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Durée de mandat de Niass : Ces « paroles élégantes » qui pourtant manquent d’élégance


Rédigé par leral.net le Vendredi 21 Novembre 2014 à 05:00 | | 2 commentaire(s)|

Durée de mandat de Niass : Ces « paroles élégantes » qui pourtant manquent d’élégance
Depuis quelques temps une sorte d’ébullition semble saisir le paysage politique sénégalais sur la « question-prétexte » du prolongement de la durée du mandat du Président de l’Assemblée Nationale. Si les partisans de l’actuel Président du pouvoir législatif semblent vouloir une sorte de caution de préséance durable sur les cinq ans, d’autres comme ceux du parti Rewmi veulent saisir une occasion pour mettre l’APR dans une position de rupture avec les alliés.

Le peuple a sans doute compris la strategie de la zizanie tous azimuts d’un Idy classé 5ème lors de la dernière présidentielle de 2012 avec 7,86% et qui veut coûte que coûte exister même virtuellement pour créer une sorte de duel avec le Président Macky Sall. Il n’a pas oublié, Idy que le Président Macky Sall avait eu au premier tour plus de trois fois plus de suffrages que lui. Il le sait et s’empresse d’user de tous les artifices pour exister médiatiquement. Il aura les projecteurs des medias friands de scoop, mais ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il récoltera aussi la révulsion d’un peuple qui, depuis le 23 juin sait distinguer la mauvaise de la bonne foi.

J’avais écrit dans mon dernier article sur le cet homme qu’il pourrait aller jusqu’à s’inscrire sous peu certainement dans une strategie de défense d’un PDS qu’il croit fruit mur sans propriétaire à prendre. Je ne serais pas surpris demain que dans son OPA (offre publique d’achat) sur le parti PDS, il s’érige sans pudeur en défenseur en première ligne des pilleurs de la république.

L’attitude d’Idrissa ne me surprend pas. C’est celle de l’AFP de Niass et Gakou qui est bizarre.

Voici un parti dont le leader avait eu un peu plus de 13% des suffrages au premier tour avec une coalition large des ténors comme la LD et le PIT. Voila un parti qui a eu après les législatives le soutien en haut lieu de l’APR pour installer son leader au perchoir de l’Assemblée Nationale en toute sérénité et qui aujourd’hui fait du bruit (boulimie ou calcul ?) pour installer une sorte de chantage sur la question du prolongement de la mandature du Président de l’institution parlementaire.

Ce qui est inélégant, c’est que l’AFP demande cette caution de numéro 2 de la République pour Niass après avoir installé le numéro 2 de son propre parti Malick Gakou dans une logique d’opposition de fait avec un ancrage en marche en espèces sonnantes et trébuchantes dans Guediawaye, véritable bastion électorale. N’oublions pas que la réalité de la présidentielle de 2012 avait donné au premier tour le Président Macky devant en banlieue avec 32,70 à Pikine et 29,30 à Guediawaye contre 14,15 et 18,06 pour le candidat de l’AFP.

En somme, l’AFP de façon froide joue sur les deux registres avec un Niass au pouvoir et un Gakou dans l’opposition de fait qui a claqué les portes du gouvernement à la sauvette sans aucune élégance républicaine et qui, au milieu des Bakks de la lutte avec frappe lance sa strategie. Il en a le droit. L’APR aussi a le droit de mener la sienne.

Le débat actuel sur le manteau de Niass a et n’a que des fins de calcul politique de la part d’un parti qui n’a pas mis tous ses œufs dans le panier Benno Bokk Yaakaar. On met Niass dans le pouvoir et Gakou dans la liberté de ton d’une opposition da fait à l’horizon 2017.

Aujourd’hui, demander à l’APR de donner un cheque à blanc à Niass pour cinq ans inamovibles comme numéro 2 de la République, c’est prendre les militants du parti pour une bande d’illettrés politiques.

Mais la demande de l’AFP et de Rewmi vise autre chose. Elle vise aussi une sorte de zizanie consistant à vouloir faire passer l’APR pour ce qu’elle n’est pas. En vérité l’AFP veut profiter de cette surenchère inélégante pour mieux se positionner dans la perspective des locales de 2014. Ce parti qui avait profité des locales de 2009 pour faire nommer comme maires et PCR beaucoup de ses responsables au grand détriment de ses alliés de Benno Siggil Sénégal, veut rejouer le même tempo. Elle sait l’AFP que le renouvellement du mandat de Niass Président de l’Assemblée Nationale n’est pas en question. En demandant une garantie sur cinq ans, c’est comme enfoncer une porte ouverte au moment où le débat sur les institutions conduit par le Président Mbow va ratisser large pour bâtir des textes qui ne seront pas taillés à la mesure des conjonctions du moment.

Et le PS dans tout cela ?

Le PS, quoique plus discret envoie de temps en temps des seconds couteaux pour tirer sur le régime afin de baliser le chemin à un futur leader. Tanor ayant dit qu’il ne se représenterait plus à la présidentielle de 2017. Lors des prochaines locales, le PS essaiera sans doute de jouer sa propre musique pour ne pas perdre la manne électorale surfaite des locales de 2009 durant lesquelles ce parti boulimique avait joué un sale tour à ses alliés en prenant l’essentiel des communes. Contrôlant la mairie de la Capitale, le PS acceptera difficilement la réalité de la présidentielle de 2012, qui avait vu Macky classé premier au premier tour avec 24,67%, devant Wade, Ensuite Niass et enfin le candidat du PS avec 13,12%.

Certes une élection locale est différente de la Présidentielle, mais vouloir ignorer le poids de l’APR classée première à Dakar, c’est regarder la réalité en l’ignorant. L’APR a juste besoin de tout de suite régler la question du leadership crédible et unitaire à Dakar pour rester majoritaire avec des citoyens qu’il faut convaincre.
En vérité au nom d’une real-politique en vue d’ici 2017, les trois principaux partenaires de la coalition Benno Book Yaakaar ne suivront pas aveuglément la dynamique de succès du Président Macky Sall. Ils essaieront d’être au rendez-vous des succès en restant absents en cas d’échec ou d’insuffisance.

Il appartient aux cadres et militants de l’APR de répondre avec intelligence à cette nouvelle forme d’opposition insidieuse. Nous devons répondre à cela et à ceux-là sans verser dans une forme d’arrogance de premier degré qui se bornerait à des réactions épidermiques souvent insultantes sans expliquer au peuple le jeu et l’enjeu véritables.

En vérité, c’est cela que cherchent cette nouvelle forme d’opposition : nous faire passer pour des arrogants, des ingrats alors que c’est leur démarche à eux qui est malvenue parce que guidée par un simple désir crypto personnel de casting loin de la sérénité nécessaire au développement national.

Nous devons, nous militants de l’APR rester fermes sur la ligne de la rupture d’avec la politique politicienne sans entrer dans le jeu que veulent nous faire faire cette nouvelle forme d’opposition.

Nous devons aussi régler les questions de leaderships crédibles et consensuels au niveau local pour franchir avec une nouvelle alliance stratégique, l’étape des élections de 2014 qui font jaser les partisans de la surenchère qui, en réalité pèsent moins, largement moins que leurs prétentions démesurées.

Nous devons travailler à une nouvelle majorité orientée vers les citoyens largement plus représentatifs que les politiques. Travailler veut dire agir et non passer tout le temps à la polémique. Agir veut dire aller vers des forums citoyens pour les vrais débats et initiatives de développement largement plus essentiels que le perchoir d’un Président de l’Assemblée Nationale installée avec élégance par les députés de la majorité dont ceux de l’APR.

Je termine avec ces paroles du sage chinois Lao Tseu « Les mots de vérité manquent souvent d’élégance. Les paroles élégantes sont rarement vérités. ».

Et Dieu sait qu’il y en aura encore et encore des paroles élégantes cachant des buts pas forcément véridiques.


Par Mamadou NDIONE
Cadre APR
Economiste, Ecrivain,
Spécialiste des questions portuaires et logistiques
Mandione15@gmail.com






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