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En Grèce, la crise réveille le sentiment identitaire

le 27 Août 2012 à 15:59 | Lu 476 fois

L'ONU et certaines ONG dénoncent une augmentation des agressions racistes.


En Grèce, la crise réveille le sentiment identitaire
«Si envoyer un immigré à l'hôpital est une manière de le dissuader de rester, alors c'est bien. Au moins, ça lui servira de leçon», déclarait au Figaro Stelios, un électeur d'Aube Dorée, le parti xénophobe grec, le soir des résultats des élections législatives de mai, alors que celui-ci récoltait près de 7% des voix. Radical, ce discours semble néanmoins se banaliser dans une partie de la société grecque. Vendredi, ils étaient environ 5000 immigrés à se réunir devant le Parlement à Athènes, pour dénoncer l'augmentation des agressions à caractère raciste à leur encontre.

Jeudi, c'est le Haut-Commissariat des réfugiés des Nations unies (UNHCR) qui avait fait part de sa préoccupation face à l'aggravation des attaques racistes, «phénomène qui a pris des dimensions inquiétantes et semble être coordonné par des groupes et individus se prévalant agir au nom de la sécurité publique alors qu'en réalité ils menacent les institutions démocratiques». Laurens Jolles, le représentant de l'Europe du Sud-Est du UNHCR, a demandé au ministre de la Protection du citoyen, Nikos Dendias, de «prendre des mesures pour lutter contre la hausse du nombre des attaques racistes, protéger les victimes et poursuivre en justice les auteurs et les instigateurs à la violence». Le ministre conservateur s'est engagé à mettre en place «une force spéciale pour lutter contre la violence raciale».

Banalisation de la violence xénophobe
Certaines organisations non gouvernementales (ONG) comme Human Rights Watch (HRW) dénoncent elles aussi une certaine banalisation de la violence xénophobe. «La plupart des attaques ont lieu la nuit, sur les places de la ville ou à proximité. Les attaquants œuvrent en groupe et portent souvent des vêtements sombres, le visage masqué par un tissu ou un casque. La plupart des attaques sont accompagnées d'insultes et d'exhortations à quitter la Grèce», relatait-elle début juillet. Dans des circonstances quasi identiques, un jeune Irakien a ainsi été poignardé à mort par un groupe de motards le 12 août. Selon différentes sources, aucune arrestation n'était à signaler après les faits. Amnesty International note également une «forte augmentation des agressions racistes enregistrées depuis un an contre des étrangers». «Malheureusement, il n'existe pas de statistiques officielles. Cependant, le réseau commun de 18 ONG, le Racist Violence Recording Network, a enregistré, entre octobre et décembre 2011, 63 incidents (à Athènes et Patras, NDLR)», précise Giorgos Kosmopoulos d'Amnesty International.

«Nous sommes ici face à un cas où la crise économique et sociétale est déterminante. Il y a aussi une immigration clandestine très importante, qui atteint des sommets (en particulier en provenance du Pakistan, d'Afghanistan, d'Irak, mais aussi du Bangladesh ou de Somalie, NDLR). La relation entre ces deux facteurs est un terreau porteur», explique Magali Balent, chercheuse associée à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) et spécialiste du fait nationaliste en Europe. «En Grèce, c'est vraiment la crise économique qui va réveiller le sentiment identitaire», souligne-t-elle. Mais pour HRW, «la crise économique et l'immigration ne peuvent pas excuser l'échec de la Grèce à lutter contre la violence qui déchire son tissu social».

Les forces de l'ordre critiquées
Dans son rapport, l'ONG relate que certaines victimes renoncent à porter plainte, que ce soit du fait de la législation - déposer une plainte officielle coûte 100 euros de frais depuis fin 2010 - ou de la pression des forces de l'ordre, qui menacent souvent de les placer en détention. «Beaucoup de migrants avec lesquels Amnesty a discuté étaient soit apeurés (souvent par crainte d'être arrêtés en raison de leur situation irrégulière), ou pensaient que signaler l'incident aux autorités serait inutile, qu'il n'y aurait pas de résultat», confirme Giorgos Kosmopoulos.

Face à cela, le gouvernement se montre peu ferme, étant lui-même dans une rhétorique anti-migrants affichée. Nikos Dendias par exemple, le même ministre qui s'est engagé à mettre en place «une force spéciale pour lutter contre la violence raciale», avait il y a peu qualifié l'immigration illégale «d'un des grands problèmes du pays» et s'était engagé à mettre fin à «l'invasion sans précédent» d'immigrants. Début août, les forces de l'ordre avaient lancé une opération de grande envergure, Xenios Zeus, qui avait abouti à l'interpellation de 7000 personnes et à la détention en camp de rétention de 2000 d'entre elles.

Par Théo Corbucci


1.Posté par ndiol le 27/08/2012 17:39 | Alerter
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ce qui se passe en grece est plus grave la police est racite et encourage les actes barbares

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