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Échangeur de l’émergence : cachez ce trou que Macky Sall ne saurait voir !


Rédigé par leral.net le Mardi 14 Mars 2017 à 13:35 | | 0 commentaire(s)|

Un cratère béant de trois à quatre mètres de diamètre qui provoque les railleries sur les réseaux sociaux ! A peine inauguré en grandes pompes, il y a huit mois par le président Macky Sall, l’échangeur de l’émergence à Dakar présente déjà ses premiers « défauts ». Une polémique s’en est suivie sur la qualité et les normes des travaux. La Tribune Afrique vous livre quelques clés pour comprendre la cause de cette anomalie.
 
Avec un coût global de 8 milliards de Fcfa, l'échangeur de l'Emergence à Dakar, une des vitrines des grands travaux du plan Sénégal Emergent (PSE) initié par Macky Sall, est présenté comme un ouvrage de troisième génération. Inauguré au mois de juillet, ce projet est construit sur cinq kilomètres avec quatre branches et trois voies sur la route des Niayes au cœur de la capitale sénégalaise.

Échangeur de l'émergence, vitrine des grands chantiers de Macky Sall

L'anecdote et la symbolique de cet échangeur méritent un rappel. Avant d'être reconstruit et rebaptisé selon « la vision futuriste » de l'actuel locataire du Palais de la République du pays, l'ouvrage de génie civil s'appelait d'abord « Pont Sénégal 92 », construit pour les besoins de la CAN que le Sénégal accueillait cette même année.

Ce pont, perçu comme le plus moderne du Sénégal est un legs de l'ancien président Abdou Diouf. Tout un symbole donc pour le nouveau et l'ancien régime. S'affaisser, non ! Une toute petite égratignure, c'est tout le mal qu'on pouvait lui souhaiter au vu de son inauguration en grande pompes.

Pourtant, ce qui ne devait pas arriver, est arrivé. Sur une partie de la route d'une des bretelles de sortie, un trou béant s'est ouvert, jeté sur la chaussée comme un mauvais sort. De quoi alimenter les moqueries et même provoquer une vive polémique sur la toile au Sénégal.

 Chez l'internaute sénégalais, beaucoup de questions capables de réveiller « un lion qui dort » se posent. Pour mettre en garde ses adversaires politiques, le président Macky Sall avait en effet utilisé cette métaphore du lion qui dort et qu'il fallait éviter de réveiller. Seulement la qualité des travaux du pont est remise en question avec ce cratère de trois à quatre mètres de diamètre.

Vives polémiques sur la Toile, le CSE s'explique

Pourtant, Il n'y a pas eu de feu au lac ni de quoi fouetter un chat si l'on en croit au Consortium Sénégalais d'Entreprises (CSE), chargée de reconstruire intégralement ce legs d'Abdou Diouf.

« Il y a eu désinformation sur cette affaire, beaucoup de journaux parlent d'affaissement pour faire croire aux sénégalais que nous avons fait un mauvais travail. C'est faux. Il s'agit simplement d'un trou au milieu de la route d'une des bretelles de sortie », confie une source du département d'exploitation de l'entreprise à La Tribune Afrique.

A l'origine de ce que les spécialistes des travaux routiers appellent dans leur jargon « un cratère » [un trou, ndlr] ? « Ce qui s'est passé c'est qu'un tuyau de l'Office national d'assainissement du Sénégal (ONAS), a éclaté sous la pression de l'eau », complète Mor Talla Ndiaye, le directeur des travaux du CSE. La suite de l'explication est beaucoup moins technique.

Le tuyau à l'origine du trou béant sur la chaussée avait été enseveli à trois mètres en dessous de la piste goudronnée. La pression de l'eau propulsée en geyser a occasionné l'anomalie repérée sur la chaussée. Pour réparer la piste endommagée, le directeur des travaux estime les coûts à un million de Fcfa.

Trait d'union entre Dakar et sa banlieue, cette infrastructure a été bien accueillie avec beaucoup de soulagement par les habitants des communes de Grand Yoff et de la Patte d'Oie (quartiers de la banlieue périphérique de Dakar). Mais depuis son ouverture aux usagers elle fait l'objet à de nombreuses critiques. Il est même reproché au président Macky Sall de l'avoir inauguré avant la fin des travaux.

Un mois après son inauguration, la qualité de finition du pont avait été critiquée en raison des flaques d'eau observées pendant l'été dernier. La présence du chef de l'Etat sur les lieux avait été également interprétée par ses détracteurs comme un meeting politique déguisé lors de l'ouverture. Huit mois après cette inauguration faste, le pont semble faire face aujourd'hui à une autre polémique !

Khadim Mbaye (Tribuneafrique)
 











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