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Est-ce que ce monde est sérieux? (Adama Sadio Ado)


Rédigé par leral.net le Mercredi 3 Septembre 2014 à 16:26 | | 3 commentaire(s)|

Est-ce que ce monde est sérieux? (Adama Sadio Ado)
La justice sénégalaise est-elle devenue subitement crédible? Cette question mérite bien d'être posée au regard de l'appel de certains acteurs de la société civile pour le respect de l'institution judiciaire. Dans un passé encore très récent, celle-ci (particulièrement le Conseil constitutionnel) a fait l'objet de vives critiques de la part de ces acteurs de la société civile. Le Mouvement du 23 juin avait donné le ton en déclarant n'avoir aucune confiance en la juridiction, par conséquent, sa délibération n'aura aucun impact sur la poursuite de son combat pour le retrait de la candidature du président sortant. Les tensions électorales de la présidentielle de février-mars 2012 en sont de parfaites illustrations. Cette défiance à l'égard du pouvoir judiciaire a lourdement failli remettre en cause l'"exceptionnalité sénégalaise". Le système politique sénégalais fait du Président de la République un démiurge qui vampirise toutes les autres institutions. « Les institutions sénégalaises étaient dangereuses avec nous et sont encore plus dangereuses aujourd’hui avec le régime de l’alternance. On a observé depuis feu le président Léopold Sédar Senghor une hypertrophie du pouvoir présidentiel, tout est entre les mains du Président de la République. C’est lui qui initie, décide et exécute. Tout part de lui, tout revient à lui. Donc la première chose qu’il faut remarquer, c’est cette espèce de culture de l’Exécutif ou culture du bonapartisme ou du césarisme. Tout est entre les mains du Président de la République qui a des pouvoirs quasi-illimités », remarquait Ousmane Tanor Dieng sous régime libéral. Cette conviction du Socialiste traduit parfaitement la réalité du régime politique sénégalais. Les mécanismes de domestication du pouvoir judiciaire par l'Exécutif sont toujours de mise. Ce qui explique les réformes proposées par la Commission nationale de réforme des institutions pour le rééquilibrage de nos institutions . Alors, pourquoi l'inversion des positions à l'égard de la justice avant et après le 25 mars 2012? L'impression qui se dégage est que la confiance ou la méfiance des acteurs publics en la justice dépend des positions et des intérêts du moment. A suivre certaines réflexions d'acteurs de la société civile et de la classe politique, la CREI est juste et doit être soutenue pourvue que la personne qui est visée s'appelle Karim Wade. D'ailleurs, le Président de la République l'a bien dit: la CREI est pour les barons du PDS. Depuis quand la loi est devenue personnelle? Vu que la CREI est constitutionnelle, tous les Sénégalais épris de JUSTICE et de BONNE GOUVERNANCE doivent s'opposer à sa suppression après la CONDAMNATION de Karim Wade.Amath Dansokho reconnaîtrait bien que la CREI est une loi bizarre et dangereuse et il proposerait sa suppression après ces poursuites. Pauvre Karim.




Adama SADIO ADO
adosadio@yahoo.fr






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