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El Hadji Ibrahima Sall :"Pour réduire le nombre de partis politiques, il suffit de diminuer les avantages et les privilèges des politiques »


Rédigé par leral.net le Mardi 4 Juillet 2017 à 14:41 | | 0 commentaire(s)|

L’économiste et homme politique sénégalais El Hadji Ibrahima Sall, invité de l’émission "Grand Jury" de la Radio futurs médias (RFM), a proposé dimanche de diminuer les avantages et privilèges des hommes politiques afin de mettre fin à la pléthore de partis politiques au Sénégal.
 
"Il existe une façon simple et radicale pour réduire le nombre de partis politiques. Il suffit de diminuer les avantages et les privilèges des politiques", a répondu M. Sall à une question sur la pléthore de listes – 47 au total – candidates aux élections législatives du 30 juillet.
 
"Il y a trop de partis politiques. Les réponses souvent données pour réduire le nombre de partis politiques, sont de mauvaises réponses parce qu’elles consistent simplement à des deals entre des [hommes politiques] qui se font des privilèges", a-t-il martelé.
 
Selon un rapport d’activités de son département transmis à la presse, le ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, a signé 14 récépissés de déclaration de partis politiques en 2016, ce qui portait à 272 le nombre de formations politiques, légalement constituées à la fin de cette année.
 
"Les partis politiques sont devenus, par définition, des intermédiaires auxquels les citoyens ont délégué la participation politique. Rien n’est autant propice à l’abstention que la délégation. Une fois que vous déléguez, vous vous abstenez.

Les forts taux d’abstention dans nos démocraties s’expliquent tout simplement par le fait que nous avons passé notre temps à déléguer la politique aux hommes politiques
", a analysé El Hadji Ibrahima Sall.
 
La Norvège, un bon exemple...
 
L’ancien ministre du Plan (1998-2000), diplômé de plusieurs universités françaises et américaines et leader du parti "Demain la République", fait remarquer qu’au Sénégal, "on peut constituer un parti politique, faire partie d’une majorité, recevoir des sacs de riz et de l’argent, avoir des privilèges, des passeports, etc."
 
"C’est tout cela qu’il faut supprimer. Il faut supprimer les privilèges des politiques, il y en a trop pour un pays pauvre. La deuxième chose à faire, c’est de réduire au minimum ces avantages et engager de manière plus forte la responsabilité pénale et civile des politiques", a-t-il proposé.
 
"Quand on fait cela, ce pays changera, a assuré M. Sall. Il ne sera plus tenu en otage par des politiques. On arrêtera de passer notre vie à faire de la politique au lieu de travailler."
 
Il soutient que "toute solution envisagée par les hommes politiques contre la pléthore (…) de partis politiques, ne sera pas une solution véritable". Il ressort de ce point de vue que la solution viendra de la mobilisation citoyenne.
 
"S’ils (les hommes politiques, Ndlr) veulent réduire le nombre de partis politiques, ils n’ont qu’à commencer par supprimer les privilèges des partis politiques, réduire leurs avantages et engager la responsabilité civile et pénale des politiques dans la conduite des affaires publiques."
 
"On ne peut pas en même temps demander la réduction du nombre des partis politiques et continuer à accumuler des privilèges pour les hommes politiques. Il faut arrêter de vivre de la politique", a-t-il insisté, appelant à supprimer "les intermédiaires, les avantages et les privilèges" liés à la politique. "Quand on fait cela, il n’y aura plus de pléthore de partis politiques."
 
El Hadji Ibrahima Sall a cité la Norvège comme un bon exemple de gouvernance politique. "Je vous donne un exemple très simple. Le ministre de la Justice et de l’Intérieur, il cumule ces deux portefeuilles, en Norvège, n’a ni chauffeur, ni voiture de fonction, ni garde du corps. Il se fait rembourser de l’argent parce qu’il prend le taxi."
 
Ce même ministre "a 7.500 francs CFA par déjeuner, par dîner, et 37.500 francs CFA pour ses nuitées lorsqu’il est en déplacement. Et pourtant, le PIB du Sénégal est d’environ 1.000 euros par habitant, par an. En Norvège, il est de 100.000 euros. C’est un pays qui est 100 fois plus riche que le nôtre", a expliqué M. Sall.
 
APS








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