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EDITO- Le Satala* de Thione Balago Seck (par Karfa S. Diallo)


Rédigé par leral.net le Lundi 15 Février 2016 à 08:00 | | 6 commentaire(s)|

SENENEWS- Bye Bye, larmes et pleurs. Victoire provisoire pour les aficionados du chanteur.

Hanté devant le visage défait par d’abondantes larmes d’une femme, faisant le pied de grue devant la prison de Rebeuss, attendant la star de la musique mise sous mandat de dépôt par la justice sénégalaise, je comptais les jours.

J’attendais comme de nombreux sénégalais le jour où la justice sénégalaise plierait devant les pressions de toutes sortes que n’ont cessé d’exercer leaders, hommes politiques et stars.

Après 10 mois de prison, la star de la musique sénégalaise rentre donc chez lui. Au bénéfice d’une liberté provisoire dont beaucoup de sénégalais doutent.

Incapable de cette discrétion qui fait la noblesse des hommes humbles et modestes, c’est dans une imposante et rutilante voiture 4/4, à la blancheur immaculée et vierge, qu’apparait un homme visiblement pas assagi par le cachot.

Accueilli par une foule surexcitée aux cris de « Alhamdoulilah » (gloire à Dieu) mais visiblement soucieux des pratiques animistes africaines, on le voit sortir du bolide avec un acte anthropologique lourd de significations.

Tenant à la main un Satala* argenté bouché par un tissu blanc, il le fait passer devant lui, avant de le suivre et de se faufiler dans son domicile dakarois, tête basse mais sourire aux lèvres, conscient du regard bienveillant et protecteur des mânes.

Élargi provisoirement d’une prison où il fut mis en dépôt depuis le 27 mai 2015 pour blanchiment de capitaux après la découverte, sous son oreiller, de billets de banque équivalents à plusieurs millions de dollars qu’il a prétendu avoir reçu comme avance sur une prochaine tournée européenne.

Abusant de la pensée magique sénégalaise, il a d’abord soutenu avoir été victime d’un « ensorcellement » avant que ses avocats ne lui conseillent prudemment d’adopter une ligne de défense reposant sur l’escroquerie dont il aurait été victime de la part de faussaires dont nombre sont gambiens.

Pendant les longs mois de son incarcération, une certaine élite sénégalaise n’aura de cesse de lui rendre visite, de le chanter lors de concerts, de regretter un emprisonnement injuste, de craindre pour sa vie en raison de ses « problèmes de santé » et de supplier le président Macky Sall d’user de son pouvoir pour élargir un des plus grands musiciens sénégalais. Convaincue qu’à l’exception des fils de président, la place des stars n’est pas en prison!

Nul doute que le dérapage récent de son fils, la star Waly Seck, soit une conséquence de la perte de repères qu’il subit depuis que son paternel cotoie les ombres. Versant une larme lors d’une interview, il ira jusqu’à confesser, sur le plateau du Grand Rendez-Vous, que son père lui « manque ».

Et bien sûr, le juge sénégalais, soucieux de l’unité familiale des Seck, décidera de sa liberté provisoire, en attendant un hypothétique procès. Comme pour le marabout Béthio Thioune qui ne manquera pas de lui conseiller de mettre à profit cette liberté retrouvée en multipliant les apparitions et manifestations pour engranger le maximum de chances de reconversion.

Si l’on en juge par l’exemple de Luc Nicolaï, il n’est pas sûr que cela soit si, profitable.

A bon entendeur…

KSD SENENEWS.com

*Bouilloire ou théière






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