite sœur qui était aussi souffrante. Après diagnostic, le médecin préscrit à la jeune fille une ordonnance de cinq injections qu’elle doit prendre en autant de jours. Quant à l’ordonnance de sa petite sœur, elle n’était composée que de comprimés. Ainsi, Khady avait commencé à prendre les injections. Elle avait même respecté tous ses cinq rendez-vous chez le médecin. Elle se souvient : « je me suis bien rendue chez le docteur Mbaye ce jour-là. C’est à la sortie que tout est devenu confus dans mon esprit. Je ne me souviens même pas de ce que j’ai fait. Je ne sais pas si j’ai mangé et où j’ai passé la nuit ce jeudi-là. »

Ce jeudi-là, commence vraiment son errance confuse et sa disparition à questions. Elle ne rentrera plus à la maison de Guédiawaye. Alors que son papa, 7 mois après ce souvenir douloureux, cherche encore des réponses à ses interrogations. Adama Sène, le pater : « Pourtant, c’est elle qui a préparé le petit déjeuner de enfants. Avant qu’elle n’aille voir le docteur, je lui ai remis 400 f CFA pour le ticket et la seringue. » Lors de ses sorties matinales chez le médecin, Khady avait l’habitude de rentrer à la maison au plus tard vers 10heures. Mais ce jeudi 16 octobre, 13 heures, la famille était encore sans nouvelles de sa fille. Sa belle-mère demande au jeune frère de Khady d’aller la chercher à la clinique. Mais, arrivé là-bas, on lui signifie que sa grande sœur n’était pas venue prendre la dernière injection. Constatant l’absence de leur fille jusqu’à 17 heures, les parents, inquiets et sentant le pire, se lancent à la recherche. Ils reviennent sur leurs pas et fouillent les moindres lieux où la jeune fille aurait pu se rendre. En dernier recours, ils alertent les médias, la radio et la télé pour annoncer la disparition de Khady Sène. Mais, dans leur recherche, ils n’auront aucune réponse et ne trouveront personne pour leur indiquer des traces de leur fille. Ni ses amies ni sa tante habitant les Parcelles Assainies n’ont de nouvelles de Khady. Sa belle-mère, impuissante et acculée par le regard du voisinage, fait tous les sacrifices possibles pour trouver la fille. Avec l’aide de quelques amies et voisines, la dama Awa Camara se rend finalement chez plusieurs marabouts pour démêler les fils de cette nébuleuse. Elle confesse, aujourd’hui : « j’ai vendu tous mes bijoux. J’ai consulté beaucoup de marabouts. Un d’entre eux m’a rassurée que Khady reviendra. J’ai dépensé plus de 100 000 F Cfa dans cette affaire. »

La papa, très choqué et abattu par cette affaire, avait décidé, dans son impuissance, de porter plainte contre X. Mais, pour retrouver la jeune Khady Sène, il semble bien que tous les sacrifices en valaient la peine.

Par Adama Coly

Source : Weekend Magazine Mai 2009/Galsentv.com



1.Posté par zal le 08/06/2009 02:45 | Alerter
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Bjr MR IBA DER THIAM N'OUBLIE PAS CE QUE TU AS PROMIS AUX SENEGALAIS POUR LA CHERETE DU LOYER A DAKAR S.T.P. ENCORE TIENS A TA PROMESSE.

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