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Drame du Népal : à Chamonix, les montagnards endeuillés

le 24 Septembre 2012 à 12:40 | Lu 282 fois

Après le drame qui tué quatre Français, des noms connus de tous ont circulé. Chacun espére un miracle.


Drame du Népal : à Chamonix, les montagnards endeuillés
La nouvelle du drame au Népal est venu jeter un voile noir sur Chamonix, déjà assombrie par un linceul de pluie depuis lundi. Quatre alpinistes français originaires de la vallée sont morts et deux ont disparu, après une avalanche au mont Manaslu (8.156 mètres), dans l'Himalaya. Trois autres Français blessés «ont été évacués par hélicoptère dans un hôpital de Katmandou, accompagnés par le consulat de France», a précisé le Quai d'Orsay sans confirmer les noms des rescapés, des disparus ou des défunts.

À Chamonix, la communauté montagnarde est endeuillée. Si des noms connus de tous ont circulé, chacun veut espérer un miracle: une erreur d'identification. «Bien sûr que je les connaissais, tout le monde les connaissait ici, témoigne Erik, guide à Chamonix. On est tous concernés». La municipalité, qui tentait lundi matin d'afiner les identités des victimes avec les autorités diplomatiques, en savaient trop peu pour organiser déjà quelque cérémonie que ce soit. «Nous leur rendrons hommage bien sûr, mais pas avnat la fin de semaine», a dit un fonctionnaire au cabinet du maire de Chamonix.

De son côté, le père Vigliano, curé de Saint-Bernard du Mont-Blanc, assurait ne pas vouloir «devancer les familles dans leur chagrin». «Nous n'avons pas prévu de messe à cette heure, dit-il, mais nous prions pour les victimes et leur famille», ravies à l'existence par la «montagne de l'esprit

«Déluge de neige»
Survenu dans la nuit de dimanche au camp de base n°3, avant-dernière étape avant le sommet, à 6800 m d'altitude, le drame aurait fait au moins neuf morts et sept disparus. Les victimes faisaient partie d'un groupe de 25 à 30 alpinistes. Les circonstances de cette tragédie demeurent encore floues. Si beaucoup de témoins parlent d'un «déluge de neige» s'abattant sur le camp, personne ne sait pour l'heure encore si les séracs (blocs de glace)placés juste au-dessus du camp et très visibles sur les photos satellite, sont la cause de ce qui est décrit comme une avalanche.

L'encadrement ne serait pas remis en cause
«Les séracs ont des localisations connues, ils se décrochent en fonction de leur propre densité de glace, selon la vitesse de déplacement du glacier, environ tous les 15 jours-3 semaines pour ce qui concerne l'Everest, explique Pierre qui en a fait l'ascension en 2001. La neige peut les masquer, surtout en période de moussons humides, qui touche actuellement à sa fin, et tomber en avalanche lorsqu'ils se décrochent, mais cela n'a rien à voir avec les conditions météo».

Dans cette hypothèse qui reste à vérifier, l'encadrement et l'organisation de l'expédition, qui a connaissance des données climatiques mais ne peut anticiper l'aléa d'une chute de sérac, ne serait pas remise en cause. Seule interrogation: «pourquoi situer un camp de base sous ces barres de glace menaçantes?», se questionne cet habitué des sommets. La configuration des lieux peut parfois contraindre à établir un camp dans un endroit qui n'est pas idéal, un choix de moindre mal», explique un guide de haute montagne de Chamonix.


Par Delphine de Mallevoüe