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Éligibilité ou inéligibilité : reformer notre vision de la gouvernance (Par Abdou Aziz Kébé)

Depuis la tenue des Assises nationales, un certain nombre de propositions ont été discutées et exposées à la nation et aux prétendants aux fonctions gouvernementales. Lorsqu’on les examine, on se rend compte que toutes ces propositions ont visé une réforme profonde de nos institutions par l’établissement de mécanismes qui vont avec l’esprit de transparence, d’équité, d’impunité et ‘’d’inclusivité’’.


Rédigé par leral.net le Mardi 20 Août 2013 à 17:00 | | 7 commentaire(s)|

Éligibilité ou inéligibilité : reformer notre vision de la gouvernance (Par Abdou Aziz Kébé)
Un certain nombre d’entre elles ont été inspirées par le besoin de moderniser davantage la gouvernance en l’ajustant définitivement aux principes de l’Etat de droit, d’une part et d’autre part, d’abreuver la réforme à la source des valeurs sociétales et d’éthique.
C’est dans cette perspective que je comprends cette proposition d’inéligibilité pour une période déterminée par la loi, de tous ceux et toutes celles qui seraient reconnus coupables d’enrichissement illicite.

Autrement dit, les personnalités ayant exercé des fonctions publiques et qui en ont abusé pour détourner les deniers ou s’enrichir par des subterfuges et des moyens illégaux, seront tenues à l’écart de la gouvernance, le temps du repentir et de la réforme personnelle. Dans un langage plus prosaïque, il s’agit de retirer la confiance à tous ceux et à toutes celles qui ont confondu délibérément, dans des proportions graves, entre le mandat du peuple et l’intérêt personnel, entre servir le peuple et se servir au détriment du peuple.

Cette proposition, à mes yeux, est salutaire et doit être soutenue par tous les citoyens, tous les militants des droits humains et acteurs de la démocratie et de la bonne gouvernance. Elle reflète une demande antérieure à l’élection du Président Macky Sall et elle lui survivra, vu le caractère essentiel et universel de ses finalités. Par ailleurs, elle prend ses racines dans la mémoire politique de notre nation. Car, dans la charte de gouvernement établie par les Almamis du Fouta au 18e siècle, il était bien inscrit que l’autorité au sein du gouvernement, auteur d’enrichissement illicite, devait être chassée du pouvoir, exilée et en cas d’entêtement, elle était passible de la peine capitale. Même si la sentence peut sembler être sévère, replacée dans son contexte, mutatis mutandis, on peut l’assimiler à la haute trahison.

Ceci dit, il est légitime que des acteurs politiques puissent émettre des doutes et des réserves sur cette proposition. Ils peuvent craindre qu’elle ne soit faite que pour écarter des rivaux du jeu politique et des compétitions électorales. Ce qui serait inéquitable voire même cynique. Et c’est justement là où se situe l’enjeu pour les démocrates et partisans de l’Etat de droit, de la transparence et de la bonne gouvernance. Il s’agit, à mon avis, d’appuyer la proposition, de se mobiliser pour son effectivité, tout en restant vigilants afin qu’elle ne soit pas un instrument pour écarter de futurs adversaires.

Pour nous, la solution n’est pas d’empêcher une hypothétique ruse politique en rejetant simplement la proposition du gouvernement; ce serait faire preuve de ‘’la duplicité du lézard qui, en fermant les yeux, croit que tout le monde est dans l’incapacité d’y voir claire’’, comme dit Serigne Cheikh. L’équation est, à mes yeux, dans le fait de rendre opérationnelle une demande des Assises et d’une bonne frange de la population, et de l’intégrer dans l’esprit qui nous avait fait nous mobiliser: la justice et l’équité, sans parti-pris. Le Coran nous enseigne cette attitude équitable envers tout le monde, dans la sourate La Table au verset 8 :‘’Ô vous les croyants ! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Allah et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour des gens ne vous incite pas à être injustes. Pratiquez l’équité : cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah car Allah est certes parfaitement connaisseur de que vous faites ‘’

C’est dans la sens de l’établissement d’un Etat juste, un Etat de droit, dans la volonté de construire un Etat vertueux, en un mot, et de l’inscrire dans la durabilité, que les populations se sont mobilisées. Je crois que leur rêve mérite d’être transformé en réalité, en réalité durable, comme disait Serigne Touba : ‘’ L’Etat injuste dure une heure et l’Etat vertueux dure jusqu’à l’Heure [le dernier jour]- dawlatu al-bâtil sâ’ah wa dawlatu al-Haq ilâ al-Sâ’ah’’

Posant autrement les termes du problème, la question est de savoir si l’hypothèse, non encore vérifiée, de vouloir écarter des adversaires est suffisante pour réfuter une mesure qui milite pour l’installation d’une culture et d’une tradition de bonne gouvernance dans nos pays. Si nous autres citoyens sénégalais aspirons à une gouvernance éthique et à un Etat de droit, il nous faut aussi faire le sacrifice de soutenir la promotion d’une élite qui s’inscrit dans cette dynamique. Or, il ne suffit pas de le vouloir et de le proclamer pour l’obtenir. Nous tous nous savons, qu’il faut manifester cette volonté et cette foi en l’Etat de droit, en la gouvernance vertueuse, par une reconversion catégorielle et collective, en nous mêmes et dans nos institutions. Cela a certainement un coût et cela va coïncider fatalement avec un contexte. Mais telle est la voie, comme indiquée dans le Coran : ‘’En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple, tant que [les individus qui le composent] ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes ; inallah lâ yughayyiru mâ bi-Qawin hattâ yughayyirû mâ bi-Anfusihim.’’ [Sourate le Tonnerre, verset 11]

En parlant de changement de l’état social, notre pays a besoin d’une véritable reconversion, d’un changement de paradigme dans la gouvernance et dans le rapport aux gouvernants. L’érection de l’avoir et de l’apparat en valeurs suprêmes n’a-t-elle pas incité à l’éloignement par rapport au devoir et à l’être ? N’a-t-elle pas favorisé la quête effrénée des richesses y compris l’accaparement des biens de l’Etat, c’est à dire de la nation, et l’entretien d’une clientèle sous prétexte d’une redistribution, et de circulation de l’argent ? Est-ce à cela que nous aspirons ? Est-ce cela notre seul rêve de grandeur pour notre pays ?

Le cri de détresse d’El H. Malik est encore perceptible, vu les agissements de nos élites et de nous-mêmes, les populations :
‘‘On est contemporain d’une époque
La vertu y est peu considérée
Leurs préoccupations ne sont
Que superposition d'immeubles
Une époque, les désirs n’y ont pas de limites
Leur religion est seulement l’accumulation de richesse
Ce qui était vice est devenu vertu, tous s’y sont accorés
[…]’’
Quelle actualité ! Mais aussi quelle interpellation pour qu’on change !

Construire un Etat qui dure le temps d’une rose ou construire un Etat qui dure l’éternité de la vertu, tels sont les choix qui s’offrent devant nous autres sénégalais. Inverser l’échelle des valeurs et ajuster notre choix sur l’être et non le paraître, sur le devoir et non l’avoir, surtout lorsqu’il est indu, c’est ce qui est bien mis en exergue et non en filigrane dans les principes de gouvernement des Almamis du Fouta comme dans les enseignements de nos illustres ancêtres qui nous ont guidés en religion. C’est aussi ce que les populations ont clairement exprimé en répondant à l’appel des Assises nationales bien même avant l’élection du Président de la république, M. Macky Sall. C’est aussi ce que l’on attend du projet de gouvernance vertueuse qu’il a exposé aux populations qui l’ont validé par le vote.

Cette proposition d’inéligibilité, qui vise à réconcilier l’éthique à la gouvernance, les valeurs de notre société à l’aspiration de modernité, peut contribuer à rendre nos gouvernants dignes de confiance, d’affection et de soutien. Elle contribue par ailleurs à restaurer la crédibilité de nos autorités temporelles et spirituelles en inventant des types de rapports susceptibles de rompre avec l’instrumentalisation consistant à associer certains de leurs secteurs à une ‘’redistribution’’ aux parfums de corruption. Elle configure les lignes d’une citoyenneté responsable et digne, inventive et participative. Une citoyenneté qui croit à l'effort et au travail, au jëf jël, ñaqq jariñu et non à la circulation d'une quelconque rente de fidélité partisane ou d'allégeance.

Il est alors juste que l’on rêve de grandeur pour notre pays. Il est alors juste qu'on rêve d’un changement de l’état de notre société en modifiant nos comportements, en les ajustant aux valeurs dont nous nous réclamons aussi bien au niveau culturel, religieux que démocratique, en inventant et renforçant les mécanismes qui y aident. Sur ce chemin, les menaces et les interprétations erronées ne manqueront pas mais, la persévérance dans la vérité et la justice est la voie du succès, dans la grandeur. Le Coran nous le rappelle : ‘‘Certes ceux auxquels l’on disait : « les gens se sont rassemblés contre vous ; craignez-les » - cela accrut leur foi – et ils dirent : « Allah nous suffit ; Il est notre meilleur garant.
Ils revinrent donc avec bienfait de la part d’Allah et une grâce. Nul mal ne les toucha et ils suivirent ce qui satisfait Allah. Et Allah est Détenteur d’une grâce immense.

C’est le Diable qui vous fait peur de ses adhérents. N’ayez-donc pas peur d’eux. Mais ayez-peur de Moi, si vous êtes croyants’’
Sourate La famille d’Imrân, versets 173-174-175.

ABDOUL AZIZE KEBE
Enseignant-chercheur
FLSH-UCAD
DAKAR



1.Posté par Modou FALL RV/ Degg Moo Woor le 20/08/2013 16:52 | Alerter
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Cette proposition est tout sauf démocratique.
Dans quelles conditions des personnes coupables seront élues par les Sénégalais ?
Si ces personnes sont élues cela voudra tout simplement dire que le peuple les considères comme non coupables ou en tout cas les font confiance.
Donc la question serait de dire si une telle proposition ne nécessite pas une ouverture vers la population.

2.Posté par SENTINELLE le 20/08/2013 17:58 | Alerter
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Merci Monsieur KEBE, VOUS VOUS ÊTES ACQUITTÉ DE VOTRE DEVOIR DE D'INTELLECTUEL ENGAGÉ ET DE LEADER D'OPINION ÉCLAIRÉ.

Le peuple au nom duquel les lois sont votées applaudit des deux mains et, de grâce, il faut même aller au-delà, en oubliant surtout pas de priver de responsabilités Etatiques pendant dix ans aussi tous les Sénégalais(Ministres, DG, SG entre autres) identifiés comme complices de ces prédateurs de deniers publics et du patrimoine foncier(LES TERRES DE MBANE ET LES TERRAINS DE L'aéroport notamment) de notre pays.
Cette Dame Mimi Toué a toutes les chances d'être plébiscitée par le Peuple Sénégalais si elle se présente à l'élection présidentielle après les 2 mandats de Macky SALL. Je Parie qu'elle est partie pour marquer l'histoire politique du Sénégal, en termes de" ruptures révolutionnaires" pouvant mettre notre pays sur la trajectoire des pays qui comptent et donnent des leçons d'exemplarité au reste du monde...! Ne craignez rien ni personne car le Peuple Sénégalais est derrière vous Madame le Ministre et vous soutient.
:sn::sn::sn::

3.Posté par justice pour tous le 20/08/2013 19:08 | Alerter
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lien :
http://www.seneweb.com/news/Politique/gouvernance-au-senegal-l-ige-presente-publiquement-son-rapport-au-chef-de-l-etat-aujourd-hui_n_103499.html

Kathior Ka
* Le SAES réclame l'audit de la gestion de l'Université Gaston Berger de Saint-Louis -14 octobre 2012 -
http://www.lesoleil.sn/index.php?option=com_content&view=article&id=21192:le-saes-reclame-laudit-de-la-gestion-de-luniversite-gaston-berger-de-saint-louis&catid=140:actualites

** L'audit administratif et financier de l'Université Gaston Berger (UGB) se fera entre octobre et mars 2013, annonce le recteur Mary Teuw Niane, dans un communiqué reçu à l'APS, Lundi 15 octobre 2012.
http://laye_ndoye.seneweb.com/news/Education/le-recteur-de-l-ugb-annonce-un-audit-administratif-et-financier-d-ici-six-mois_n_79068.html

*** UNIVERSITE GASTON BERGER DE SAINT-LOUIS : Le rapport d’audit qui met à nu la gestion de Mary Teuw Niane - Lundi 22 Juillet 2013 -
(rapport commandité conjointement par les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de l’Économie et des Finances, sur financement de la Banque mondiale).
http://www.popxibaar.com/UNIVERSITE-GASTON-BERGER-DE-SAINT-LOUIS-Le-rapport-d-audit-qui-met-a-nu-la-gestion-de-Mary-Teuw-Niane_a16505.html

État de droit, gouvernance vertueuse, transparence, etc. à l’épreuve des faits.
« Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. »

Un recteur qui ignorait royalement l’autonomie des structures et les lois du Sénégal, avec une gestion hors norme tant décriée par les syndicats et des citoyens de tous bords se retrouve nommé Ministre de l’Enseignement Supérieur de la Recherche, sans autre forme de procès. Les faits avérés qui lui sont reprochés sont d’une telle gravité qu’il ne doit certainement son « salut » (c’est temporaire, car un jour chacun rendra des comptes, ces anciens amis du PDS ne diront pas le contraire) que grâce la transhumance du PDS à l’APR à la 25ème heure. Les « amis » avant la patrie.

Sauvons nos universités publiques du naufrage.
(leral.net 9 oct. 2012 de Citoyen).

Malgré les moyens substantiels mis à la disposition de l’enseignement supérieur de notre pays, les résultats sont qualitativement et quantitativement loin des normes de l’UNESCO. Nos institutions d’enseignement supérieur ont surtout un problème de management ([b]mal gouvernance, corruption, népotisme, dépenses de prestige, gestion solitaire en lieu et place de la gestion démocratique et légale, non respect des lois et des règlements, etc.[/b]) avec la complicité active ou passive de la communauté universitaire ([b]avantages indus, intimidations, etc.[/b]), des autorités étatiques qui, jusqu’à présent, feignent de ne rien savoir (n’ont-elles pas les moyens de savoir ce qui se passe?) pour éviter la confrontation avec ceux (les amis politiques!) qui sont nommés à la tête de ses structures et qui agissent parfois comme des monarques en gérant la chose publique à leur guise.
Face à la démission de l’État, nos universités croulent sous le poids de dettes dues aux créanciers (banques, hôpitaux, Sonatel, Senelec, SDE, fournisseurs divers) et chaque corporation s’évertue à demander toujours plus pour « améliorer ses conditions d’existence » et parfois au détriment des intérêts de la communauté. Ainsi donc, la crise est donc une conséquence logique de l’inaction de l’État.
En effet quand les dirigeants (nommés par les autorités) gèrent la chose publique en dehors des normes établies sans être inquiétés le moindre du monde (pour ne pas dire promus à des stations plus juteuses), les syndicats demanderont des chosent hors normes et c’est le début du CHAOS.
A l’État de faire l’état de la gestion de ceux qu’il a nommé, punir ceux qui se sont montrés indélicats et récompenser les autres, ensuite il serait facile de demander aux syndicalistes de faire preuve de mesure et enfin sévir dans le respect de la loi si de besoin. Il est temps de restaurer l’État de droit (et donc des devoirs) ; il est indispensable, avant toute promotion, d’étudier sérieusement la gestion présente et passée du pressenti.
L’État ne peut continuer à protéger et promouvoir ceux qui mettent à genoux nos institutions d’enseignement supérieur et jeter en pâture les syndicats. Je pense que les responsabilités sont partagées.
Des assises de l’Éducation avec ceux qui bloquent le système pour des raisons personnelles ou émotives ne serviraient à rien, je proposent des assises des anciens (Recteurs, Professeurs ou hauts cadres à la retraites) du système pour faire des propositions objectives. Il est souvent difficile d’être juge et parti.
Il n’est jamais trop trad pour bien faire un devoir citoyen.

4.Posté par kane tidiane le 20/08/2013 20:24 | Alerter
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bravo, pr abdoul aziz qu` allah (swt) continue d`eclairer votre sprit d`educateur (amin!)
ce n`est pas l`etendue de mal qui m`inquiet au senegal mais le silence des hommes de bien .
qu` allah (swt) protege notre sunugal , amin 1

5.Posté par tig le 20/08/2013 21:12 | Alerter
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il faut dire à macky avec courage et determination de justifier ses biens m kebe les senegalais sont de faux types après avoir chanté les louanges du pds hier aujourd'hui vous dites du n'importe quoi
vous oubliez les originesde macky pauvre comme je ne sais et il a pasé 8 ans dans le régime précédent

6.Posté par yadikon le 20/08/2013 23:03 | Alerter
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vous qui est contre cette loi qui d,entre vous est ptèt a confier sa fillette a un pedofile?
personne.. coment vouler vous confier l,argent du contrubiabe senegalais a des pieures de denièe publique?

7.Posté par Bouba Ndour le 21/08/2013 09:06 | Alerter
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Fermes ta gueule Mr Kébé, tu es un léche cul qui hier défendait l'statut de WADE avec tes dents de cromagnons

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