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En quête de sécurité : penser ou esquiver l’insécurité ? Par Daouda Badji


Rédigé par leral.net le Jeudi 16 Octobre 2014 à 10:58 | | 0 commentaire(s)|

En quête de sécurité : penser ou esquiver l’insécurité ? Par Daouda Badji
Le besoin de sécurité et le " sentiment d'insécurité " qui l'exprime jouent désormais un rôle essentiel dans la vie politique, et le thème n'est pas près de quitter le devant de la scène. Comment concilier (surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001) la garantie des libertés publiques et le renforcement des dispositifs sécuritaires ? Sans aller jusqu'au terrorisme, véritable épée de Damoclès de nos démocraties, la délinquance routière, les délits économiques et financiers, la délinquance de rue, etc., sont désormais jugés radicalement insupportables et motivent une demande de sécurité qu'il serait hâtif de réduire à un simple accès d'esprit punitif encouragé par les médias.
Les grands débats qui agitent la société sénégalaise suscitent les controverses, parfois très dures, et sont abordés sous des angles forts différents. Mais les divergences qui s’expriment portent sur la façon de traiter le problème, sur les causes, de lui trouver des solutions, sur des propositions d’actions, de réformes, ou de retour à des politiques anciennes. Rarement sur le problème lui même.
Bien sûr, s'expriment aussi des désaccords sur l'identification et la nature des questions posées, des divergences sur les définitions. Par exemple, concernant le chômage, il y a parfois des contestations sur les ’’chiffres’’ du chômage, les instruments de comptage et de mesure. Il est arrivé que des organisations syndicales, des chercheurs, des statisticiens mettent en cause la définition officielle de ce qu’est un demandeur d’emploi ou un chercheur d’emploi. Les autorités actuelles (ministère de la jeunesse, celui de la fonction publique et du travail et celui de l'enseignement supérieur) ignorent le nombre exact de diplômés et de chômeurs diplômés. C’est tous ces manquements qui méritent des correctifs et correctifs si l’on veut apporter des réponses claires et nettes au fléau qu’est le chômage des jeunes diplômés.
En général ces discussions, si précieuses soient-elles, occupent une place marginale dans le débat public : il n y a pas de contestations de fond sur l’existence du problème chômage, sur l’étendue de ses impacts, ni même sur l’appréhension des grandes tendances de son évolution à notre époque. Un consensus existe pour rassurer à partie de quelques données de base. La querelle politico-sociale à propos du chômage porte essentiellement sur ses causes, les modalités de son traitement, les solutions. On peut même développer des visions hétérodoxes .
Ni apocalypse, ni fantasme, l’insécurité (liée au chômage) est une réalité têtue. Au-delà des troubles infligés à l’ordre public, elle ébranle, la sociabilité primaire en même temps qu’elle mine la question sociale en fabricant de nouvelles inégalités, en révélant de nouvelles oppressions. Une émergence(concept en vogue actuellement dans le discours public) sérieuse et viable peut-elle être envisagée sans la prise en compte de cette situation socialo-dramatique ?

Docteur Daouda Badji
Université Toulouse 1 Capitole






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