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Election présidentielle: La Côte d'Ivoire retient son souffle

Rédigé par (Plus d'informations demain sur leral .net) le 1 Novembre 2010 à 00:46 | Lu 1023 fois

Bataille de programmes… Officiellement, les trois principaux candidats à la présidentielle de dimanche 31 octobre, Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié s’affrontent sur leur capacité à sortir le pays de la crise économique. En réalité, leurs programmes ne sont pas très éloignés. Tous mettent l’accent sur l’agroalimentaire et le social – l’emploi des jeunes, l’école gratuite, l’assurance maladie universelle. Laurent Gbagbo croit que les Ivoiriens préfèreront l’original (lui) à la copie (les autres). Ses adversaires répliquent que c’est le candidat Gbagbo qui a pillé leurs idées. Pas sûr que les électeurs s’y retrouvent.


Election présidentielle: La Côte d'Ivoire retient son souffle
En réalité, c’est sur le terrain purement politique que les trois « gros » candidats cherchent à faire la différence. Henri Konan Bédié, l’ex-Président renversé en 1999, essaie d’exploiter au maximum l’héritage houphouétiste : un maillage serré du territoire par le PDCI, et un bilan honorable. Hier, dernier jour de campagne, il est allé tenir meeting à Grand Lahou, à 150 km d’Abidjan. Il y a rappelé que, de son temps, le pays était en paix et que la pêche et la pisciculture marchaient bien dans cette région lagunaire.

Alassane Ouattara, l’ex-Premier ministre d’Houphouët, joue à la fois sur le désir de reconnaissance des populations du nord du pays – longtemps exclues du jeu politique- et sur la volonté de réconciliation de beaucoup d’Ivoiriens lassés par dix ans de conflit nord-sud. Hier vendredi, à bord d’un camion-podium, il a sillonné plusieurs quartiers d’Abidjan pour bien montrer qu’il n’était l’otage ni d’un clan ni d’une ethnie. Laurent Gbagbo, le Président sortant, parie que la jeunesse adhérera à sa politique de « résistance » à l’étranger et de « seconde décolonisation ». Hier, au stade Houphouët-Boigny à Abidjan, il a répété qu’il était le seul candidat de la Côte d’Ivoire, face à treize masques derrière lesquels se cacherait « une main invisible ».

Calmer le jeu

Jusqu’au dernier jour de campagne, il n’y a pas eu d’incident sérieux, même quand deux cortèges hostiles se rencontraient sur une artère de la capitale. Mais ces dernières heures, dans certains quartiers de la capitale, le ton est monté entre partisans de Laurent Gbagbo et d’Alassane Ouattara. A la Primature, plusieurs proches de Guillaume Soro s’en inquiètent. Pour calmer le jeu, les casques bleus de l’Onuci multiplient les patrouilles dans Abidjan et à l’intérieur du pays, notamment dans le nord, ancien fief de la rébellion, et dans l’ouest, ancien sanctuaire des miliciens pro-Gbagbo. Huit mille hommes pour sécuriser un territoire grand comme la moitié de la France… Est-ce suffisant ?

Normalement, le jour du scrutin, la sécurité et le transport des procès-verbaux de vote entre les quelque 20 000 bureaux et les 415 commissions électorales locales devraient être confiés aux nouvelles brigades mixtes nord-sud du Centre de commandement intégré. Le problème, c’est que les effectifs de ces brigades ne dépassent pas quelques milliers d’hommes. Ce sont donc les ex-belligérants qui risquent d’assurer l’essentiel du maintien de l’ordre et du transport des PV dans leurs zones respectives. Une éventualité qui ne réjouit pas les responsables de l’Onu en Côte d’Ivoire.

Rfi