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En cas de défaite : Macky Sall aiguise le sabre

Les élections locales de ce dimanche constituent un enjeu majeur pour l'Apr et son leader. Et quelle que soit l'issue de ces joutes, le président de la République est condamné à faire face à une nouvelle recomposition politique. Déjà, bien avant les locales, l'idée de la mise sur pied d'une alliance pour la majorité présidentielle était agitée par des proches du chef de l'Etat. Mais le projet est vite tombé à l'eau, du fait de caciques de l'Apr qui n'y trouvaient pas leur compte.


Rédigé par leral.net le Samedi 28 Juin 2014 à 16:00 | | 5 commentaire(s)|

En cas de défaite : Macky Sall aiguise le sabre
Sa coalition n'ayant récolté que 25% des suffrages lors de la présidentielle de 2012, Macky Sall se voit obligé de prôner l'ouverture de son parti à toutes les compétences. Ou, à défaut la préservation de l'unité au sein de la coalition présidentielle. Surtout après les défections de Ibrahima Fall, Idrissa Seck, entre autres. S'y ajoute qu'il avait instruit ses lieutenants à ne pas se présenter dans les contrées où ils n’étaient pas assurés de gagner. Injonction leur est faite de soutenir le candidat de la mouvance présidentielle à même de remporter la palme.

C'est dire que le slogan “la patrie avant le parti” n’était pas une simple vue de l'esprit. Toutefois, le chef de l’État n'a pas été entendu par son parti. Il a été même défié par certains barons qui ont présenté des listes dissidentes dans beaucoup de villes et collectivités locales. Et le cas de Ogo où la liste de l'Apr a été déclarée forclose avant d'être repêchée par la cour d'appel de Saint-Louis, est l'exemple le plus patent du manque de poigne voire de contrôle du président sur son parti.

Face à cette situation ubuesque, surréaliste et à la limite iconoclaste, l'apériste en chef n'a trouvé rien à dire que ces élections locales sont des primaires et que les perdants seront sanctionnés. Et pour ne pas être accusé de parti-pris il a affiché une neutralité totale tout au long des 14 jours de campagne.

Aujourd'hui, le divorce est réel entre Macky Sall et l'Apr, et ils sont nombreux, ses collaborateurs, à penser que le président ne doit plus avoir de scrupules à se séparer de certains de ces vieux compagnons. Qui le desservent plus qu'ils ne le servent. Farba Ngom, le griot déclaré de la République et le député Moustapha Cissé Lô sont les plus en vue du fait de leurs fanfaronnades répétitives et cassantes, mais Dieu sait qu'ils sont légion dans la galaxie présidentielle.

En réalité, beaucoup de militants et responsables de l'Apr ont été déçus de ne pas profiter des retombées sonnantes et trébuchantes de l'accession de leur leader à la magistrature suprême. Le rêve au festin et à la bamboula, comme du temps de Abdoulaye Wade, de nombreux apéristes s'est vite effondré. Conséquence : le président est attaqué de toutes parts et rares sont ceux qui vont au charbon pour le défendre. Il n'empêche que le patron de l'Apr, qui pourtant a été élu par le peuple sénégalais et non par son parti, est gêné de se séparer de certains de ses anciens compagnons de traversée du désert, de peur d'être taxé de traître.

L’épisode Alioune Badara Cissé est encore vivace dans les esprits. Les élections locales constituent donc une aubaine pour le chef de l’État de reprendre son parti en main et de ne plus apparaître comme l'otage d'un clan plus préoccupé par des prébendes et sinécures que par le devenir de la nation. Mieux, l’éradication de la logique partisane et sectaire, tare congénitale de l' Apr, est l'une des conditions sine qua non pour un second mandat présidentiel. Tout porte à croire que Macky Sall en est conscient, surtout dans un contexte de marasme économique où la sucette PSE n'est pour le moment qu'illusion.

En attendant, Macky aiguise le sabre et il ne fait l'ombre d'un doute que des têtes vont être coupées.






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