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El Malick en prison :Wade utilise l’arme politique de ses anciens adversaires


Rédigé par leral.net le Mercredi 24 Septembre 2008 à 05:50 | | 0 commentaire(s)|

El Malick en prison :Wade utilise l’arme politique de ses anciens adversaires
Article 80… contre Wade en 1982

En 1982, Abdou Diouf fait emprisonner Wade et quelques uns de ses proches pour "atteinte à la sureté de l'Etat"…, en fabriquant de toute pièce un soi-disant « complot de mercenaires » libyens financés par Wade et dont l’objectif était la destabilisation du Sénégal.

Ils sont cinq à défiler à la TV nationale ainsi qu'a la RTS, (il n'avait pas encore de radio privée à l'époque) pour affirmer à qui veut l'entendre que c'est Wade qui a financé l'opération. Ils donnent des détails relatifs au "camp d'entrainement” ; de la visite d'un représentant de Khadafi, de la participation d'un ex sergent de l'armée sénégalaise du nom de Boubacar Camara. Ils parlent de leur soi-disant entretien avec Wade avant leur départ pour la libye. Cependant, ils précisent que le coordonnateur de l'opération a pour nom Ahmet Khalifa Niass. Ils parlent du montant remis à chacun d'entre eux. Ils affirment que leur mission consistait à créer une insurrection au Sénégal, qui faciliterait le départ de Diouf. Ils s'expriment en Wolof, en Pulaar, en Mandingue, en Soninké et en Sérère. Vous aurez sans doute retrouvé les principales ethnies du Sénégal. Quelle concidence!

Quelques jours plus tard, le Ministère de l'Information sort un communiqué, qui affirme que des agents de la sureté auraient « découvert » une cache d’armes dans un champ situé aux environs de Keur Massar, dans la banlieue de Dakar. On utilise le concours de la télévision, pour convaincre les sceptiques. Dans les rangs du Pouvoir, les hommes au coeur de cette opération ont pour noms Djibo KA, Daouda Sow, Jean Collin et un certain Abdoulaye Niang, Président de la commission de la législation au sein de l’assemblée nationale.

Maitre Wade bénéficiera plus tard d’un non-lieu, après que certains de ses proches aient subi des sévices inhumains à la gendarmerie de Thionk.

Article 80…. Contre Wade en 1988


Le 28 Février 1988, Abdou Diouf fait emprisonner Wade et quelques uns de ses proches pour "atteinte à la sureté de l'Etat". Le prétexte ? Les troubles consécutifs à la diffusion des résultats du scrutin par le Ministère de l’Intérieur. L’appareil judiciaire, appuyé par le ministère de l’information, dont le patron de l’époque n’est autre que Djibo Ka, l’actuel Ministre de l’économie maritime, est alors mis en branle pour neutraliser Wade et les leaders de l’opposition significative. Certains officiels du gouvernement se relaient dans les antennes de la RTS pour déverser leur haine sur l’opposition patriotique. On accuse Wade de tous les noms d’oiseaux. Serigne Diop, l’ex Ministre de la Justice, dirigeait le PDS-R. Un certain Aly Niane, étudiant de son état, était alors Secrétaire Général du PAIM (Parti Africain Pour l’Indépendance des Masses). Ces deux partis politiques considérés comme une création de Jean Collin, l’ennemi juré de Wade, faisaient partie de ce que l’on appelait alors l’opposition de façade.D’aucuns considéraient Collin, dont la haine pour Wade était un secret de polichinelle, comme le véritable maitre du pays. Du reste, Wade ne disait-il pas que son combat dans la conquête du pouvoir n’est pas contre Diouf, mais plutôt contre Collin.

« Quand je réussirai à chasser Collin du pays, je ferai de Diouf une bouchée, en un temps record. » Wade dixit.

Ainsi donc, après la période des tortures et autres harassements envers les proches et sympathisants de l’opposition, fut venu le moment du procès.

De ce procès, nous évoquerons seulement cette question angoissante que l’accusé Abdoulaye Wade a adressée directement à Abdoulaye Niang, qui jouait le rôle d’Avocat Général. Appelé à la barre, Wade s’adresse en ces termes à celui qui était chargé de défendre le ministère public :

« Mr Abdoulaye Niang, je sais que vous êtes croyant ; un bon musulman ; mais aussi un bon père de famille. Pouvez-vous jurer, la main sur le Coran, que vous, Daouda Sow et Jean Collin, ne vous êtes pas réunis Samedi, au palais de la République, pour décider de la peine d’emprisonnement à m’appliquer ainsi que de mon transfert à Kolda aussitôt après ce procès ? » Un silence glacial envahit la salle. Maitre Wade venait ainsi de faire des révélations qui accréditent la thèse d’un complot d’Etat. Apres avoir titubé quelques secondes, Mr Niang, visiblement embarrassé par cette question inattendue, répondra en ces termes : « je ne réponds pas à cette question, Mr le Président ! » Devant son insistance à avoir une réponse, Aly Cire Bâ, le Président du Tribunal, rappelle à l’accusé que la loi ne faisait nullement obligation à Mr Niang d’apporter une réponse à sa question. Et Wade de rappeler son parcours politique depuis 1974 ; sur les difficultés rencontrées avec l’administration du temps de Senghor d’abord, avec Jean Collin et Abdou Diouf ensuite. L’accusé Wade dira en substance que l’article 80 était un article fourre-tout. Que celui-ci était utilisé par le parti au pouvoir pour subjuguer ses adversaires politiques. Il parlera longuement des méfaits de cet article 80, réitérant ainsi ce qu’il avait dit cinq ans auparavant ; à savoir que la cour de sureté de l’Etat était un tribunal d’exception, qui n’existe dans aucune démocratie qui se respecte. Le tonnerre d’applaudissements qui s’en est suivi provoqua l’ire de Mr Aly Cire Bâ, qui menaça d’évacuer la salle si un tel incident se reproduisait.

Rappelons que c’est sur la base de l’article 80 que les militants rebelles du MFDC de l’Abbe Diamacoune ont toujours été poursuivis devant la cour de sureté de l’Etat.

Si nous avons tenu à faire ce rappel historique, c’est que le pouvoir issu de l’alternance est entrain de s’inspirer des méthodes sordides de l’ancien régime. Bienvenue au clonage politique.

Qu’est-ce qui a pu donc épargner, cinq ans après l’alternance, l’article 80, de la liste des réformes urgentes initiées par le Président de la République ? Pourtant, le 23 Juillet 2004, sur le perron de l’Elysée, il s’exprimait sans ambages sur son intention de se débarrasser de cet article de la honte.

Je n’aurais jamais cru que mon idole s’aventurerait à paître dans le champ infertile du muselage des libertés démocratiques. D’aucuns en attribuent la responsabilité aux vampires politiques et aux larbins qui pullulent autour du Président.Cette thèse semble accréditer par certains actes posés quotidiennement par le gouvernement.

Peu importe la véracité d’un tel argument. Car c’est bien lui qui a été élu le 19 Mars 2000.. Donc seul comptable de la situation de pourrissement dans laquelle le pays se trouve plongé. Qu’il en soit conscient ou pas, il s’agit là d’une orientation suicidaire. Car il est illusoire de croire, un seul instant, que ces millions de patriotes, qui se sont sacrifiés pour l’instauration d’un Sénégal Nouveau, vont simplement assister, impuissants , au chavirement du bateau Sénégal dans les eaux troubles d’un passé déjà révolu. Comme vous nous l’avez appris Maître, la volonté populaire peut venir à bout de toute forme de dictature. Au Sénégal comme ailleurs. Les Diakhal et autres Muroum Koor n’y feront rien.

Mamadou Badiane

Atlanta, Georgie. USA

karamoco@gmail.com
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