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Dossier investigation - Le rôle du Procureur de Doha : c'est aussi la récupération de l'argent volé

Il est 22 h 30 et je suis déjà dans les bras de Morphée. Je vois dans mon rêve ces personnes défiler pour tenter d'asseoir une bonne communication de la Présidence. Après les sorties du Ministre de la justice Sidiki Kaba, le Porte parole du gouvernement Seydou Gueye, le Chargé de communication El Hadji Kassé et le Secrétaire général Latif Coulibaly, c'est au tour du Premier ministre du Sénégal Mouhamed Abdallah Dionne de se prononcer sur la libération de Karim Wade, sans oublier Aminata Touré, la conseillère spéciale de Macky Sall.


Rédigé par leral.net le Lundi 11 Juillet 2016 à 11:31 | | 6 commentaire(s)|

« La libération de Karim Wade ne cesse de bousculer la Présidence. Les images publiées ne cessent d'intriguer la Présidence… Et pourtant, il suffit d'être un peu attentif aux écrits. Jusque-là, des preuves en images ont été apportées, des questions pertinentes ont été posées. Ne vous avais-je pas demandé pourquoi le procureur de Doha était là pour le transfert ? Dit la voix de mon rêve.

Réveillée, je me douche, je prends mon petit déjeuner et je sors pour acheter quelques journaux, un verre de café Touba à la main. Je feuillette rapidement les journaux et je tombe sur la déclaration du Premier ministre.

« L' Émir du Qatar, tient à préciser Mohammed Dionne, n'aura joué qu'un rôle unique : celui de demandeur de grâce au profit de l'un des condamnés. »

Qui a été gracié jusque-là? Karim Wade. Il a été libéré le soir du 24 juin et a embarqué avec le Procureur du Qatar.

Depuis quelques jours , est venu pour certains, le temps des hallucinations et des rêveries, photo d'une autre époque à l'appui, pour imprimer dans le subconscient de nos compatriotes , l'idée de manipulation, » souligne-t-il toujours.

A quelle époque remonte alors ces images ? Que le gouvernement ressorte ces images là, articles et preuves à l'appui, pour re-contextualiser les photos. De mon coté, je recontacte mes correspondants au Qatar pour leur faire part de la déclaration du Premier ministre :
« Ils disent que vos photos datent d'une autre époque. Pouvez-vous me faxer des exemplaires de vos journaux ? »

Le correspondant qatari : « Je ne comprends pas cette déclaration. Le Premier ministre ne peut pas démentir la majorité les médias qataris. Ici, la population est au courant et je ne vois pas ce qui gène dans cette histoire. Il s'agit, comme vous l'avez écrit, des questions juridiques et judiciaires, la lutte contre la corruption. Je vous faxe les articles et je vous reviens pour vous expliquer le rôle du Procureur de Doha, un rôle salué pourtant par tous ici. Je vous le renvoie mais cette fois-ci en langue arabe. Le Premier ministre ne peut pas démentir ces informations et ne peut poursuivre le Qatar.

Canalfrance avait écrit que le 21 février 2016, Sidiki Kaba s'est rendu au Qatar pour discuter sur un certain nombre de questions d’intérêt commun et de coopération dans le domaine juridique et judiciaire. Abdou Latif Coulibaly a apporté des précisions en soulignant qu'il s'y est rendu il y a un an et demi, c'est à dire en 2015, alors que c'était le 21 février 2016. Aujourd'hui, le Premier ministre confirme la date en reconnaissant que le Centre sur l’État de droit en Afrique a été le sujet de leur entrevue. Le Premier ministre dit vrai lorsqu'il parle du futur Centre sur l’État de droit en Afrique. Il confirme nos écrits et les écrits des qataris. Encore faut-il savoir ce qu'est un État de droit en Afrique et connaître le véritable rôle du Procureur dans la lutte contre la corruption pour instaurer la bonne gouvernance. Dans mon précédant article qui date du 2 juillet 2016, j'ai évoqué qu'il était nécessaire d'expliquer aux sénégalais ces termes : État de droit, corruption, coopération dans le domaine juridique et judiciaire, la lutte contre la corruption pour instaurer la bonne gouvernance.

Et comme par hasard, après les écrits...

Aminata Touré déclare ce lundi 4 : « La bonne gouvernance, un élément incontournable de la politique du Président Sall. »

"Le Sénégal a fait des pas importants dans la lutte contre la corruption, avec l’OFNAC (Office national de lutte contre la fraude et la corruption) qui fait un travail remarquable dans ce sens", a soutenu Mme Touré.

Vite, les avocats de l’État parlent eux aussi de la bonne gouvernance :
« Les avocats rappellent qu'ils ont reçu pour instruction d'entreprendre toutes les démarches judiciaires au Sénégal et dans l'ensemble des pays concernés, pour obtenir une saisie et recouvrement des sommes dues par Monsieur Karim Wade et ses complices.

Enfin, les avocats soussignés, réitèrent leur engagement à assister l’État du Sénégal dans la lutte contre la corruption et l'impunité, et dans le renforcement de la bonne gouvernance, » passages publiés par un site sénégalais.

Encore faut-il expliquer aux sénégalais ce qu'est la lutte contre la corruption pour comprendre la présence du Procureur de Doha...

Je me rappelle de mon rêve prémonitoire, qui jusque-là me donne raison :
« N'oubliez pas que légalement, Karim Wade est libérable donc la loi le permet, mais comme je vous ai dit, l'épée de Damoclès reste contrainte par corps. Il paie la dette sinon il peut retourner en prison demain par le seul bon vouloir du créancier, c'est à dire l’État. Il aura payé sa dette et aux yeux des sénégalais, il sera considéré comme un sauveur avec ses grands projets à coup de milliards. Pour le moment, il ne fera pas de la politique mais du social. Il va sans doute préparer le terrain pour ensuite mieux rebondir, Dit la voix de mon rêve. Réveillez-vous et expliquez aux sénégalais ce qu'est un État de droit. Dites-leur qui est exactement le Procureur du Qatar et ce qu'il a réalisé au nom de la bonne gouvernance. Dites-leur quel est le rôle du PNUD. Ainsi, apporteront-ils enfin des réponses claires à vos questions ? "

Quel est alors le rôle du PNUD ?

Une source du PNUD m'explique et me donne un document :

Depuis 1997, le PNUD met en œuvre des programmes de redevabilité, de transparence et d’intégrité (RTI) dans le cadre de ses interventions visant à renforcer la gouvernance démocratique, le premier de ces programmes étant le Programme sur la redevabilité et la transparence (Programme for Accountability and Transparency - PACT). Le document de politique du PNUD intitulé Fighting Corruption to Improve Governance [La lutte contre la corruption pour l’amélioration de la gouvernance] (1998) a souligné l’importance de la prise en compte de la corruption en tant que phénomène de développement, mais sans préciser comment l’on peut élaborer des mesures spécifiques en faveur de la RTI et contre la corruption et les intégrer de manière efficace dans les programmes de développement.

Dans Fighting Corruption to Improve Governance, l’impartialité de l’organisation, ses partenariats et l’importance qu’elle attache à la gouvernance sont mis en évidence en tant que composantes de la valeur ajoutée de sa contribution dans le domaine de la lutte contre la corruption. C’est toujours là que réside notre principal avantage comparatif. La présente note de pratique bâtit sur la capacité du PNUD à favoriser le partage de connaissances et d’idées novatrices et à instaurer la confiance, ce qui lui permet de mieux aider les gouvernements à définir et à appliquer des politiques appropriées grâce à un dialogue ouvert et participatif entre les principales parties prenantes. Elle tire également parti des initiatives d’amélioration de la gouvernance et de réduction de la pauvreté qui ont permis d’établir les conditions requises pour concevoir et mettre en œuvre une approche globale intégrée.

Qui est exactement le Procureur de Doha,
Ali Bin Marri ?


Al Bin Fetais Al Marri est de nationalité qatarie. Diplômé de la Sorbonne, il parle aussi bien le français, l’arabe que l’anglais. Nommé procureur général de l’État du Qatar.

Il est aujourd'hui le Président de l'Association internationale des Autorités anti-corruption. Dans l'émission « Sans frontières » du 23 mars 2016, le Procureur Al Marri a déclaré que l'Organisation des Nations Unies fournit une assistance technique pour aider les pays dans la lutte contre la corruption,particulièrement à aider les pays arabes dans la formation des juges, des procureurs et autres.

La formation des juges, des procureurs et autres…

Il me semble avoir lu ce passage quelque part…

Oui ! Le journal Quotidien de Madiambal Diagne ! Mieux! Les informations données par Madiambal Diagne émanait du communiqué du Ministère de la justice du 21 février 2016!

Toujours dans cette émission, Il a fait savoir que l'Organisation internationale se base sur deux fichiers pour lutter contre la corruption: la récupération de l'argent volé et l'élaboration de stratégies.

Le Procureur a joué un rôle important dans la récupération des avoirs : 28,8 millions de dollars du Liban vers la Tunisie.

Il a déjà officié comme avocat régional spécial de l'ONUDC sur le recouvrement des avoirs en 2012. Tout au long de sa nomination, M. Al Marri a été un ardent défenseur de recouvrement des avoirs dans le Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA). Il a joué un rôle important dans la récupération de 28,8 millions de dollars du Liban vers la Tunisie. Son travail de sensibilisation à l'échelle régionale et internationale a conduit également à la sensibilisation et formation de partenariats aux niveaux politiques les plus élevés, y compris au sein du G8 et de la Ligue des États Arabes, pour la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC). La CNUCC est le premier instrument de lutte contre la corruption mondial juridiquement contraignant. Il oblige les États à prévenir et à incriminer la corruption, de promouvoir la coopération internationale, à récupérer les avoirs volés et à améliorer l'assistance technique et l'échange d'informations.

Le procureur peut donc récupérer légalement les avoirs d'un État, le PNUD peut donc apporter légalement de l'aide aux gouvernements…ce même PNUD lutte contre la pauvreté au Sénégal et permettra la réalisation de 829.000km de pistes rurales, 730 forages et châteaux d’eau, en plus des volets électrification et équipements ruraux. Action noble pour le développement du Sénégal, non ?

La voix de mon rêve me révélait :
" Comment le Procureur compte-t-il donc procéder pour la lutte contre la corruption en Afrique, notamment au Sénégal ? Karim Wade est actuellement au Qatar. Il fera du social pour le moment, une manière de rembourser sa dette. Les avocats de l'Etat ont reçu pour instruction d'entreprendre toutes les démarches judiciaires au Sénégal et dans l'ensemble des pays concernés, pour obtenir une saisie et recouvrement des sommes dues par Monsieur Karim Wade et ses complices. Le Procureur du Qatar est spécialisé dans le recouvrement des avoirs...Voilà un pays qui pourra donc aider le Sénégal à récupérer la somme, avec les conseils du PNUD.

Ma plume n'écrit pas en faveur d'Idrissa Seck, elle n'accuse pas mais relate des faits...

Ma plume n'évoque nullement un protocole de Reubeuss, elle évoque des faits, elle parle d'une convention signée entre Sidiki Kaba et le Procureur de Doha... au menu, la primauté de l'État de droit.


Aujourd'hui, ils continuent tous à répondre aux questions via des journalistes de renom.

Ceci est mon dernier article. Cependant je reviendrai sur d'autres dossiers pour le bien du Sénégal. Ma plume n'accusera personne mais relatera des faits.

Rocky Goudiaby de Canalfrance.info

Thierno Malick Ndiaye
(Stagiaire)






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