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Égypte : Morsi veut former une coalition

le 2 Juillet 2012 à 12:38 | Lu 371 fois

Investi samedi, le nouveau président souhaite s'adjoindre un premier ministre «indépendant».


Égypte : Morsi veut former une coalition
Le Caire

C'est une investiture placée sous le signe de la conciliation. Après avoir prononcé un discours rassembleur devant plusieurs milliers de personnes vendredi, sur l'emblématique place Tahrir, le nouveau président égyptien s'est rendu samedi matin devant la Haute Cour constitutionnelle pour y être officiellement investi. Le visage crispé, Mohammed Morsi a prêté le serment consacré: «Je jure par Dieu tout-puissant de préserver le système républicain, de respecter la Constitution et la loi, de protéger entièrement les intérêts du peuple.»

Il a ensuite prononcé une brève allocution, où chacun de ses mots semblait être pesé au trébuchet. «Je veillerai à ce que le système judiciaire soit intègre et indépendant», a-t-il notamment déclaré devant les magistrats. Cette annonce a aussitôt déclenché une cascade de commentaires sur les réseaux sociaux. Certains y ont vu une menace à peine voilée à l'égard des militaires, au pouvoir depuis plus d'un an.

Un «État civil, constitutionnel et démocrate»
«Mohammed Morsi continue de donner l'image du président combatif mais respectueux des lois», commente Dina el-Khawaga, professeur de politiques publiques. Le fait qu'il ait tenu ensuite son discours d'investiture à l'université du Caire n'a rien de fortuit, estime Mme Khawaga: «En conciliant le populaire, le légal et l'élitiste, il cherche à répondre aux attentes placées en lui: être le président de tous les Égyptiens», analyse-t-elle.

Le nouveau chef de l'État avait convié à l'université une assemblée éclectique. Personnalités publiques et militaires étaient venus l'écouter répéter son attachement à un «État civil, constitutionnel et démocrate». La présence de Mohamed El Baradei, Prix Nobel de la paix, a donné du crédit aux promesses des Frères musulmans d'offrir le poste de premier ministre à une «personnalité indépendante».

Dès la fin de la passation de pouvoir, sur la base militaire de Hikestep, à la périphérie de la capitale égyptienne, le président a reçu les honneurs militaires des chefs de l'armée. Une manière de reconnaître l'autorité du nouveau chef de l'État, même si celle-ci demeure largement factice.

Mohammed Morsi paraît en effet démuni au moment d'entrer au palais présidentiel: la déclaration constitutionnelle complémentaire établie à la hâte par le Conseil militaire le dépouille de bon nombre de ses pouvoirs ; il doit en outre composer avec l'absence de Parlement et de Constitution, le premier ayant été dissous par la Cour constitutionnelle, la seconde étant en suspens. De fait, le pouvoir législatif est, pour l'heure, entre les seules mains des militaires.

La volonté d'ouverture affichée par Mohammed Morsi, dont la première tâche sera la formation d'un «gouvernement de coalition», lui permettra-t-elle de trouver une issue au bras de fer qui oppose islamistes et militaires depuis plusieurs mois? Sans attendre, le premier ministre israélien a écrit au nouveau président pour l'inviter à respecter le traité de paix signé en 1979 entre les deux pays et l'assurer du «désir d'Israël de poursuivre la coopération et de renforcer la paix».



Par Fatiha Temmouri


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