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Election de Macky et Constitution : Une Constitution non constitutionnelle, non républicaine - Par Ahmed Khalifa Niasse


Rédigé par leral.net le Mardi 19 Janvier 2016 à 14:17 | | 11 commentaire(s)|

Si l’on en croit aux propos tenus par Manuel Valls, actuel Premier Ministre Français, Ali Bongo n’aurait pas été élu au sens où le Français l’entend. En d’autres termes, il aurait été élu différemment. La logique voudrait, alors, que l’on se pose la question par analogie. En substance, notre Président, Elhadj Macky Birima Sall, aurait-il été élu selon l’entendement de Valls ou de celui des Français ? Je suis, pour ma part, de ceux qui croient qu’il a été élu comme l’entend la Françafrique. En tout cas le débat est ouvert sur ce que j’ai toujours appelé « La Démocratie Tropicalisée. »

Concernant le projet d’Amendement Constitutionnel, il y a lieu de préciser son caractère inconstitutionnel. Parce que même un Capacitaire vous dira que le principe de la non rétroactivité est un pilier du Droit Fondamental. Mais plus grave encore est le fait que ce soit la Constitution qui abroge la mission confiée au Chef de l’Etat par le peuple. En l’occurrence, cela constitue une sanction gravissime qui traduit une sorte d’agacement, pour ne pas dire, un ras-le-bol constitutionnel.

L’un des effets d’une telle chose, selon la morale politique, est que, comme la démission, l’abrogation de la mission d’un élu constitue un empêchement de se présenter après un mandat abrégé.

D’autre part, autant un mandat arrivé à son terme ne pose aucun problème autant un mandat abrogé ne fait que poser des problèmes. Y compris la légitimité de ses actes.

Il est vrai que dans l’entendement des constitutionnalistes « Faye Sallistes » et « Aperistes » la Constitution n’est qu’un fourre-tout qui sacralise tout ce qu’on y met. Quelque indigeste que ce soit.

Tout pose problème dans cette Constitution.

D’abord, son inconsistance, sa porosité. Donc, sa perméabilité. Et, ce, de Mamadou Dia à nos jours.

La laïcité est une religion. En ce sens que, comme la religion, elle a son code moral, ses interdits y compris. Ici la laïcité est déclarée alors qu’il fallait préciser que la laïcité est la religion de l’Etat.

Autant dire que les Amendements du Président n’ont de valeur que transformés en une scène pour la danse du Yéla. Interprétée, même mal, par l’autre presqu’égérie nationale. A moins qu’il ne s’agisse d’un autre Maal, plus musclé celui-là.

Ahmed Khalifa Niasse






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