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[ ENTRETIEN ] Docteur Alioune Sarr, président du Cng de lutte, assène ses vérités : « On frappe plus qu’on ne lutte… »

En marge du point de presse organisé par le Comité national de gestion de la lutte (Cng), pour les besoins du championnat d’Afrique qui se déroulera pour la première fois en terre sénégalaise. Le docteur Alioune Sarr a déclaré qu’au Sénégal, on frappe plus qu’on ne lutte. Ainsi, à l’occasion du championnat d’Afrique, 26 pays sur 30 ont déjà confirmé leur venue. Pour lui, trois défis sont à relever. Il s’agit de l’organisation, de la mobilisation et de la compétition. Entretien.


Rédigé par leral.net le Jeudi 26 Mai 2011 à 12:51 | | 0 commentaire(s)|

[ ENTRETIEN ] Docteur Alioune Sarr, président du Cng de lutte, assène ses vérités : « On frappe plus qu’on ne lutte… »
A quelques jours du démarrage du championnat. Où en êtes-vous avec les préparatifs ?

Vingt-six pays sur trente ont confirmé leur participation. C’est un record pour un pays francophone au sud du Sahara, qui organise pour la première fois ce championnat. Quand on attend plus de trois cents athlètes, sur trois jours, ce n’est jamais chose aisée. Mais nous rendons grâce à Dieu. Pour l’hébergement, cela se passe bien au niveau de l’hôtel des Almadies où toutes les délégations, y compris celle sénégalaise, sont logées. En dehors de cela, nous avons à relever le défi de la participation. Nous avons deux équipes, une féminine de sept éléments et une masculine en lutte libre, nous n’allons pas participer à la lutte gréco-romaine, parce que nous ne sommes pas prêts par rapport à cette forme de lutte. Pour la mobilisation, c’est l’occasion pour nous de lancer un appel à tous les sportifs Sénégalais, pas simplement aux lutteurs, pour pouvoir venir accompagner leurs équipes, et surtout renforcer la conviction du président Raphaël Martinetti, qui croit aux pays émergents, raison pour laquelle le centre FILA de Thiès existe depuis quelques années. Il croit aux capacités des pays émergents, qu’ils soient asiatiques, africains ou arabes. Je pense que réussir cette compétition, sous toutes ses formes, c’est le renforcer dans ses convictions, et le renforcer dans ses convictions, c’est développer davantage la lutte olympique dans ces pays.

Qu’est-ce qui explique le choix du Sénégal ?

Pour plusieurs raisons. Comme je vous l’ai dit, au niveau de la FILA, il y a une perception assez différente de tous les autres pays qui sont à peu près au même pied d’égalité. Encore une fois, je salue cet esprit d’ouverture de Monsieur Raphaël Martinetti et de son équipe. L’autre chose, est de savoir que certains dirigeants Sénégalais sont aujourd’hui à certains niveaux de décision en Afrique, et qui entretiennent également de très bonnes relations au niveau international. Il y a aussi le soutien de notre ministre des Sports, qui a accepté que le Sénégal abrite cette compétition. Alors, je pense que toutes ses qualités et toutes envies confondues, ont fait que le Sénégal organise pour la première fois en Afrique de l’Ouest ce type de championnat. Car, cela se passait souvent dans les pays du Nord ou en Afrique du Sud. Et, comme je le dis souvent, ce pays ne peut pas être comparé au Sénégal.

Comment appréciez-vous la préparation des équipes sénégalaises ?

La préparation est assez bonne, parce que j’avoue que c’est la première fois que nous avons un mois. Bien sûr, ce n’est jamais suffisant, si on le compare à l’époque des Double Less, Ambroise Sarr... Il leur arrivait de passer trois à six mois de stage dans les pays dits de lutte ; c’est-à-dire, ceux de l’Est. Cette fois-ci, avec l’appui du Ministre des Sports, M. Faustin Diatta, nous nous retrouvons à un mois de préparation. Nous avons été à Thiès où nous avons trouvé des jeunes garçons et des jeunes filles hyper motivés. Et, vous allez constater la jeunesse de cette équipe. Certes, ce championnat 2011 est important, parce qu’il se passe sous nos terres, mais nous avons surtout en tête les Jeux olympiques de 2012 et les championnats d’Afrique de 2012, qui seront des championnats qualificatifs qui vont nous ouvrir les portes vers le haut niveau.

Mais, est-ce que la jeunesse de l’équipe ne constitue pas un handicap ?

Je ne le pense pas. Parce que ces garçons, bien que jeunes, ont une bonne pratique de la lutte olympique. Donc, je ne pense que cette jeunesse soit un handicap. Car, elle peut être aussi une motivation supplémentaire.

Pensez-vous que le Sénégal pourra atteindre le niveau des années précédentes en matière de lutte gréco-romaine ?

Absolument ! Déjà, nous avons une championne du monde. Ce que nous n’avions jamais eu en beach-wrestling. Nous avons des garçons et des filles qui sont champions d’Afrique en titre, et qui vont les défendre. D’autres qui étaient champions et avaient arrêté la lutte ont décidé de revenir. Donc, je pense que le niveau va se rapprocher de ce que nous avons connu vers les années 70, qui avaient des lutteurs moins réputés. Parce que la sélection se faisait à partir de ceux qui étaient les plus médiatisés. Donc, ceux qui faisaient la lutte avec frappe. Mais, ce sera maintenant avec des jeunes qui ne font que cette forme de lutte. Je sais et j’ai l’ultime conviction que vous allez voir de belles choses. Je peux tout simplement ajouter que la lutte avec frappe est en train de noyer les autres formes de lutte. Aujourd’hui, on frappe plus qu’on ne lutte. On travaille moins en lutte avec frappe. Ils ne peuvent pas tenir deux minutes, alors qu’ils font vingt minutes.

Le budget…

Il est de 230 millions, qui ne sont pas encore bouclés. J’en profite pour lancer à nouveau un appel à l’Etat du Sénégal, pour nous venir en soutien comme il le fait souvent.

Et le sponsoring ?

Ça bouge ! Mais la lutte olympique au Sénégal n’est pas la lutte avec frappe. Cependant, nous avons quand même quelques partenaires.

Propos recueillis par Thierno Assane Ba
source L'OFFICE






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