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Enfin le temps des rationalisations

Au sortir des évènements du 23 juin 2011 marqués par le recul du gouvernement libéral dans son intention de créer une vice présidence, les chercheurs et analystes politiques s’étaient accordés presqu’unanimement à l’hypothèse qu’une deuxième alternance était inévitablement en gestation. Certes, la démocratie sénégalaise s’est développée et consolidée d’une façon empirique, qui, au gré des calculs politiques et politiciens des différents régimes, s’est finalement traduite par la prolifération des institutions.


Rédigé par leral.net le Lundi 17 Septembre 2012 à 18:00 | | 0 commentaire(s)|

Enfin le temps des rationalisations
Cependant, le contexte d’une situation socio-économique alarmante, avait conduit non seulement au rejet du projet de loi gouvernemental mais surtout à une requête populaire visant à auditer et à rationaliser les instituions de notre pays. Toutes les coalitions politiques, à l’exception notable de « MACKY 2012 », trouvèrent cette sollicitation fort justifiée et prirent l’engagement de la formaliser dans leurs professions de foi et documents de programmes. Cette prudence et cette précaution du candidat Macky SALL sont-elles suffisantes pour maintenir le Chef d’Etat loin des préoccupations de ses compatriotes ? En vérité, le Président Macky SALL est conscient plus que quiconque du pacte de confiance qui le lie à son peuple.

La confiance, n’est-elle pas, d’ailleurs, comme le soutient Warren Bennis, le lubrifiant qui permet aux organisations, fussent-elles aussi puissantes que l’Etat, de fonctionner. Elle implique la responsabilité, la constance, la fiabilité et est le ciment qui préserve l’intégrité d’une nation. En dirigeant accompli, le Chef de l’Etat est parfaitement convaincu de la lourdeur de son héritage, des orientations qu’il doit impulser et de ce qu’il souhaite réaliser pour le Sénégal malgré les ambiguïtés savamment et volontairement entretenues par des adversaires soucieux de refaire leur retard.

Du reste, dès les premières semaines de son magistère, le Président SALL s’est préoccupé du fonctionnement optimal des structures administratives dont le chevauchement constitue un péril paralysant et un étrange goulot d’étranglement. Sous l’éclairage des corps de contrôle de l’Etat intelligemment mis à contribution, le nouveau gouvernement a courageusement réussi à revaloriser et à restructurer des directions et agences nationales dont l’effectif a été revu à la baisse par la suppression ou par la fusion absorption. La réduction prochaine de nos représentations consulaires et diplomatiques s’inscrit également dans cette logique. A en croire Maurice Duverger1, cette étape ne vise certainement pas à délégitimer l’Etat comme institution mais plutôt à rénover et à améliorer son fonctionnement.
Au demeurant, le débat sur l’efficacité de l’administration des états africains et sur la pertinence de leurs institutions a fait l’objet d’une production scientifique abondante. Les divergences doctrinaires trouvent leur fondement dans la prise en compte de la spécificité culturelle et de l’expérience propres à chaque pays.

De toute évidence, le schéma d'organisation et de réaménagement des institutions politiques doit être en parfaite harmonie avec les attentes du peuple.

Dès lors, le Président a compris que la multiplication des institutions est un foyer ardent générateur de contradictions voire de conflits qui atténuent la portée de leurs actions et obstruent le chemin de l’efficacité et de l’efficience.
Aussi, a-t-il, dans sa forte conviction de rester en phase avec ses compatriotes, pris judicieusement la décision de réorganiser le Conseil Economique et Social, de supprimer à la fois le Sénat et la Vice-présidence malgré les opportunités politiques que ces institutions pouvaient lui procurer. Ce faisant, des économies substantielles pourraient être réalisées en vue de secourir les populations en détresse à la suite des inondations.

Cette cohérence et cette constance dans l’engagement suscitent ainsi la confiance et étouffent en même temps les critiques vagues et fluctuantes des contempteurs du Yoonu Yokkuté. S’essoufflent alors les contestataires de l’adage présidentiel, « la primauté de la patrie sur le parti ».

De fait, un discours politique de qualité et une action gouvernementale soigneusement mise en œuvre constitueraient une garantie indispensable à une meilleure utilisation des deniers de l’Etat. Outre la raréfaction de plus en plus croissante de nos ressources budgétaires, les nombreuses contraintes à la fois endogènes et exogènes exigent de nos autorités une attitude aussi responsable que clairvoyante.
A ce propos, les dispositions instruites par le Chef de l’Etat lors d’un récent Conseil des ministres sont rassurantes en ce sens qu’elles annoncent la rationalisation des choix budgétaires. Elles requièrent d’effectuer les choix en réfléchissant sur une échelle des priorités, à partir d’une démarche participative et inclusive.

Désormais, la planification stratégique, la gestion axée sur les résultats, tout comme le partage de l’information dans les limites de l’évaluation constructive sont des paliers incontournables érigés en règles de gestion. Bien évidemment, pour éviter des dérapages préjudiciables au redressement économique et social, les services compétents de l’Etat seront davantage responsabilisés et outillés pour un contrôle budgétaire efficace. N’est-ce pas là une manifestation d’une ferme volonté d’un homme résolument décidé à aller en croisade contre vents et marrées, à l’assaut de la gabegie, du  « maa tey » institutionnalisé, de la corruption et des défaillances répétées dont les auteurs ne sont inquiets outre mesure ?

En définitive, la démarche présidentielle ne suppose pas seulement une meilleure coordination ; elle permet surtout d’éviter que l’alternance politique au sommet de l’Etat ne se transforme en une alternative prédatrice.

Dr Amadou Tidiane LY/UCAD
lamadoutidiane@yahoo.fr






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