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Droit de vote des étrangers : l'UMP met la pression sur le PS

le 24 Avril 2012 à 18:53 | Lu 455 fois

Droit de vote des étrangers : l'UMP met la pression sur le PS
"Le Parti socialiste est pour le droit de vote des étrangers." C'est ce que répètent en boucle les partisans de Nicolas Sarkozy depuis l'annonce des résultats du premier tour de la présidentielle, dimanche soir. Objectif : convaincre les Français qui ont choisi Marine Le Pen le 22 avril qu'ils ne doivent pas voter pour François Hollande au second tour.

L'argument peut avoir un certain effet. S'il dispose d'arguments pour attirer des électeurs frontistes du premier tour, le candidat PS risque toutefois de limiter les reports potentiels en promettant, comme François Mitterrand en 1981, le droit de vote des étrangers non communautaires aux municipales. Le Sénat, désormais à majorité socialiste, avait adopté une proposition de loi dans ce sens le 8 décembre 2011, à l'issue d'un débat houleux.

Invité sur France 2 mardi 24 avril, Nicolas Sarkozy a souligné "un risque communautariste" dans cette proposition, qui figure dans le programme de François Hollande. Le président-candidat a d'ailleurs affirmé qu'il n'avait "jamais fait ou voulu" mettre en place une telle mesure, avant d'admettre qu'il y avait été favorable "il y a quinze ans" quand "les risques communautaristes n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui".
En octobre 2005, juste avant les émeutes dans de nombreuses banlieues françaises, celui qui était alors ministre de l'intérieur se disait en effet favorable "à titre personnel" à cette mesure.

Ségolène Royal, qui appelait dimanche soir à "s'adresser" aux électeurs FN et à "les comprendre", a sans doute cherché à contrer cette attaque en assurant, lundi soir, que le droit de vote des étrangers n'avait "jamais été la priorité" du PS.

Dans la foulée, le député (PS, Saône-et-Loire) Arnaud Montebourg, interrogé sur France 2 sur cette réserve émise par l'ancienne candidate à la présidentielle, a "confirmé" que le droit de vote des étrangers aux municipales était toujours au programme de M. Hollande.
"Ce sont des personnes qui sont des résidents réguliers sur le territoire, qui payent des impôts, qui, quand ils travaillent, cotisent aux caisses sociales ; ils doivent participer à la vie locale et en ce qui nous concerne, c'est dans le programme de François Hollande", a-t-il fait valoir.

M. Holande a finalement mis les choses au clair, en affirmant, mardi en début d'après-midi, que le droit de vote des étrangers, annoncé entre août 2012 et juin 2013 dans "l'agenda du changement", sera fait "dans le quinquennat", comme l'ensemble des 60 engagements de son programme.

L'UMP n'a pas manqué de s'engouffrer dans la brèche. Le secrétaire national du parti, Bruno Beschizza, a relevé mardi que "les responsables socialistes tiennent différents discours" sur le droit de vote des étrangers "selon l'interlocuteur qu'ils ont en face d'eux" et estimé que "les masques doivent tomber".

SOURCE:Lemonde.fr