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ELH IDRISSA FALL, DIT ELOU, EX-CLAVISTE D'OMAR PENE «Pourquoi j'ai claqué la porte du Super Diamono»

Ne dites plus l'excellent claviste du Super Diamono, mais plutôt le musicien de... Dieu. Elh Idrissa Fall plus connu sous le sobriquet de Elou a décidé de mettre une croix sur le show-biz. Après vingt ans passés dans le milieu. Le 24 février dernier, Elou a claqué la porte du Super Diamono. Non parce qu'il est frustré comme d'aucuns vou draient le faire croire, mais juste parce qu'il veut se consacrer à Dieu. Autour du damier avec les notables et disquettes de Grand Place, le fils de l'ancien chanteur du Xalam, Mbaye Fall poignardé à mort par un petit-fils de Lat Dior en 1975 alors qu'il savourait son succès, revient sur son nouveaux choix. Celui que certains pren nent pour un «fou» justifie son virage mystique. Ce qui l'a poussé à dire adieu à la musique tout en jurant que même Michael Jackson ne peut lui faire changer d'avis. Plus loin avec le désormais talen tueux claviste qui fit les beaux jours d'orchestres comme le Setsima group, Jolof band... Elou s'épanche sur son expérience au Super Diamono, ses rapports avec Omar Pène... Non sans démentir les propos selon lesquels l'épouse du lead vocal du Super Diarriono, Bana Ndiaye gère le mythique groupe.


Rédigé par leral.net le Mardi 14 Avril 2009 à 03:07 | | 1 commentaire(s)|

ELH IDRISSA FALL, DIT ELOU, EX-CLAVISTE D'OMAR PENE «Pourquoi j'ai claqué la porte du Super Diamono»
Walf Grand -Place : Vous aviez 5 ans lorsque votre père, musi­cien de renom du Sahel puis de xalam, fut poignardé à mort en 1975 par un petit-fils de Lat Dior suite à une vive altercation. Quel souvenir gardez-vous de cette tragédie ?

Elou Fall : C'est vrai que mon papa a été rappelé à Dieu dans des conditions tragiques. J'avoue que je ne savais pas grand-chose de ce qui s'était passé à 1'époque. Je n'avais que cinq ans. Et tout ce que je retiens de cette histoire, et qui me revient souvent, c'est le jour où les policiers ont débarqué chez nous à Dieuppeul III pour faire une reconstitution des faits. J'ai été intimidé par leur présence, les questions qu'ils posaient aux gens. Un jour même, j'ai dit à ma maman que je me souvenais du jour de l'assassinat de mon papa. Elle m'a rectifié en me disant que ce n'était pas ce jour-là qu'on l'avait poignardé. Mais c'était celui de la reconstitution des faits.

Peut-on alors dire que vous ne gardez aucun souvenir de votre défunt père?

Ah si ! Je garde des souvenirs de lui. Vous savez l'enfant n'oublie jamais. Je me rappelle, on partait ensemble au building Maginot. Un jour, on a même été bloqué dans l'ascenseur. Aussi, quand il partait au boulot, il me déposait chez une tante. (Silencieux) je vais m'en arrêter là... Son suc cès de l'époque, je n'en savais pas grand-chose. Mais, j'avoue que j'ai eu une mère courageuse qui nous a très bien élevés, mon frère, ma soeur et moi. Le seul jour où je me souviens avoir pensé que j'étais orphelin de père, c'était le jour où ma maman m'avait battu. J'ai dit haut que je regrettais mon papa. J'étais un terrible enfant. Et c'est depuis ce jour qu'elle a arrêté de me battre.

En grandissant, est-ce que vous avez une fois eu l'idée de ven ger votre papa ou de tenter de rétablir la justice?

Non! Cette idée ne m a jamais effleuré l'esprit. Pour vous dire, celui qui l'a tué, je l'ai rencontré un jour à un arrêt de bus sur l'avenue Sarraut. C'était vers les années 86. J'étais au lycée Van Vo. Comme je le connaissais, je l'ai reconnu. A l'époque déjà, il avait vieilli. Bien après l'assassinat; j'ai appris à son enfant à jouer à la guitare. J'attendais la ligne 3 pour rentrer à la maison, son pneu s'est crevé devant moi. Je l'ai aidé à le chan ger. Avant de prendre congé de lui, j'ai tenté de savoir s'il me recon naissait. Lorsque je lui ai dit: «est- ce que vous savez qui je suis ? », il m'a répondu que non. Je ne lui ai rien dit. Et je suis parti.

Pourquoi vous ne lui avez pas dit que vous êtes le fils de l'homme qu'il a tué en 1975 ?

Parce que je ne lui voulais pas de mal. Je ne suis pas du genre ran cunier. Il est certes l'assassin de mon père, mais j'ai estimé qu'il a regretté son acte. Je rappelle qu'il n'a pas fait la prison parce que ma maman avait dit que son empri sonnement ne ferait pas revenir notre père à la vie. Je ne veux pas m'épancher là-dessus. Ce n'est pas facile.

Quels sont vos rapports avec les anciens amis de votre papa comme Cheikh Tidiane Tall, Idrissa Diop ?

On a de bons rapports parce que Dieu a recommandé aux orphelins de perpétuer le legs de leurs parents surtout de rendre visite à leurs intimes: Cheikh Tidiane Tall, je lui ai rendu visite à Paris. Idem pour l’ancien manager du Xalam 2, Tanor Dieng dont un des enfants porte le prénom de mon père. Idrissa Diop, lorsqu'il vient à Dakar, on se voit.

C'est dans votre objectif de perpétuer le legs de votre papa que vous êtes entré dans la musique ?

En partie. La musique, c'est un destin. En 1983, j'étais élève à Ziguinchor parce que, pour me contraindre à abandonner la musique, ma maman m’a amené dans le Sud. Ce qui n'y fit rien. En 1984, mes amis et moi avons créé notre groupe qui s'appelait Xibaar. En 1989, j'ai commencé à jouer au clavier. Un jour, je suis parti voir un ami de mon père, l'artiste Joe Ouakam à qui j'ai dit que je voulais faire de la musique. Il m'a offert 70.000 francs. je suis parti acheter un clavier au marché Sandaga. Pour vous dire que je n'ai pas appris la musique. C'est peut-être un don. Et c'est cet instrument qui a déclenché ma carrière.

Et que faisait Joe Ouakam à l'époque ?

Comme il fait toujours. Voyer le aller et venir, vous ne le com prendrez jamais. C'est dommage que les Sénégalais méconnaissent la valeur de Joe Ouakam.

Après le groupe Xibaar, qu'avez-vous fait ?

J'ai joué avec beaucoup d'ar tistes comme Manel Diop, Dial Mbaye. C'est cette dernière qui m'a amené, pour la première fois, en tournée nationale de 30 jours. Une tournée mouvementée au cours de laquelle je ne suis rentré qu'avec 1.500 francs dans les poches. On a été, jusqu'en Gambie. On avait trois zones, Sokone, Toubacouta et Kaolack. À la fin de notre durée légale de séjour, l'aventurier de manager nous a demandé de pro­longer jusqu'en Gambie. On était obligé de jouer pour gagner de quoi manger le lendemain. Une tournée trop dure, mais pleine d'expériences quand même. J'ai fait beaucoup de formations comme celles de Manel Diop, Zale Seck, Fallou Dieng du temps de Brigadier avec le fameux Diapason de la Rts 1, Alioune Mbaye Nder, Viviane avec le show. Vous savez les musiciens sont des prestataires de services.

Lequel d'entre eux vous a le plus marqué?

Je dirais Nder etViviane. Pour le premier, c'était un ami. D'ailleurs, il fut un temps où les autres musi ciens croyaient que j'étais mieux payé qu'eux. En revanche, chez Viviane, j'ai commencé à appren dre le professionnalisme avec un manager comme Bouba Ndour.

Parlons maintenant du Super Diamono. Comment y êtes vous entré ?

C'était en 2003. Le manager Ousmane Faye est venu chez moi me dire que Diamono était en stu dio et qu'il avait besoin d'un coup de main. J'ai accepté le contrat des trois morceaux. Après, le staff m'a redemandé de terminer la cassette. C’est comme ça qu'ils m'ont sollicité pour intégrer le groupe. Ma première production avec Omar Pène fut Diadieuf. J'y ai passé six fructueuses années au cours desquelles j'ai acquis de l'expérience pour avoir côtoyé de grands musiciens qui font partie de ceux qui ont écrit les lettres de noblesse de la musique sénégalaise comme Pape Dembel Diop, Doudou Konaré, Lapa Diagne. J'ai beaucoup appris au Super Diamono. C'était vraiment bien. Je garde en souvenir la bonne ambiance qui y règne. Je ne me suis jamais disputé avec qui que ce soit. D'ailleurs, je faisais tout pour rassembler deux personnes qui avaient un quelconque différend.

Si tout était rose comme vous dites, pourquoi avoir alors claqué la porte le 24 février dernier?

Parce que j'ai d'autres objectifs. Je veux me consacrer à Dieu Spirituellement, j'ai atteint un certain niveau.

Pourtant, il se susurre que vous avez claqué la porte parce que vous seriez frustré ?

Du tout! Je ne me suis disputé avec personne. Ce sont de rumeurs qu'on véhicule. Je ne suis pas frustré. On ne m'a rien fait de mal. J'ai d'autres ambitions...

Vous n'êtes pas dans une galaxie autre que celle du showbiz ?

(Il s'énerve) Je veux me consacrer à Dieu. Je ne veux plus fréquenter les boîtes de nuit, car il est paradoxal de prier et de passer la nuit dans un endroit où l'on danse, boit de l'alcool... Mon but est d'oeuvrer pour le bienfait. Je veux, me reconvertir dans l'humanisme en créant un centre pour les pau vres. C'est un projet. J'y suis. Je veux construire un grand centre qui va abriter cinq dortoirs pour les enfants de la rue, des ateliers de menuiserie, de mécanique... On aura des professionnels à la dispo sition des locataires qui vont leur apprendre le métier et le Coran. Ceux qui viendront commander des lits ou dépanner leurs voitures vont devoir payer des frais qui seront utilisés pour l'entretien des enfants.

N'êtes-vous pas en train de rêver ? Avec quels moyens allez- vous faire ce centre?

J'ai Dieu.

Mais, les moyens ne vont pas tomber du ciel quand même?

(Il s'énerve). Il faut croire en Dieu et en ses bienfaits. Je suis en train de discuter avec des gens. Je suis optimiste même si je n'ai aucun sou pour l'instant.

Qu'est-ce qui vous est arrivé. Vous auriez vu Dieu en songe ?

Dieu fait ce qu'il veut des per sonnes. S'il décide que je me repentisse, c'est ainsi. Aussi, je tiens à préciser que je n’ai jamais bu de l'alcool, ni fumé du chanvre ou de la cigarette. La musique, c'était un travail que je faisais pour nourrir ma famille. Après vingt ans de vie dans le show-biz, je me suis décidé à me consacrer à mon Dieu.

N'est-ce pas trop ambitieux de votre part de penser à un centre pour les pauvres, alors que vous n'avez encore aucun sou ?

Tout est entre les mains de Dieu.

Revenons au Super Diamono, quels étaient vos rapports avec Omar Pène ?

On entretient de bonnes rela tions de père et fils. Je le considère comme un papa.

On dit que le Super Diamono enregistre des départs parce que les gens sont frustrés. L'ancienne choriste du groupe, Mame Diarra a même dit, dans un entretien, que c'est Bana Ndiaye (ndlr : l'épouse de Oumar Pène) qui gère le groupe. Partagez-vous cet avis ?

Je jure devant Dieu que je ne dis pas des choses que je ne maî trise pas. Ceux qui disent que c'est Bana Ndiaye qui gère le groupe n'ont qu'à assumer leurs dires. Seulement, je précise que cela n'a jamais été mon cas. je n'ai jamais vu Bana Ndiaye signer un contrat. Elle assiste certes à nos soirées. Et elle ne fait que danser et rentrer cher elle à la fin. Pour vous dire que ce n'est pas Bana Ndiaye qui gère le Super Diamono. Maintenant, comment elle gère son époux et son foyer? Je n'en sais rien.

Donc, vous ne fréquentiez pas la maison de Pène ?

Non parce que Omar est un couche-tard. Il dort toute la jour née. On se voyait dans le cadre du travail. Mais on s'entendait bien. Je suis parti de mon propre gré. On ne m'a rien fait. Et je continue à appeler les gens du groupe.

Ce n'était pas un intime, mais un patron ?

Effectivement. On n'a jamais eu de problème parce qu'on s'est tou jours traité avec respect. II a l'âgé de mon père, je le considère comme tel. Il me le rend bien.

Pensez-vous que votre départ aura une incidence sur le fonc tionnement du groupe.

Je ne peux le dire.

D'aucuns disent que vous n'étiez pas indispensable et que seuls Omar Pène, Dembel et Omar Sow le sont ?

Je pense que personne n'est indispensable. Avant ma venue, beaucoup de musicien sont passés par le Super Diamono.

Mais pourquoi note-t-on tant de départs dans le groupe ?

Je n'en sais rien. Mais pour ce qui me concerne, je n'ai eu de pro blèmes avec personne.

Vous ne regrettez pas votre démission ?

Comment regretter de se consacrer à mon Dieu ? Seulement, je tiens à préciser que je ne suis pas fou. Je suis toujours conscient. Je veux me consacrer à Dieu.

Vous vous êtes juste repenti ?

J'ai toujours suivi les prescrip tions divines. Approcher Dieu et se repentir, c'est différent. Je veux devenir employé de Dieu qui a décidé de changer ma voie. On ne peut pas faire d'omelette sans cas ser des oeufs. Si je veux me consa crer à Dieu, je suis obligé de faire des sacrifices.

On peut dire que Elou a mis une croix sur la musique?

Peut-être pour faire de la publicité. Mais j'ai mis une croix sur les orchestres. Même si Mickael Jackson me sollicitait, je ne jouerais pas avec lui. Je le jure. J'ai une fois dit à Omar Pène que si jamais je quittais le Super Diamono, je ne jouerais pour aucune autre formation. Je remercie tous les membres de ce mythique groupe qu'est le Super Diamono. Ils m'ont donné la chance de jouer et d'arranger même leurs produits.

Est-ce que votre départ n'est pas lié à la crise que vit le show biz ?

Du tout, je n'ai pas fui. Sinon, je l'aurais fait au tout début. Je vous ai raconté l'anecdote avec la tournée de Dial Mbaye au cours de laquelle je suis rentré, après 31 jours, avec 1.500 francs. C'est vrai que les gens ont d'autres préoccupations. Par exemple, au lieu d'aller en boîte, ils préfèrent se payer à manger.

N'avez-vous pas l'impression d'avoir raté votre vocation?

C'est vrai que je n'ai pas pu acheter une maison durant ma carrière. On n'est pas des millionnaires. Par pure modestie, j'ai fait les beaux jours de beaucoup de groupes. J'ai fait l'album Super Thiof, Mayonnaise, Viviane... Ma carrière musicale ne peut être un regret. J'ai envie de faire autre chose.

Source: Walf Grand Place




1.Posté par laas le 15/04/2009 16:13 | Alerter
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