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Ebola : Une rupture de stock des antiseptiques

Quelques heures après la confirmation d’un cas de virus Ébola au Sénégal, les Dakarois, partagés entre inquiétude et amertume, se ruent vers les pharmacies, centres commerciaux et boutiques à la recherche d’antiseptiques. Du coup ces produits se raréfient et certains fournisseurs sont en rupture de stock du fait de l’augmentation de la demande.


Rédigé par leral.net le Lundi 1 Septembre 2014 à 12:16 | | 0 commentaire(s)|

Avenue Cheikh Anta Diop. Dans l’une des nombreuses pharmacies qui longent la voie publique, les clients qui y pénètrent cherchent généralement du gel désinfectant. Deux pharmaciennes en blouse blanche les reçoivent. Après avoir fait le tour dans plusieurs magasins, une étudiante de taille moyenne, accompagnée de son amie, entre dans la pharmacie.

Mais, malheureusement pour eux, il n’y a plus de désinfectant. “Le stock vient de s’épuiser, il y a juste quelques minutes. Nous avons fait une nouvelle commande auprès de notre fournisseur”, explique aux jeunes filles la pharmacienne Iphigénie Diouf. “C’est un ami docteur qui m’a appelé pour m’informer du cas confirmé. Il m’a conseillé d’acheter des produits antiseptiques et d’éviter du mieux que je peux les contacts avec les personnes”, confie avec beaucoup de désarroi l’une des deux filles qui a voulu garder l’anonymat.

Le prix des antiseptiques varie en fonction du poids et de la marque du désinfectant. Le gel de main “Valda” est vendu à 915 francs CFA la petite bouteille contre 2100 la grande. Le “Zéro Bactéria” quant à lui est vendu à 3535 FCFA l’unité. Même si ces prix paraissent accessibles, certains acheteurs n’ont pas toujours la somme d’argent qu’il faut pour s’offrir le précieux gel lave-main. “Vous avez du gel antibactérien ?”, lance une cliente trouvée dans une autre pharmacie situé toujours sur l’avenue Cheikh Anta Diop. “Il ne nous reste que la grande boite de Zéro Bactéria. C’est 3535 francs CFA la boîte” répond un homme de teint noir faisant face à un écran d’ordinateur. “Je reviens”, réplique Mariam Nafissa.

Dans les supermarchés, le constat est le même. Les antiseptiques sont difficiles à obtenir. Au supermarché Casino de Sahm, les rayons réservés aux antiseptiques sont vides. “Nous avons constaté une hausse de la demande depuis quelque temps. En ce moment, le gel lave-main est fini”, informe l’une des caissières, Mme Guèye Maguette. A défaut de trouver le désinfectant adéquat, les acheteurs se rabattent sur d’autres produits. “J’avais prévu d’en acheter.

Mais les gens en achètent en masse depuis un bout de temps. Il n’y en a plus. J’ai un produit dissolvant dans mon véhicule qui coûte environ 1000 FCFA. Je vais essayer de le trouver ici ou bien je paie de l’eau de Javel. Il coûte environ 1000FCFA” explique M. Sonko. Certains clients ont commencé à

acheter le produit depuis l’apparition d’Ébola dans les pays voisins. Ils sont venus pour d’autres achats. “Je ne suis pas venu pour acheter des antiseptiques, car j’ai pris l’habitude depuis quelques mois d’en acheter à chaque fois pour la famille. Actuellement, il en reste encore à la maison”, assure Simon Sarr, la soixantaine environ. Et le client de poursuivre qu’il faut faire attention et ne pas céder à la panique ou se lancer dans la stigmatisation.

Rupture de stock chez les fournisseurs

La forte demande en antiseptiques a entrainé une rupture de stock au niveau des fournisseurs ou des laboratoires qui fabriquent les produits. “Nous sommes en rupture de stock actuellement. Certains clients ont commandé du sodium de calcium utilisé comme un antiseptique aussi”, informe un docteur travaillant dans un laboratoire de fabrication des septiques et qui a voulu gardé l’anonymat. “Toutes les commandes seront livrées en début de semaine”, rassure t-il.

Le délégué médical Moustapha Seck, pour sa part, pense que la commande des antiseptiques ces dernières semaines a augmenté du fait des rumeurs connues ces derniers jours par rapport à la maladie. Il reconnait cependant avoir enregistré une hausse des commandes depuis la confirmation de la maladie.

Quoi qu’il en soit l’objectif de se protéger contre le virus Ébola en se les lavant les mains avec du produit désinfectant est manifeste chez bon nombre de Dakarois rencontrés dans les pharmacies et autres centres commerciaux.






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