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Entretien avec... Nicolas Dieuze : « Ben Yedder, c’est l’attaquant qui manquait à Toulouse »

Toulouse a de tout temps misé sur sa formation, et parmi les Pitchounes a avoir brillé dans la Ville rose figure Nicolas Dieuze. Milieu de terrain de devoir, le natif d'Albi évolue désormais à Luzenac. Pour Foot Mercato, le joueur revient sur son parcours, son avenir, et évoque la saison du Téfécé.


Rédigé par leral.net le Dimanche 2 Décembre 2012 à 19:37 | | 0 commentaire(s)|

Entretien avec... Nicolas Dieuze : « Ben Yedder, c’est l’attaquant qui manquait à Toulouse »
Foot Mercato : Pour ceux qui ne le savent pas forcément, que devenez-vous aujourd’hui ?

Nicolas Dieuze : Aujourd’hui, je suis joueur du Luzenac Ariège Pyrénées, club de National. J’ai eu une pause d’un an où je n’ai pas joué, parce que j’avais prévu d’aller jouer aux États-Unis suite à ma fin de contrat à Grenoble, chose que je n’ai pas réussi à faire. J’ai donc rechaussé les crampons, et je relève le challenge du National avec Luzenac.

FM : Comment vous sentez-vous justement dans ce nouveau challenge ?

ND : Je me sens bien. On sait que ça ne va pas être simple, surtout que cette année il y a six relégations en National. C’est un championnat homogène, très physique, il n’est pas évident d’y figurer. Mais je prends du plaisir, dans un groupe sain, avec beaucoup de bosseurs, une bonne mentalité. Je suis content de pouvoir relever ce défi. C’est un challenge qui me portait, celui de créer un deuxième club dans les Midi-Pyrénées derrière le Toulouse Football Club. Luzenac est le mieux placé, puisqu’il est en National, avec un actionnaire qui a beaucoup d’ambitions. Tout est réuni pour que le challenge me plaise.

FM : Avez-vous malgré tout pu hésiter avant d’accepter ce challenge ?

ND : J’ai rapidement été séduit. Je m’entraîne avec eux depuis un an. C’est un bon compromis pour moi, par rapport à ma fin de carrière, aux projets que je mène en parallèle avec les affaires que j’ai sur Toulouse. Tout ça combiné faisait que c’était le meilleur choix pour moi.

FM : Disposiez-vous d’autres contacts ?

ND : Non, disons que je n’ai pas trop laissé le temps à d’autres contacts de s’installer. J’étais entré en contact avec Robert Nouzaret, qui m’avait lancé en Ligue 1 et qui s’occupe d’Arles-Avignon. Mais j’ai rapidement donné mon accord à Luzenac, donc tous les contacts se sont éteints ensuite.

FM : Vous avez envisagé à un moment donné d’aller aux États-Unis, sans succès. Que s’est-il passé ?

ND : J’étais en contact avec un jeune agent français qui place pas mal de joueurs là-bas. J’ai réussi à faire deux essais. À Boston déjà, Moncef Zerka était là-bas. Et à Los Angeles, à Chivas, où est toujours mon grand pote Laurent Courtois. Les deux essais se sont très bien passés. À la fin de l’essai à Chivas, le coach me dit même qu’il veut absolument que je vienne. Mais j’ai bien compris que c’était plus difficile que ça au niveau du contrat, parce qu’ils sont soumis aux règles de la MLS. Il fallait quand même un minimum contractuel pour franchir le pas, et ils n’ont pas pu me faire une proposition comme je le voulais.

FM : Cela vous laisse-t-il une pointe de regrets ?

ND : Non, je n’ai pas de regrets, dans le sens où de mon côté j’ai fait ce que j’avais à faire pour y aller. J’ai tout fait, sportivement ça s’est très bien passé, je me voyais bien jouer à Chivas avec mon pote Courtois, à Los Angeles en plus, ça aurait été le top. Je n’ai pas de regrets, je suis passé à autre chose.

FM : Quelles sont donc désormais vos ambitions pour cette saison avec Luzenac ?

ND : Personnellement, c’est surtout de prendre du plaisir, comme je le fais depuis le début de la saison. Les résultats sont importants, on est un peu dans le dur là. Moi, j’ai envie de prendre du plaisir, de jouer le maximum de matches, et d’essayer de profiter au maximum de mes derniers matches, que ce soit la saison prochaine ou celle d’après. Je ne sais pas encore, je prends match après match.

FM : Les saisons qui viennent seront vos dernières. Envisagez-vous déjà votre après-carrière ?

ND : Oui, ça fait longtemps que je me projette, par rapport à mes investissements. Rester dans le foot, ça me brancherait quand même, parce que je m’y plais et je baigne dedans depuis longtemps. Mais je suis curieux de nature, donc je m’intéresse à d’autres secteurs, et mes investissements dans l’économie font que ça m’intéresse de relever d’autres challenges que le challenge sportif. Après, rester dans le foot reste ma priorité.

FM : Et qui dit Nicolas Dieuze dit forcément Toulouse. Que pensez-vous du parcours réalisé cette saison par les Pitchounes ?

ND : Je porte un regard positif sur leur début de saison. On connait le potentiel de cette équipe, avec du bon comme contre Lyon, et du moins bon notamment à Bordeaux. Il faut qu’ils trouvent une régularité dans leurs performances. Ils en sont capables, c’est une équipe avec une dimension athlétique très importante. Je pense qu’ils ont les capacités pour, sur une bonne saison, terminer dans les cinq. Mais sa vraie valeur, c’est d’être entre la cinquième et la dixième place.

FM : Et puis c’est un club qui forme énormément et qui brille malgré tout. Chose de plus en plus rare...

ND : C’est une politique qui a été engagée depuis de nombreuses années, à l’époque Erick Mombaerts était là. C’est une politique qui paie, il y a énormément de joueurs formés au club qui ont beaucoup de qualité, avec une forte valeur marchande, ce qui est important car on sait très bien que tôt ou tard ils partiront. C’est toujours bien de valider par des résultats sportifs une politique de formation.

FM : En tant qu’ancien milieu de terrain de Toulouse, quel regard portez-vous sur Etienne Capoue et Moussa Sissoko ?

ND : Ce sont deux joueurs avec un potentiel impressionnant. Etienne a ce côté un peu lymphatique, dilettante, qui peut parfois lui porter préjudice. Ce qui lui fait défaut, c’est son manque de régularité, je trouve qu’il passe parfois à côté de ses matches. Et pour les observateurs de grands clubs, ça peut être un frein à un investissement. Mais il a tout pour aller dans un grand club. Pour Moussa, il a fait de très bonnes prestations avec l’équipe de France, notamment lors de son entrée contre l’Espagne. Il est capable de faire de gros matches. Mais ça fait maintenant trois-quatre ans que je ne le vois pas forcément progresser. C’est peut-être le joueur le plus puissant du championnat, mais il a encore des choix techniques pas toujours judicieux. Il faut qu’il arrive à gommer ses imperfections pour devenir un très grand.

FM : Malgré tout, ont-ils les épaules pour devenir de très grands joueurs à l’échelle européenne ?

ND : Le potentiel, c’est certain qu’ils l’ont. Mais après, il y a d’autres choses qui font que vous êtes un grand joueur à l’échelle européenne, comme la capacité à répéter les bonnes performances. Peut-être que le mode de fonctionnement ne les amène pas à se transcender, mais tous les deux ont un très gros potentiel.

FM : Enfin, un mot sur Wissam Ben Yedder, qui réalise une saison phénoménale...

ND : Je ne l’ai pas connu quand j’étais à Toulouse, mais je l’ai vu en amical avec Luzenac. J’avais déjà eu des échos des joueurs qui me disaient que c’était un grand. Et en amical, il était entré 20 minutes, et avait déjà montré toute sa palette. Il a beaucoup de réussite, c’est une belle surprise, une belle pioche de la part d’Alain Casanova. C’est l’attaquant qui leur manquait. Il est sur un nuage, mais il ne faut pas s’emballer car ça va très vite aussi. Des joueurs d’une saison, on en a connu. À lui de faire en sorte que cette saison ne soit pas qu’un feu de paille, mais le départ d’une belle carrière. C’est un joueur atypique, par rapport à sa formation et à son profil. Physiquement, il souffre de la comparaison face à certains défenseurs, comme dans le match contre Bordeaux. Maintenant, dans un match où Toulouse a la possession, il fait la différence par son jeu.

Khaled Karouri






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