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Enfants dans les rues, silence coupable !


Rédigé par leral.net le Mercredi 13 Mai 2015 à 12:59 | | 0 commentaire(s)|

Enfants dans les rues, silence coupable !
Notre pays le Sénégal a ratifié pas mal de conventions. Eh bien bravo. Mais, une chose est et demeure indubitable. Oui il faut parapher des conventions. Mais, il faut bien les appliquer aussi! Des enfants galèrent dans ce pays, et Dieu sait qu’ils sont une ribambelle. Pire, ceux qui passent des jours et des nuits dans la rue, aux côtés de leurs parents, à Dakar de surcroît, commencent sérieusement à inquiéter. C’est comme si au Sénégal, il n’y a aucune autorité qui puisse mettre fin à cette nouvelle forme de servitude.

Ce n’est pas le cadre normatif qui fait défaut, croyez-moi, il y a des instruments juridiques à la pelle qui, correctement mis en œuvre, doivent pouvoir permettre d’éviter certaines souffrances aux enfants. Ils n’ont guère demandé à venir au monde ! Nous leurs devons tout, s’il vous plaît ! Le spectacle devient plus qu’insupportable.

Dans les coins et recoins de Dakar, au cœur même de la capitale, le long des certaines artères, des enfants sont exposés par des parents, ou pseudo parents qui sont les auteurs de ces actes répréhensibles. Qu’il vente ou pleuve, qu’il y ait de la poussière ou pas, les mômes sont là, tout innocents, se payant même le luxe de gambader avec tout ce que cela comporte comme risques, de chantonner, alors qu’ils ne devraient pas être là. Pire, il se raconte, pas par n’importe qui d’ailleurs, que la plupart de ces enfants viendrait de pays limitrophes, la fameuse « Teranga » Sénégalaise chantée sous tous les toits.

Les enfants doivent aller à l’école, ils doivent être bien portants, ils doivent être à l’abri de certaines vicissitudes. Des organisations de la société civile bien connues pour leur combat pour sauver les enfants de certaines atrocités s’activent certes, mais elles doivent davantage mouiller le maillot et inviter les pouvoirs publics à mettre un terme à cette nouvelle forme de traite des enfants qui, en plus d’être un acte horrible, écorne sérieusement l’image de notre pays. Nul n’a le droit de laisser prospérer de telles pratiques, et au premier chef de l’Etat dont il faut souligner avec force qu’il a failli à sa mission, avec son inexplicable silence ou son regard passif.

Faudrait-il alors baisser la garde ou se taire aussi ? Que non !

Tous doivent se dresser contre de telles pratiques aptes à mettre en péril l’avenir de notre pays. Si les lois sont faites pour ne point être appliquées (notre pays est malheureusement expert en la matière), autant ne pas se triturer les méninges à en faire, que l’anarchie s’installe et devienne un mode de gouvernance, comme cela, à l’instar d’une mare aux caïmans, chacun se préparera à être dévoré par plus fort que lui. Et pourtant, Dieu sait que bien traités, ces enfants nés avec le même cortex cérébral, le même nombre de neurones corticaux, le même volume de cerveau que les autres qui semblent avoir la chance de voir le jour dans une ville, au sein d’une structure de santé, pourraient nous valoir de réels motifs de satisfaction.

Redorons le blason de l'éducation et de la formation; instaurons l'école obligatoire au Sénégal pour tous les enfants mineurs présents sur le territoire national quels que soient leur nationalité. En ce sens, la Suisse pourrait être une école pour le Sénégal comme elle l'est déjà pour la France qui est de surcroît la référence pour nos dirigeants.
Pour rappel, au terme de sa visite sur le sol helvétique le 16 avril dernier, le président français, Monsieur François Hollande disait : «Cette visite d'Etat nous a permis de découvrir la Suisse telle qu'elle est: innovante, ouverte, industrielle, capable d'accueillir ce qu'il y a de mieux, comme l'illustre l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Les ministres français n'ont qu'à copier».

A méditer.

Ousmane DIA

Gestionnaire et médiateur culturel

Artiste plasticien

Enseignant d'arts visuels à Genève






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