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En Allemagne, les opposants au mouvement anti-« islamisation » se mobilisent

le 6 Janvier 2015 à 01:00 | Lu 288 fois

En Allemagne, les opposants au mouvement anti-« islamisation » se mobilisent

Près de 18 000 personnes se sont réunies, lundi 5 janvier, à l'occasion d'une manifestation contre l'islamisation de l'Allemagne  et de l'Occident, à Dresde dans l'est du pays. La dernière, organisée trois jours avant Noël   avait regroupé 17 500 individus. Depuis octobre, un groupe se faisant appeler  les « Européens patriotes contre l'islamisation de l'Occident » (Pegida) organisent de tels événements dans la capitale de la Saxe.

En dépit des messages dénonçant le mouvement Pegida, adressés par les politiques de tous bords, et en particulier par la chancelière Angela Merkel, les manifestants ont de nouveau scandé « Wir sind das Volk ! » (« Nous sommes le peuple ! »), un slogan naguère entonné par les manifestants contre le régime de la RDA, peu avant la chute du Mur de Berlin.

Lire aussi : En Allemagne, les élites démunies face aux manifestations « contre l'islamisation »

Mais la mobilisation record de lundi s'est toutefois heurtée à de nombreux rassemblements d'opposants dans plusieurs autres villes. Dans cette municipalité, quelque 3 000 contre-manifestants s'étaient rassemblés notamment à l'initiative d'un collectif d'associations baptisé « Dresde pour tous ». « Venez, on va parler  ! Attaquons-nous vraiment aux problèmes ! », martelaient-ils.

« EUROPÉENS CONTRE LA CRÉTINISATION DE L'OCCIDENT »

Dans le reste du pays, le rapport de force entre partisans et détracteurs de Pegida était même inversé. A Rostock, autre ville d'ex-RDA, ce sont en effet les opposants au mouvement qui se sont fait entendre, scandant en particulier« Willkommen im Abendland ! » (« Bienvenue en Occident ! »).

 

A Cologne (dans l'ouest), « quelques milliers » d'individus ont fait face à« quelques centaines » de personnes dénonçant l'« islamisation ». Les ponts sur le Rhin, l'hôtel de ville et l'emblématique cathédrale avaient été éteints en signe de protestation contre Pegida. L'église catholique a expliqué qu'elle militait contre les discriminations, pour la liberté religieuse et ne voulait pas « offrir de beau décor » à ce mouvement. « Critiquer l'islam, oui, mais la haine de l'étranger, c'est inhumain », pouvait-on lire  sur une banderole des contre-manifestants.

A Berlin, environ 300 militants anti-« islamisation » s'étaient réunis aux abords de l'hôtel de ville tandis que quelque 5 000 contre-manifestants, selon l'agence de presse allemande DPA, se sont dirigés vers la porte de Brandebourg, parmi lesquels le ministre fédéral de la justice, Heiko Maas. L'éclairage du bâtiment symbole de la capitale allemande avait, lui aussi, été coupé.

Dans les villes de Munster (nord-ouest, 10 000 personnes), Stuttgart (sud, 8 000) ou encore Hambourg (nord, 4 000), les anti-Pegida s'étaient également mobilisés. Dans cette dernière ville, la manifestation avait été organisée par un collectif baptisé « Européens tolérants contre la crétinisation de l'Occident » (Tegida).

Le mouvement Pegida affirme refuser  « l'islamisation » de la société allemande, s'opposer  aux djihadistes ou aux étrangers qui refuseraient de s'intégrerSes cibles : l'islam, les étrangers, les médias  (« tous des menteurs »), les élites politiques, le multiculturalisme, etc., qui dilueraient la culture  chrétienne allemande.Angela Merkel a appelé ses compatriotes à ne pas participer à ses manifestations, estimant qu'elles étaient organisées par des gens  au « cœur » rempli de« préjugés » et de « haine », dans son allocution du Nouvel An.