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Essonne : enquête ouverte après le suicide d'une jeune femme diffusé sur Périscope

Rédigé par ( Les News ) le 11 Mai 2016 à 17:34 | Lu 1378 fois

Une enquête a été ouverte ce mercredi par le parquet d'Evry après la mort d'une jeune fille de 19 ans, qui s'est jetée mardi vers 16h30 sous le RER C à Egly (Essonne).


Essonne : enquête ouverte après le suicide d'une jeune femme diffusé sur Périscope


La jeune femme, originaire d'Egly, a diffusé son suicide en direct sur Periscope. France Info révèle ce mercredi matin qu'une enquête a été ouverte par le parquet d'Evry pour déterminer les circonstances du suicide. Ces investigations sont menées par la brigade de recherches de Palaiseau, précise un communiqué du tribunal de grande instance d'Evry.

Dans plusieurs vidéos, dont certaines ne sont plus accessibles car supprimées par Periscope, la jeune femme, aux longs cheveux bruns et aux yeux sombres, qui se présente sous un pseudonyme, donne rendez-vous à ses «followers» à 16 heures pour des révélations dont elle ne veut pas «qu'elles fassent le buzz», dit-elle. Elle annonce : «Ce qui va être dit, ça va aller. Ce qui va se passer risque d'être très choquant».

«Elle a sauté en live !»



La victime prévient également : «S'il y a des gens mineurs qui regardent tout à l'heure, ne restez pas». «Je suis arrivée au stade où j’ai plus rien qui me donne envie, plus rien qui me fait plaisir, plus rien qui me donne la force de me lever le matin», explique-t-elle. Avant cependant de rassurer les personnes qui la regardent en direct : «J’ai pas dit que j’allais me suicider, arrêtez-vous !»

Dans un communiqué, le parquet d'Evry explique que la jeune fille «aurait adressé un sms à l'un de ses proches, quelques minutes avant son décès, pour lui faire part de ses intentions».

Une dernière vidéo, en partie noire, semble filmer les dernières minutes de la jeune femme. Les commentaires de ceux qui assistent à la scène sont éloquents : «Elle a sauté en live ! ». Certains réclament que l'on contacte la gendarmerie. En effet, «nous avons été alertés vers 16h30 par un utilisateur de Periscope qui était connecté avec la victime et nous disait qu'elle n'allait pas bien», confirment les gendarmes à l'AFP.

Quelques minutes plus tard, les images montrent un pompier se pencher et ramasser le téléphone. Derrière lui, une rame de RER.

Elle «aurait évoqué un viol»

«Dès que les premiers résultats de l'exploitation du téléphone portable de la victime et des données diffusées par l'application Periscope seront connus, les enquêteurs s'attacheront à préciser les mobiles de son geste et, le cas échéant, à élargir les investigations déjà engagées», précise le communiqué du procureur de la République d'Evry.

Selon une source judiciaire, citée par l'AFP, la jeune femme «aurait évoqué un viol et désigné son agresseur» au cours de l'une des vidéos. Cette même source reste très prudente sur la réalité des faits.
L'étrange silence de Periscope

«Nous ne faisons pas de commentaires sur des comptes individuels pour des raisons de vie privée et de sécurité», explique Ian Plunkett, porte-parole de Twitter, le propriétaire de Periscope. Comme souvent avec les entreprises américaines de réseaux sociaux, le service de communication au niveau européen renvoie aux conditions d’utilisation du service qui stipulent que «Periscope vise à être ouvert et sûr. Pour garder la plateforme saine, les contenus violents ne sont pas autorisés. Nous refusons les contenus qui incitent à la violence ou qui incluent une menace directe à d’autres personnes.» Twitter rappelle aussi que le service comporte une page dédiée pour signaler les potentiels suicides. Un formulaire qui a été utilisé pour signaler la jeune femme d'Egly dont la vidéo a été rapidement supprimée.