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EXCLUSIVITE BARA NDIAYE, BATTEUR DU NGUEWEL-GUI: «J'invite Thione Seck à venir jurer en direct sur le Coran»

Bara Ndiaye ! Ce nom ne vous dit rien. Si, c'est l'ancien batteur du Raam Dann que son leader Thione Seck avait viré parce qu'il répétait en cachette avec son cousin Assane Ndiaye. 12 ans après, celui qu'on accuse d'avoir vendu sa dignité pour une maison et une voiture brise le silence. Ouf ! Bara Ndiaye revient sur son entrée dans le groupe, les difficultés qu'il y a traversées, ce qu'il reproche à son «grand frère» Thione Seck. Le batteur revient également sur ses relations avec Assane Ndiaye qui a boudé la semaine dernière un plateau sur la radio privée Rfm parce qu'il ne voulait pas entendre parler de... Bara. Confidence d'un musicien dégoûté par son milieu.


Rédigé par leral.net le Jeudi 21 Janvier 2010 à 00:04 | | 2 commentaire(s)|

EXCLUSIVITE BARA NDIAYE, BATTEUR DU NGUEWEL-GUI: «J'invite Thione Seck à venir jurer en direct sur le Coran»
Bara NDIAYE : Je tiens à préci ser qu'Assane Ndiaye ne m’a pas viré. Je peux bouder, être malade on ne pas être d'accord avec des gens sur le plan du travail. Ce qui ne m'empêche pas de demeurer membre fondateur du Nguéwel-gui. Aussi, je dis qu'il n'y a aucun problème entre Assane et moi.

Pourtant, le même Assane Ndiaye a boudé le plateau de la radio Rfm parce qu'il ne voulait pas parler de vous. Il se passe quelque chose quand même?

Il ne se passe rien entre nous. Encore une fois, Assane Ndiaye ne m'a pas viré puisqu'il n'en a pas les prérogatives. Je peux laisser l'orches tre, être malade ou ne pas être d'ac cord avec quelqu'un sur le plan du travail. Encore que j'ai utilisé le conditionnel.

Là c'est Thione Seck qui devrait rire sous cape?

Laisse le Nguéwel-gui de côté et Assane Ndiaye. Il n'y a rien.

Vous souteniez que vous pensiez arrêter la musique. Qu'est-ce qui vous arrive ?

Je suis né batteur et je veux y faire des choses extraordinaires. J'en détiens les capacités. Je peux investir d'autres créneaux comme, par exem ple, l'ouverture d'écoles de formation en percussions. J'ai envie d'arrêter la vie d'orchestre puisque je suis déçu par la vie de groupe. L'idée de famille que j'en avais est différente de la réa lité. C'est dommage, mais au Séné gal, les gens ne sont unis que dans la misère. Si la réussite arrive, ils chan gent de caractère. C'est la triste réa lité. À part les membres du Super Etoile, aucun musicien n'a construit une maison.

Si on vous comprend bien, Assane Ndiaye ne vous a pas renvoyé l'ascenseur?

Laissez encore une fois cette affaire. Il n'y a rien à dire. Si je revois Assane, on va discuter. Je ne répon drais pas à cette question.

C'est le Nguéwel gui qui ne mar che plus alors ?

Il fut des temps où c'était plus dur au Nguéwel gui. On rentrait à pied après nos spectacles. Depuis 1 ans, on ne perçoit pas de salaire. Pourtant, nous sommes restés dans le groupe. Poser lui (Ndlr : à Assane Ndiaye) la question. À part ceux du Super Etoile, aucun musicien de ce pays n'a construit de maison.

Pour en revenir à votre parcours, comment aviez-vous fait pour inté grer le Raam Daan ?

J'avoue que j'ai fait du chemin avant le Raam Daan. C'est en 1985 que j'ai intégré le ballet d'Afrique noir de Mansour Guèye. Il a été le premier à m'embaucher. Après, j'ai été en tournée en Suisse puis en Espagne. De là, j'ai rencontré Pape Thiam qui m'a appris à jouer du djembé. Ma mère Sény Ndoye est la première femme à battre un tam-tam dans ce pays. C'était bien avant l'avènement des rosettes de Doudou Ndiaye Coumba Rose. A mon retour, je suis allé à l'école des arts pour une formation de 5 ans. J'ai aussi eu à travailler avec le ballet « Forêt sacrée». C'est à partir de là que Mansour Guèye m'a repéré. À un certain moment, j'ai décidé de revenir au bercail pour y investir. Malheureusement, je n'ai pas pu.

Pourquoi ?

Le problème des Sénégalais est qu'ils n'aiment pas être dépassés. C'est faux de soutenir que les artistes s'aiment. Ils se détestent, chacun cherche le malheur de l'autre. Même quand vous débarquez dans la «soirée» d'un autre, il regarde si vous n'êtes pas venu avec un talisman pour chasser ses mélomanes. Le maraboutage est plus que réel dans le show biz.

Avez-vous été victime de mara boutage ?

Bien sûr. Vers les années 1985, je fus un temps, le meilleur batteur de djembé de ce pays. Mais, on m'a jeté un mauvais sort au point que mes mains enflaient dès que je touchais à l'appareil. C'est la première fois que j'en parle publiquement. Pour ne pas mourir, j'ai abandonné le djembé. Et les artistes se posaient des questions.

Est-ce qu'abandonner était la bonne solution ?

Je n'avais pas la même vision qu'eux à l'époque. Je pensais qu'on devrait promouvoir l'art. Je ne sais pas qui je dérangeais ? Mais, il m'a marabouté. Je n'étais pas mature. Même au Raam Daan, je ressentais des douleurs. J'étais même obligé de bander mes mains pour travailler.

Pour exploiter les idées que j'avais on tête, je travaillais avec le groupe Nakodjé. C'est par la suite que le Raam Daan m'a contacté par l'intermédiaire d'un ami, Modou Mbaye. Le batteur de Thione Seck d'alors venait de le quitter.

Comment s'est passé votre pre mière rencontre avec Thione Seck ?

C'était chez lui à Liberté 1. Il m'a audité et m'a retenu en me propo sant de répéter 3 mois avant de jouer. Toutefois, je n'ai fait que 2 séances de répétition et j'ai été intégré. 10 jours après, nous sommes allés aux Etats- Unis. 6 ans après, on s'est séparés.

Quel est le meilleur souvenir que vous gardez de votre passage au Raam Daan ?

C'était en 1998 lors de notre tour née aux Etats-Unis où beaucoup de musiciens avaient fugué. À notre retour, Thione m'a dit : « Vous ne serez jamais plus loyal que moi.» À notre retour, il me vire. C’était à Monaco Plage. Je n'ai rien dit puisque je savais que je n'allais pas chômer.

Vous avez dû faire quelque chose quand même ?

Ce que je pense, c'est qu'il m'a viré parce qu'en Italie, j'ai une fois dit à son manager d'alors, Joe Guèye : «Grand, il faut demander au patron de nous augmenter nos cachets de 75 ou 100.000 francs.» Peut-être qu'il n'a pas apprécié. Mais les cachets étaient vraiment insuffisants pour un père de famille. Surtout qu'on était en Italie. Je vous suggère d'interroger les musiciens. Ces hommes de l'ombre font le gros du travail. Et ce sont les chanteurs qui en bénéficient. Ils vivent une situation misérable. Nous n'avons rien, ni maison ni voiture. Ce n'est pas méchant de demander une hausse. Je dois dire qu'après, mes col lègues ont réglé le contentieux et je suis revenu au Raam Daan.

Est-ce que les relations étaient redevenues les mêmes à votre retour ?

Il n'y avait aucun problème. Je considère Thione comme un grand frère. Mais, quand Assane Ndiaye a quitté le groupe, il a réussi à avoir un contrat. Par reconnaissance, il nous a contactés puisqu'on a partagé des années durant le même groupe. Et bonjour les problèmes.

Pourquoi vous n'avez pas avisé Thione Seck ?

On ne savait même pas qu'Assa ne avait quitté. On est resté 2 semai nes sans le voir. Je croyais qu'il était parti faire un play-back en France comme d'habitude.


Le cachet s'élevait à combien ?

400.000 francs. Et c'était intéres sant pour quelqu'un à qui on payait 75.000 ou 100.000 francs Cfa. Je lui ai conseillé de faire appel aux autres musiciens du groupe.

Thione Seck avait raison de sou tenir que vous répétiez en cachette ?

Du tout ! Le matin, on allait chez Assane Ndiaye et la nuit nous allions travailler au Raam Daan. Il n'y a aucun inconvénient. Je ne suis pas allé répéter en cachette. Je croyais que ce n'était pas grave. Assane Ndiaye voulait qu'on bénéficie de cette aubaine. Avant cela, j'ai fait les cassettes d'Ablaye Mbaye, Maty Thiam Dogo.

N'est-ce pas que vous étiez sous contrat avec le Raam Daan ?

Effectivement, j'avais signé un contrat avec eux. Seulement, je pré cise que dans les textes, il n'est nulle ment mentionné que je n'ai pas le droit de collaborer avec d'autres chanteurs. Dans les clauses, il est sti pulé qu'on doit jouer tel jour. Par exemple, si Assane Ndiaye nous demandait de répéter un vendredi, j'allais refuser. Que Dieu me brûle si j'ai trahi en me cachant. Je pensais que ce n'était pas un problème. Thione était au courant pour les autres albums que j'avais réalisés et il n'avait rien dit. Le cas d'Assane Ndia ye, il a voulu en faire un problème.

On vous a sûrement balancé?

Peut-être. Je n'ai même pas essayé de comprendre d'où est-ce que cela provenait. Thione Seck m'a une fois interpellé au Sahel pour me dire : «Il paraît que vous êtes en train de répéter avec Assane Ndiaye?» Je lui ai répondu par l'affirmative. Il a pour suivi : « Si j'entends un seul rythme de toi, je te vire.» Je lui ai rétorqué qu'on allait voir puisque j'ai déjà encaissé l'avance. Je suis revenu jouer le len demain à Monaco Plage, on m'a viré pour la 2e fois. Je lui ai offert l'argent qu'il me devait.

Jusqu'à présent, je ne l'ai pas dit. Les musiciens ont entamé une médiation. Thione Seck venait de signer un contrat avec le Kily. Comme les chanteurs sont gourmands comme moi, ils ne veulent pas laisser passer certaines occasions. Chanteur rime avec traitre, waykat workat. Si ce n'était pas ce contrat, il allait licencier tous les autres. Les musiciens m'ont convaincu. Par respect, je suis revenu, mais je leur ai dit qu'après un retour de 2 mois, j'allais laisser tom ber. Thione n'est pas plus croyant que moi. J'ai déposé mon préavis auprès du manager d'alors, Joe Guèye. C'était au Kily. J'ai abandonné, mais pour mon dernier départ, Thione ne m’a pas licencié. Je le jure. Je prends Dieu à témoin. Je le défie de venir jurer avec moi à la télé sur le Coran. Je n'ai pas le temps de dire du mal de Thione Seck. Je n'ai jamais parlé de cette histoire.

Mais, je tiens à vous dire ce qui s'est passé. Il n'avait pas le droit de me menacer. Je suis libre de jouer avec qui je veux à mes heures libres. Assane Ndiaye n'avait pas le culot de me demander de le suivre. J'ai galéré au Raam Daan avec des fugues à n'en plus finir de musiciens. C'est un mensonge que de dire qu'on nous a remis des voitures et maisons. Sans être grossier. C'est faux. Je le jure. Assane Ndiaye n'avait pas de maison.

On a l'impression que vous avez contribué à créer des divergences entre les deux cousins que sont Assane et Thione ?

Thione Seck a donné mille ver sions dans cette affaire. Sa dernière est qu'Assane Ndiaye nous a offert une voiture et une villa. Ce qui est faux puisqu'il ne l’a pas. Quand je percévais des millions, Thione Seck et Assane Ndiaye n'en avaient pas. Encore moins de maisons. C'est en 1985 que j'ai commencé à voyager. Où était le Raam Daan ? À l'époque, on était dans la galère. Assane Ndiaye n'avait même pas de quoi payer son transport. Entre temps, le producteur a abandonné le projet. Ensuite, on a viré Ndigueul et jean-Charles. Un jour, on était en répétition, j'ai dit : «Montons un orchestre.» J'étais avec Papis Konaté qui venait de démarrer, Papis Diouf, Ass Ndir. J'en rigolais. Je leur ai dit d'un ton taquin appelons le Nguéwel-gui. Et la mouvance m'a suivie. C'était un mois de Ramadan en 1999. Et le producteur Mbaye Sall nous a amené en tournée à Paris. Je n'ai pas vu les millions et la voiture dont parle Thione Seck. Les musi ciens n'ont rien. Je vous dis que dans cette formation, j'étais le seul à détenir des tam-tams.

Vous soutenez que Mbaye Dièye Faye est le meilleur batteur au Sénégal. Sur quoi vous vous êtes fondé pour le dire?

Parce qu'il a fait 30 ans de car rière. Mbaye Dièye Faye fait partie des pionniers de la batterie. La chanson Mathiou est partie de lui. Thione Seck m'a, à deux reprises, coupé une amende sur mon salaire à cause de ce tube. Parce que chaque musicien qui commet une erreur se voit retirer 10.000 francs Cfa sur son salaire. J'étais avec Jules Diop. C'est Jean Charles Gomis qui fut le manager.

Comment Mbaye Dièye Faye a-t- il lancé la chanson Mathiou ?

Il est une fois venu à notre soirée, on avait un rythme et il a déformé les choses pour en faire une 4e partie ambiance. Et c'est parti. Pour vous dire comment Raam Dann carton­nait, on a une fois contraint Youssou Ndour à renvoyer sa soirée. Il est cer tes le meilleur en Afrique, mais il avait fait fiasco. Je ne le dis pas pour lui jeter des fleurs, c'est la réalité. Même si Thione Seck est un grand chanteur avec une carrière assez riche.

N'êtes-vous pas en train de lui faire des appels du pied pour aller au Super Etoile?

Du tout ! Je ne veux pas y aller. Je ne veux rien de lui. Même si le Super Etoile me payait 100 millions, je n 'irais pas. Pour revenir à Mbaye Dièye, il est né griot, mais il a aussi appris la batterie. Après Aziz Seck, c'est lui qui a lancé les percussions dans les orches­tres. J'entends de jeunes artistes réclamer ses baks, mais je dis qu'ils n'ont rien compris. Cela doit être leur fierté qu'il les plagie comme ils le soutiennent.

Réalisé par Ndèye Awa LO
Source Walf Grand Place



1.Posté par Fall Astou le 08/06/2010 15:36 | Alerter
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C'est trop facile de dire du mal de thione seck, tout ce qu'on peut retenir c'est qu'il faisait tout pour mettre sa famille en avant et leur faire profiter de sa situation de chanteur. Malheureusement au sénégal les gens ont du mal à dire la vérité qui dérange à cause du "rafétal". Y a des gens qui, voir une famille unie leur dérangent et donc font tout pour les séparer et semer la pagaille. c'est ce qu'à fait Bara Ndiaye et il récolte que ce qu'il a semé avec Assane Ndiaye et Thione Seck. "Alaxira dina méti té yag lol" alors il faut arrêter avec "on le jure sur coran", s'il veut jurer il n'a pas besoin que thione soit présent il n'a qu'à le faire et puis basta.

2.Posté par uggs le 27/08/2010 04:19 | Alerter
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I did it and it turned out great… It was a real succes! Thank you!

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