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Egypte: des milliers de manifestants en colère contre le verdict du procès Moubarak

le 3 Juin 2012 à 13:22 | Lu 686 fois

Plusieurs dizaines de milliers d'Egyptiens ont afflué place Tahrir au Caire ainsi qu'à Alexandrie, Suez et Port-Saïd, samedi 2 juin dans la soirée, pour exprimer leur colère devant le verdict jugé trop clément contre l'ex-président Hosni Moubarak, condamné à la prison à vie pour la mort de manifestants durant la révolte qui l'a renversé en 2011. Les manifestants contestent également l'acquittement de six ex-hauts responsables de la sécurité.


Egypte: des milliers de manifestants en colère contre le verdict du procès Moubarak
Les militants qui campent sur la place Tahrir veulent déclencher une seconde révolution. Ils affirment qu’ils ne quitteront la place emblématique que quand ils auront fait tomber le régime.

Ils entendent évidement les militaires du Conseil suprême des forces armées mais aussi les Frères musulmans. Ils estiment que ces deux forces se sont alliées pour détourner la révolution. Les élections présidentielles dont le second tour est prévu dans deux semaines sont considérées comme faisant partie d’une vaste « escroquerie » visant à se partager le pouvoir.

Les occupants de Tahrir veulent donc la suspension des élections, et leur remplacement par un conseil présidentiel composé de personnalités de la révolution. Ils proposent Hamdine Sabbahi, le candidat nassérien arrivé troisième au premier tour de la présidentielle, et qui a été accueilli triomphalement samedi à Tahrir.

A côté de lui, Mohamad el-Baradei, que certains qualifient de père spirituel de la révolution, et le socialiste Khaled Ali. Reste à savoir si le mouvement ne retombera pas, et s’il recevra l’appui de la majorité silencieuse des Egyptiens.

Le verdict dans le procès Moubarak est « une farce », a déclaré samedi 2 juin le candidat des Frères musulmans à l'élection présidentielle, Mohamed Morsi. Son rival, Ahmed Chafik, dernier Premier ministre d'Hosni Moubarak, a au contraire affirmé que les décisions de justice « doivent être acceptées ».

Or, pour les jeunes de Tahrir, l’heure n’est plus à choisir le candidat au second tour des présidentielles. En fait, c’est tout le système qu’ils contestent, y compromis un processus électoral qu’ils estiment biaisé.

RFI