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Envoi de jambaar au Yémen : Coûts et coups d’un «hadj»

Une mobilisation de 2 100 soldats pour l’Arabie Saoudite ne sera pas sans conséquence dans la stratégie de présence des soldats sénégalais sur des théâtres d’opération comme la Casamance et le Mali. Toutefois, ce déploiement est une aubaine pour les jeunes soldats qui veulent faire carrière dans l’Armée.


Rédigé par leral.net le Mercredi 6 Mai 2015 à 16:35 | | 6 commentaire(s)|

Envoi de jambaar au Yémen : Coûts et coups d’un «hadj»
Le troisième contingent sénégalais fort de plus 500 soldats sénégalais a récemment reçu son drapeau des mains du chef d’Etat-major de l’armée de terre, le Général Cheikh Guèye, pour relever leurs frères engagés au Mali sous la bannière des Nations-Unies. Mais, le déploiement de ce bataillon (trois compagnies d’intervention et des unités de commandement) a été reporté à une date ultérieure par l’autorité militaire à cause du contexte de grande mobilisation de troupes devant composer le détachement de 2 100 soldats attendus en Arabie Saoudite.

Les hommes du Lieutenant-colonel, Boubacar Touré, se tournent les pouces en attendant un ordre venant de l’Etat-major. En regroupement depuis plus de deux mois, ces soldats ne seraient plus appelés à assurer la relève au Mali, mais à former le noyau du groupe de soldats qui seront déployés en Arabie Saoudite. Du coup, on assiste à un bouleversement des relèves après un an de mission. Les bataillons des commandos et des parachutistes et les blindés vont également revoir leurs stratégies de présence en Casamance où il faut le plus souvent deux compagnies (l’une sur le terrain, l’autre en base arrière) pour maintenir la paix dans cette région sud. Malgré leur réputation, ces corps ne jouissent pas de gros effectifs. L’Etat-major va donc faire appel aux commandos marins et aux fusilleurs de l’air.

Autant de corps d’élite qui doivent par ailleurs s’assurer d’une relève en Casa­mance. D’ailleurs, il ne serait pas étonnant de voir le commandant du contingent sortir des cercles d’officiers commandos d’autant que ce corps a la particularité d’être toujours dirigé par son premier chef en cas d’opération importante. Ce qui explique que le chef de corps adjoint des commandos, le Colonel Ngui­rane Ndiaye, ait été choisi en 2013, pour commander le premier contingent déployé au Mali, alors qu’il était en mission en Casa­mance.

Aubaine pour les jeunes soldats

Si l’opinion s’interroge sur l’opportunité d’un tel déploiement programmé pour l’Armée, les réservistes doivent servir à quelque chose. Cette participation à l’opération «Restaurer l’espoir» serait une aubaine pour les 3 300 jeunes soldats qui doivent libérer en 2015. L’autorité militaire peut décider de les maintenir dans les rangs pour pallier un probable déficit en troupes comme ce fut le cas en 1998. En effet, l’opération Gabou (Gui­née-Bissau), pour laquelle le Président Abdou Diouf a mobilisé 2 500 soldats, avait amené à prolonger la durée du service légal des recrues de 1996. Ceux de 1997 et des deux premiers contingents fraîchement sortis du 12e bataillon de Bango ont été engagés à Bissau et en Casamance. Par craintes de les laisser traîner dans les rues, le Président Abdoulaye Wade avait validé un plan de recrutement de ces quelques 3 000 jeunes soldats.

Aujourd’hui, ils sont parmi les plus aguerris de l’Armée, surtout en Casamance.

Paiement de primes

L’Armée neutralise les risques de protestation

Les primes d’intervention, qui sont payés aux militaires engagés dans les opérations extérieures, ont souvent provoqué des mouvements de protestation. La haute hiérarchie prend maintenant la précaution de faire signer des contrats d’engagement aux soldats sélectionnés selon des barèmes qui collent au grade. C’est pour éviter d’éventuelles contestations de revenants de missions onusiennes. Reste à savoir si les tarifs actuels seront conservés ou modifier pour cette mission saoudienne.

Le Quotidien






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