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Envoi de soldats sénégalais en Arabie Saoudite : le PSE à la source de la participation ?

Les choses sont allées plus vite que l’on ne le croyait. La visite du CEMGA en Arabie Saoudite pour discuter des modalités de participation du Sénégal à l’effort de guerre au Yémen, par l’envoi de Diambars, augurait d’un départ imminent. Après l’opération « Tempête du désert » pour libérer le Koweït du joug iraquien au début des années 90, le Sénégal compte inscrire son nom dans la liste des coalisés, mais cette fois, contre les rebelles houthis, et sous la direction de l’Arabie Saoudite.


Rédigé par leral.net le Mardi 5 Mai 2015 à 12:54 | | 41 commentaire(s)|

Envoi de soldats sénégalais en Arabie Saoudite : le PSE à la source de la participation ?
Conflit au Yémen : d’abord une guerre confessionnelle, puis une quête d'hégémonie entre l’Iran et l’Arabie Saoudite en jeu

Le conflit au Yémen est d’abord confessionnel. Il trouve son soubassement et se nourrit des divergences entre Chiites et Sunnites. La population yéménite est composée de musulmans sunnites (55%) et de musulmans chiites (45%). Une cohabitation qui n’a jamais été des plus paisibles du fait des fortes dissensions notées dans les relations entre les communautés. Le point de rupture a été atteint avec le contrôle par les rebelles chiites de plusieurs grandes villes du pays, notamment la capitale Sanaa, causant, du coup, la fuite du président de la République Hadi.

Il serait illusoire de croire que l’intervention des Saoudiens est seulement motivée par un souci humanitaire. La figure de proue de cette coalition ne voit pas d’un bon œil l’élargissement des tentacules des Iraniens dans la région. Les houthis sont armés et soutenus par l’Iran. Les pays du Golfe, en majorité sunnite, ne souhaitent pas que la puissance chiite puisse se retrouver à l’orée de leur zone géographique. Ces monarchies sunnites telles que le Koweït, Bahreïn, le Qatar, entre autres, voient chez les chiites une menace pour leur stabilité institutionnelle. En 2011, l’opposition chiite s’était soulevée contre les pouvoirs sunnites au Bahreïn.

Composition et intérêt des membres de la coalition

En sus des monarchies du Golfe, en l’occurrence l’Arabie Saoudite, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, la Coalition intervenant au Yémen est composée de l’Egypte, de la Jordanie, du Soudan, du Pakistan, du Maroc et de la Jordanie. Ces pays ont, peu ou prou, un grand intérêt de stopper l’avancée des houthis au Yémen. Si les voisins immédiats du Yémen, l’Arabie Saoudite en premier, veulent faire face à l’influence croissante de l’Iran dans cette zone, les autres pays membres de cette coalition luttent contre le terrorisme. Le Yémen étant une zone de prédilection de groupes djihadistes comme Al Qaeda et Daesh.

Le financement du PSE au cœur de la participation sénégalaise

Au détour d’un voyage en Arabie saoudite, le président de la République Macky Sall avait émis le souhait d’intégrer des militaires sénégalais dans la Coalition intervenant au Yémen. Quel intérêt le Sénégal a-t-il à s’engager dans ce conflit ? L’avancée chiite et l’influence iranienne craintes par les pays du Golfe seraient-elles une menace pour le Sénégal ? Si on met en exergue les intérêts des autres membres de la Coalition, le Sénégal serait loin des motivations pouvant pousser un Etat à s’engager dans ce conflit.

L’intérêt ne serait-il pas financier ? La générosité des pays du Golfe est un secret de polichinelle. Dotées d’une manne financière, ces monarchies savent être généreuses pour leurs alliés. Par conséquent, il ne serait pas superflu de croire que l’intervention sénégalaise pourrait participer à financer le Plan Sénégal Emergent (PSE). Un financement énorme est nécessaire pour concrétiser les différents projets qui composent le PSE. Contrairement aux institutions de Bretton Woods ou aux partenaires bilatéraux occidentaux, les pays du Golfe ne conditionnent pas leur aide. Elle n’est pas sujette à un quelconque suivi ou une évaluation. En témoignant à ces pays son soutien agissant, le président de la République pourrait en retour compter sur les largesses de l’Arabie saoudite et de ses autres alliés.

Reste à savoir quelles seront les conséquences de la participation sénégalaise dans ce conflit ?






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