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Djihad : les femmes aussi

Rédigé le Vendredi 25 Janvier 2013 à 18:57 | | 0 commentaire(s)

Elles sont françaises et viennent grossir les rangs djihadistes. Mais qui sont ces nouvelles va-t-en-guerre ? Marc Trévidic, juge au pôle antiterroriste, décrypte pour nous cet alarmant phénomène.



Djihad : les femmes aussi
Alors que sept otages français sont encore détenus au Sahel par des groupes liés à Al-Qaida, que l’assaut du site gazier d’In Amenas, en Algérie, s’est terminé en tragédie et que la France est engagée au Mali contre les forces islamistes radicales, Marc Trévidic, juge depuis 2000 au pôle antiterroriste du Tribunal de grande instance de Paris, livre dans un ouvrage choc – « Terroristes, les 7 piliers de la déraison »* – un témoignage exceptionnel. Le magistrat y analyse les tenants et les aboutissants de la planète djihadiste. Une « cause » meurtrière où les femmes, parmi les sympathisants et les activistes en France, jouent désormais un rôle concret.



ELLE. Vous révélez dans votre livre que de plus en plus de femmes sont engagées dans la « cause » djihadiste…

Marc Trévidic. C’est une nouvelle donne inquiétante. J’ai actuellement en cours presque une dizaine de dossiers visant spécifiquement des femmes pour leurs activités. Certaines sont incarcérées, d’autres placées sous contrôle judiciaire. Jusqu’ici, je m’intéressais davantage aux femmes en tant qu’épouses de djihadistes. Elles accompagnaient leur mari dans les camps d’entraînement où elles n’avaient pas un rôle actif mais celui, « traditionnel », de compagne dédiée à la cuisine et au ménage. Elles ne faisaient pas la guerre. Exceptée la Belge convertie à un islam radical Muriel Degauque, auteure d’un attentat-suicide en Irak en 2005, les femmes volontaires pour être kamikazes posaient d’énormes questions dogmatiques aux chefs terroristes et religieux radicaux. Ils ne savaient pas quoi faire avec ces candidates au djihad. C’est avec Internet que leur implication et leur rôle ont explosé.



ELLE. Quelle place occupent-elles dans les filières djihadistes ?

Marc Trévidic. Elles sont plus nombreuses que les hommes, à hauteur de 60 % contre 40 %, à animer les sites Web djihadistes. Administratrices ou modératrices, elles ont aujourd’hui un vrai rôle opérationnel quand on sait que 95 % du recrutement d’apprentis djihadistes se fait par Internet. Ces sites sont cruciaux aussi pour récolter, par messages cryptés, l’argent indispensable aux filières qui acheminent ces nouvelles recrues à l’étranger, pour s’entraîner et rejoindre ensuite les groupes islamistes radicaux sur le terrain. Ces administratrices et modératrices, qui passent leurs journées chez elles devant leur ordinateur, peuvent ainsi repérer les internautes les plus « accros » à leurs sites. Parmi eux, de plus en plus de mineurs, âgés de 16 ou 17 ans, qui, en deux ou trois mois, sont embrigadés et partent « au combat ».



ELLE. Quel est le profil de ces femmes qui « s’en vont en guerre », comme vous l’écrivez ?

Marc Trévidic. 50 % d’entre elles sont des Françaises converties qui, avant d’entrer dans l’islamisme radical, allaient danser en boîte et sortaient avec des garçons. Elles sont souvent paumées, ont des parcours déstructurés, entre ruptures familiale et sociale sur fond de précarité affective. Avec l’islam radical, qui, sur tous les sites islamistes, leur donne une réponse à la moindre question concernant le quotidien – comment se comporter avec un homme, élever des enfants, s’habiller… –, elles se sentent encadrées, sécurisées à 100 % dans le moindre de leurs actes. Elles n’ont plus d’angoisses existentielles. Je remarque surtout que les femmes que je vois dans mon cabinet ont un rapport plus passionnel avec la religion que les hommes. Et, alors que je peux communiquer avec un islamiste radical pendant un interrogatoire, c’est impossible avec une femme. Elles restent totalement arc-boutées sur leur engagement.



Editions JC Lattès.
Source:Elle.fr

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