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En Guinée-Bissau, la junte dissout les institutions et crée un conseil de transition

le 17 Avril 2012 à 20:20 | Lu 1021 fois

En Guinée-Bissau, la junte dissout les institutions et crée un conseil de transition
Les militaires putschistes de Guinée-Bissau et des leaders de l'ex-opposition ont décidé, dimanche 15 avril, de "dissoudre toutes les institutions" et de créer un "Conseil national de transition" (CNT), a annoncé Fernando Vaz, porte-parole des partis. Par ailleurs, les militaires ont annoncé lundi la fermeture des espaces aérien et maritime du pays, ajoutant que toute entrée sur le territoire devait être autorisée au préalable. Toute violation de l'espace aérien et maritime conduira à une "riposte militaire", ont-ils averti.

Cette mesure intervient à la suite d'un appel lancé par la communauté des pays lusophones pour l'envoi d'une force d'intervention mandatée par l'ONU dans ce pays d'Afrique occidentale, ancienne colonie portugaise. Un navire portugais serait également en route pour la Guinée-Bissau afin de procéder à d'éventuelles évacuations de ressortissants étrangers.

POURSUITE DU PROCESSUS ÉLECTORAL


La composition du CNT, le nombre de personnes qui y siégeront et la durée de son mandat seront déterminés lors d'une réunion lundi des partis politiques, qui présenteront ensuite leurs propositions aux putschistes, a précisé M. Vaz. Dans l'attente de la mise en place effective du CNT, deux commissions ont été créées, l'une chargée des "affaires diplomatiques" et l'autre des "affaires sociales". La commission diplomatique rencontrera lundi une délégation de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui doit venir à Bissau pour demander un retour à l'ordre constitutionnel et la poursuite du processus électoral interrompu par le coup d'Etat du 12 avril.

Un second tour de la présidentielle entre le premier ministre Carlos Gomes Junior et son principal opposant Kumba Yala était prévu le 29 avril. M. Yala, soutenu par des candidats éliminés au premier tour du 18 mars, avait décidé de ne pas y participer après avoir dénoncé des "fraudes" au premier tour M. Carlos Gomes et les président de la République par intérim, Raimundo Pereira, membres de l'ex-parti au pouvoir, ont été arrêtés lors du coup d'Etat. Depuis lors, on ne sait rien de leur sort. Le chef d'état-major de l'armée, le général Antonio Indjai, a également été mis aux arrêts, selon la junte, mais un ministre et des observateurs à Bissau estiment qu'il est à l'origine du putsch.

CONDAMNATION DU COUP D'ÉTAT

Ces cinq candidats de l'opposition, dont leur principal leader, Kumba Yala, ont "fermement condamné" lundi le coup d'Etat militaire du 12 avril et exigé "le retour rapide à l'ordre constitutionnel".

"Nous sommes choqués par ce (soulèvement) et également par la violence du communiqué divulgué par la présidence de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) à propos des événements du 12 avril et surtout par le lien qu'ils ont établi entre les cinq candidats et le soulèvement militaire", a ajouté M. Yala, qui s'exprimait également au nom des quatre autres candidats d'opposition éliminés au premier tour.

Au lendemain du coup d'Etat, la présidence angolaise de la CPLP avait mis en cause "l'action antidémocratique et obstructionniste" des candidats de l'opposition à la présidentielle, les menaçant de poursuites devant la Cour pénale internationale "si leur implication (dans le putsch) était prouvée".


SOURCE:Lemonde.fr