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Documentaire « L’homme qui défia Pelé »: Ibou Ndao Diao enfin immortalisé

C’est une grande prouesse que vient d’accomplir, encore une fois, notre compatriote Mbacké Mbodji et son ami Hamady Ba. Avec à son actif la réalisation de plusieurs films-documentaires sur d’illustres personnalités maraboutiques, ce non moins brillant réalisateur audiovisuel vient de signer une nouvelle production et pas des moindres. Celle-ci est dédiée au sport, plus particulièrement à une légende du football lougatois : Ibou Ndao Diao. Ancien joueur du Ndiambour à la fois technique, habile et tactique, son talent indéniable a valu à cette équipe fanion des lettres de noblesse au Sénégal et à l'étranger.


Rédigé par leral.net le Jeudi 2 Juillet 2015 à 12:56 | | 3 commentaire(s)|

Documentaire « L’homme qui défia Pelé »: Ibou Ndao Diao enfin immortalisé
Faisant partie de la bande à Ngagne Sarr, Ibou Ndao Kébé, Boy Poulo, Fodé Cissokho, Serigne Kamara, Alpha Kane…, Ibou Ndao Diao était l’un des footballeurs les plus en vue de cette fameuse génération. Mieux, cet homme svelte était en son temps, pour reprendre les propos du défunt journaliste Serigne Ali Cissé, « l’un des meilleurs joueurs du Sénégal ». Footballeur polyvalent qui jouait à un poste selon le choix de l’entraineur, son jeu était fort apprécié. Le secret de son talent, il le révèle dans ce film, évoquant en ce sens sa relation fusionnelle avec le ballon rond. Il révèle : « Avant de prendre possession du ballon, je savais déjà ce que je devais en faire. »

UN FILM QUI VIENT A SON HEURE

La particularité de ce film sur lui, c’est qu’il a été réalisé de son vivant. Ce qui constitue ainsi une reconnaissance d’un talent « jamais récompensé » et une consécration d’une carrière très tôt débutée. Né à Louga de parents originaires de Dagana, Ibou Ndao Diaw a conquis le cœur des Lougatois et des Sénégalais en général par le football.

L’HISTOIRE DU SURNOM « NDAGA »

Le film nous dit beaucoup sur cette fierté lougatoise. Tout a commencé à l’école primaire où ses instituteurs avaient déniché ses talents de joueur et favorisaient sa participation aux compétitions scolaires. Quelques années plus tard, à l’âge 15 ans exactement, il signe sa première licence avec l’ASC Santos. C’est là-bas même que le surnom de Ndaga va lui coller à la peau. Si son nom est intimement lié à cette danse populaire sénégalaise, c’est qu’il ne cessait d’émouvoir les stades en donnant l’impression de faire danser le Ndaga à ses adversaires par la vitesse et le rythme de ses impressionnants dribles et feintes. Il aura ainsi « transformé la Samba brésilienne en Ndaga sénégalais ».

DE L’ASAC NDIAMBOUR À L’ÉQUIPE NATIONALE

Quelques années plus tard, il rejoint l’ASAC Ndiambour de Louga pour en écrire les plus belles pages de son histoire. Les souvenirs de ses belles prestations sont encore frais dans les mémoires des Lougatois, comme celle réalisée en 1972, lors de la finale D2 contre Saltigué de Rufisque, ou en 1974, durant le match ayant opposé le Ndiambour à l’ASFA. C’est d’ailleurs ce fameux match qui lui ouvrit, la même année, les portes de l’équipe nationale du Sénégal.

Véritable mage du football, il ne laissait personne indifférent. À ce titre, il confie dans une séquence du film, avoir reçu la proposition de plusieurs chefs d’État d’Afrique de venir jouer chez eux. Mais son amour viscéral pour le Ndiambour lui imposait un refus aux propositions de contrats les plus alléchantes. Même celle émanant du Racine Club de France que son père avait aussitôt rejeté. S'il a toujours refusé « d'aller de l'avant », c’est parce qu’il n’imaginait jamais au monde jouer un match contre le Ndiambour.

LE PELÉ SÉNÉGALAIS

Pour ceux qui ne le savaient pas encore, le titre du film n’est pas fortuit. Il est tiré d’une histoire très chère au brave Avant-centre du Ndiambour et dont il se remémore avec fierté. En effet, étant homme de défi, il avait repris le fameux « fantastico » de Pelé avec une perfection inégalable. Cette prouesse n'était pas le fruit du hasard. « Devant mes coéquipiers, j’avais juré la main sur le cœur que j’y arriverai », confie-t-il dans le documentaire. Mais en dehors de cela, Ibou Ndao Diao aimait « croiser le fer » avec la star brésilienne. En ce sens, à l’exemple de cette dernière, Ndaga a soutenu avoir marqué plus de mille buts. Et ce ne sont pas ses contemporains qui diront le contraire.

UNE MINE D’INFORMATIONS

Pour revenir au documentaire, il mérite d’être visionné. Ce, pour plusieurs raisons. Non seulement au vu des nombreuses informations qu’il renferme, mais aussi pour méditer sur le culte du travail bien fait qui guidait la démarche des anciens. À travers des images de qualité, on aperçoit un sexagénaire qui se souvient avec émotion de son passé footballistique couronné de succès, mais aussi d’enseignements. Soit filmé à sa maison, soit au stade Djiby Diouf (ex Watel), le grand Ibou Ndao se confie pour la postérité avec une intense émotion. À ces séquences historiques, s’ajoutent les témoignages de ses anciens collaborateurs à l’image de Yahya et de Ngagne Sarr ou plutôt du journaliste en retraite Khatary Fall, sa famille, ses amis. En fin de compte, toutes ces images permettront au téléspectateur de cerner la vraie personnalité de Ndaga, l’homme qui défia Pelé.

Mansour Gaye






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